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dimanche 16 juin 2013

Cases hongroises


L'expo sur la BD croate a-t-elle donnée des idées à certains ? Cet été, c'est au tour de l'institut hongrois (92, rue Bonaparte, Paris VI) de nous faire découvrir l'histoire des képregény ("romans en images"), parents pauvres de la bande dessinée européenne.


Il faut dire que la BD ne fit ses véritables débuts en Hongrie qu'en 1946 avec la revue Pajtás. Jugée décadente, elle se verra interdite dès 1950 pour réapparaitre en 1957... afin de servir la propagande du PC, le modèle affiché étant notre Vaillant national !

La Planète des singes

Complètement verrouillée par la censure, le bande dessinée hongroise fut particulièrement marquée par les adaptations littéraires qui composent quatre-vingt dix pour cent de la production locale !
Comme en Tchéquie, l'arrivée des BD occidentales après la chute du mur de Berlin en 1989, avec la disparition des glorieux anciens, mettra tout ce fragile petit monde par terre. Avec le début du XXIe siècle, une jeune génération semble cependant repousser, tout doucement.

Que ce soit avec les classiques ou avec les modernes, cette exposition est l'occasion de vérifier que les Hongroises sont décidément toujours les femmes les plus belles de l'univers.

- Les anciens :

Ernő Zórád (1911-2004) :


Michel Strogoff

Imre Sebők (1906-1980) :


L'île, d'après Robert Merle


 Pál Korcsmáros (1916-1975) :


 Pál Korcsmáros (1916-1975) Jeanne d'Arc


 - Les jeunes :

Zsombo Huszka

Mátyás Lanczinger

Győző Dudás

Csaba Zabos




Etc, etc... (je vous laisse compléter les patronymes manquants)





http://www.actuabd.com/Hungarocomix-Decouverte-de-la
http://kepregeny.info/
http://www.kotoji-editions.com/2012/08/20/retour-de-hongrie-partie-2/

vendredi 31 juillet 2009

Maigret et le peintre de papier (Maigret e il pittoro di carta)


Ferenc Pintér (1931-2008) est un illustrateur italien d'origine hongroise, dont j'ai découvert les travaux cet été à Turin chez Little Nemo, une librairie-galerie-maison d'édition qui exposait de splendides originaux.

Pintér apprit le dessin à Budapest où il vécut jusqu'aux événements de 1956, avant de s'exiler définitivement dans son pays natal, l'Italie.
Là, les peintures murales publicitaires qu'il réalisa le firent vite repérer par les éditions Mondadori qui l'engagèrent pour illustrer les couvertures de leurs romans. Riche idée : il en réalisera ainsi plus de mille sur une période de trente ans, aussi bien pour les poèmes de Cesare Pavese et les romans de la Sarde Grazia Deledda que pour les récits de John Steinbeck, Ray Bradbury, John Le Carré ou encore Agatha Christie !


Mais ce sont surtout les couvertures de la série des Maigret réalisées de 1961 à 1991 qui feront connaitre Ferenc Pintér du grand public italien. S'inspirant à l'origine de Jean Gabin pour les premières jaquettes, il empruntera par la suite les traits de l'acteur italien Gino Cervi qui interprétait à l'époque le commissaire dans les téléfilms adaptés par la R.A.I.

Certaines couvertures furent dessinées deux fois car les romans étaient publiés parallèlement dans deux collections :
- pour la collection Omnibus Gialli, Maigret apparaissait systématiquement en plan rapproché avec seulement quelques minuscules indices en arrière-plan pour intriguer l'acheteur potentiel.


- la collection Oscar Mondadori, plus luxueuse, laissait plus de place et de liberté à l'artiste, lui permettant d'être moins répétitif, plus subjectif, et de créer de véritables mises en scène, quelquefois délicieusement décalées. Pintér inclura ainsi parfois dans ses dessins des photographies et changera même radicalement de style dans les années 70 en utilisant de simples stylos-feutres. Pour cette collection, le personnage de Simenon se fait plus discret, apparaissant comme un simple accessoire, se fondant dans le décor, quitte à en disparaître presque complètement, comme pour mieux piéger l'assassin (et par la même occasion le lecteur) sur la scène du crime !


Nombre d'illustrations évoquent les Fauves et les Nabis comme le souligne fort justement Santo Alligo dans le superbe recueil Tutti i Maigret di Pintér,(en italien, donc...) paru en 2008 chez Little Nemo (qui consacrera d'ailleurs un second ouvrage à l'artiste l'an prochain). Je n'ai pu également m'empêcher de penser à Magritte (la pipe ?) ou Savignac (cf infra). Pourtant, c'est Matisse que ce "peintre de papier" (pittoro di carta) - pour reprendre l'expression des éditions Little Nemo - semblait apprécier le plus...


On aurait pu craindre que le flot d'images de cette compilation engendre une certaine lassitude, hors il n'en est rien grâce à la beauté des images (superbement reproduites), à l'humour et à l'imagination foisonnante de Ferenc Pintér.

Ceci est-il une pipe ?

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Liens :
Un site (en italien) est dédié à
Ferenc Pintér.
Une petite galerie chez Little Nemo.
Presque tout (?) sur Georges Simenon, dont des couv' de
Maigret par Pintér, sur ce site.