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jeudi 9 mai 2013

Maus (und Ente)


S'il est un domaine où les Allemands sont en avance sur nous, c'est bien celui des bandes Disney. Comme en Italie, cela fait des années qu'on trouve outre-Rhin des anthologies dédiées aux auteurs disneyens, ce qui ne les empêchent pas d'éditer à côté des recueils thématiques, probablement plus "commerciaux".


En France, les beaux livres édités jadis par Hachette et Dargaud sont épuisés depuis belle lurette et ce n'est que tout récemment que Glénat a entrepris d'éditer des collections dédiées à Carl Barks, Floyd Gottfredson (avec des couleurs définitivement "incompatibles" pour moi, m'ayant fait préférer l'intégrale Fantagraphics, plus fidèle, en noir et blanc mais en anglais), puis Don Rosa. L'éditeur grenoblois semble pour l'instant privilégier les compilations à thèmes, exception faite de l'intégrale Dragon Lords de Giorgio Cavazzano et Byron Erickson, qui bénéficie pour l'occasion d'une couverture vraiment hideuse. Espérons qu'il ne tarde pas trop pour s'inspirer de l'éditeur allemand Ehapa/Egmont en dépoussiérant enfin les trésors de Daan Jippes, Massimo de Vita, Romano Scarpa... Et, pourquoi pas, peut-être un jour de Corrado Mastantuono, Claude Marin, Pierre Nicolas...

lundi 5 novembre 2012

Blekk le rauque


Blekk* est une brochure éditée par l'ambassade de Norvège afin de présenter la bande dessinée de ce pays. Elle a été éditée à l'occasion du dernier festival d'Angoulême mais je ne la découvre que tout récemment, dans les suites du second festival Fanzines qui a eu la mauvaise idée de se dérouler cette année en même temps que Quai des Bulles.

Une passionnante introduction de la journaliste et traductrice Erle Marie Sørheim retrace l'histoire locale du neuvième art, depuis la traduction en 1911 des Katzenjammer kids de Rudolph Dirks jusqu'aux récits de Jason et de la gothique Lyse Myrhe, en passant par le phénomène Donald Duck, qui, depuis son débarquement en 1948, occupe comme en Finlande le devant de la scène.

Suivent les extraits de récits, aux dessins assez âpres, de treize auteurs nationaux, ainsi que leur biographie. En dehors de Jason, les noms de Lene Ask, Tor Ærlig, Martin Ernstsen, Anna Fiske, Lars Fiske, Sindre Goksøyr, Bendik Kaltenborn, Steffen Kverneland, Andrew Page, Inga Sætre, Rui Tenreiro et Øyvind Torseter m'étaient totalement inconnus. 

Steffen Kverneland

Tor Ærlig

Le seul autre Norvégien que je connaissais auparavant est absent du recueil : il s'agit de Frode Øverli dont le style, plus "commercial" se rapproche de celui de Mike Peters. Un seul recueil de son strip, Pondus, -aperçu un temps dans le quotidien Métro- a été traduit en 2005..., par Odin !

Ce collectif ce termine par une liste de livres déjà parus en français (Jason est l'auteur de la moitié d'entre eux !) ainsi qu'une autre présentant les histoires restant à adapter : avis aux éditeurs !

On peut obtenir gratuitement Blekk sur simple demande, à cette adresse : info.paris@mfa.no

Plus d'informations ici :
http://www.norvege.no/News_and_events/literature/BLEKK-bande-dessinee-norvegienne/

 (*encre en norvégien)

samedi 17 avril 2010

Le silence, le soir au fond des fjords

(Alpha et Oméga à la Pinacothèque de Paris)


En 1908, victime d'un sévère syndrome anxio-dépressif compliqué de délires hallucinatoires et persécutifs -que l'abus d'aquavit ne devait pas arranger- Edvard Munch (1863-1944), est hospitalisé plusieurs mois dans une clinique de Copenhague.
C'est cette même année qu'il entreprend l'écriture de l'étrange Alfa og Omega (Alpha et Oméga).


Le début de cette fable commence comme une banale histoire d'amour. On pense évidemment à Adam et Ève au jardin d'Eden ; d'ailleurs, comme dans La Genèse, cette histoire va vite dégénérer.


En effet, la rencontre avec le serpent va nous faire découvrir une Omega non seulement nymphomane, mais également zoophile ! En se tapant tous les animaux de la création, la volage finira par attiser jusqu'à la haine, dans une ambiance crépusculaire, la jalousie du malheureux Alfa qui, souffrant en silence, supporte par ailleurs difficilement les railleries dont il fait l'objet de la part de sa grotesque progéniture dégénérée.
On s'en doute, cette histoire d'amour finira mal, très mal...


Les vingt-deux lithographies réalisées par le peintre norvégien pour illustrer cette sombre fable peuvent être admirées dans le cadre de l'exposition Edvard Munch ou L'Anti Cri proposée par la Pinacothèque de Paris jusqu'au 18 juillet 2010.

Buchet Chastel a pubié Alpha et Oméga en français dans Le Cahier Dessiné n°4, paru en 2004.


Alfa og Omega est enfin disponible en V.O. sur le site danois Artscandinavia (d'où les images du billet proviennent - il existe heureusement une traduction en anglais et en allemand ! -). La qualité de reproduction ne permet cependant pas d'apprécier à leur juste valeur les superbes dessins de Munch.