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samedi 8 décembre 2012

TOC TOC TOC. -"Qui est là ?"

 -"C'est Nao."
 -"Nao qui ?"  
 -"Nao Brown."
Nao Brown, c'est cette jeune illustratrice et designeuse pour art toys qui m'a fait découvrir le travail du mangaka Gil Ichiyama, comme elle franco-japonais, qui ne cache pas son admiration pour Otomo, Shirow, Tezuka, mais surtout Miyazaki et Moebius.


 Vénéré par les otaku, Gil (c'est ainsi qu'il signe) est surtout connu pour sa série de dessins animés mi-S.F, mi-Fantasy, Ichi (sic), adaptée par ses propres soins pour la télévision japonaise d'un conte illustré pour enfants qu'il avait lui-même réalisé il y a quelques années.

Dans cette histoire, une petite fille amoureuse de robots et un médecin-canard faisaient la rencontre, lors d'un voyage en train, du robot-géant Oddbot, le fameux "dieu au pied-bot" qui prendra le nom d'Abraxas au petit écran.


 ***


 Si vous non plus n'aviez jamais entendu parler de Gil Ichiyama, ruez-vous sur Le Nao de Brown pour découvrir cet auteur fictif tout droit sorti de l'imagination de l'Anglais Glyn Dillon (Tank Girl, Sandman..., et petit frère de Steve Dillon) qui, avec cette histoire de T.O.C. (troubles obsessionnels compulsifs dont était atteinte la propre femme de l'auteur dans sa jeunesse) paraissant simultanément des deux côtés de la Manche fait un retour gagnant à la BD, après une quinzaine d'années passées dans le story-board.


Avec une histoire dans l'histoire servie par deux types de graphisme -d'un côté l'univers froid, lisse, brutal, métallique, seinen, encré à la palette de Gil Ichiyama ; de l'autre, la chaleur, la douceur, la sensualité féminine, so british, de ses crayonnés aquarellés- Glyn Dillon traduit avec subtilité les luttes de Nao dans son monde intérieur, leurs influences sur sa vie réelle et la complexité des rapports humains qui en découle.
 Ajoutez une traduction réussie, un objet superbe (couverture cartonné-embossée, jaquette-poster, impression, tranche imprimée), et vous obtenez, chez Akileos, un des plus beaux livres de l'année.



Toutes les images sont © Glyn Dillon

***

Quelques interviews (en anglais) de Glyn Dillon :
http://www.tcj.com/the-now-of-glyn-an-interview-with-glyn-dillon/
http://paulgravett.com/index.php/articles/article/glyn_dillon
http://robot6.comicbookresources.com/2012/10/glyn-dillon-on-the-past-the-future-and-the-nao-of-brown/

dimanche 8 mai 2011

Varié(to)toche


Les festivités autour de l'exposition Brassens ou la liberté m'auront permis de découvrir -tardivement, certes- la belle Emily Loizeau.

La chanteuse franco-britannique était invitée le 17 mars dernier à la Cité de la Musique pour un concert-hommage unique. On se souvient en effet  qu'elle avait participé à la bande-son du Gainsbourg de Sfar.
Le choix des titres et leur réorchestration m'ont enchanté (notamment sur Ulysse, Gastilbeza, l'Homme à la carabine et Le Roi des cons, spécialement dédicacé à qui l'on sait) mais c'est surtout sa voix éraillée de pauvre pute précocement défoncée, sur La Complainte des filles de joie (que l'on retrouvera sur le double-album L'autre bout du monde), qui m'aura définitivement conquis et me permet d'oser faire le périlleux rapprochement entre Loizeau et Piaf.


Je passerai rapidement sur les petits contes du Camerounais André Ze Jam Afane, intercalés entre chaque morceau qui, en plus de casser le rythme, souffraient à mon avis de la comparaison avec les textes de Brassens. Bon, l'idée d'Emily était pourtant jolie. Disons que je suis désolé de ne pas avoir su l'apprécier à sa juste valeur...

Emily qui ?

(Merci à tante Giu pour cette découverte)
(l'image du Secret de la Licorne d'Hergé est empruntée au site Moulinsart-La vie de château)

dimanche 21 novembre 2010

Bonté gracieuse

(auteur inconnu, image extraite du site @lastairsim.net)

En 1960, sur une idée de George Martin, Sophia Loren et Peter Sellers chantent en duo pour les besoins du film The Millionairess. Finalement non retenue au montage, la chanson fera pourtant un carton chez les Grands Bretons.
Impossible, en écoutant Peters Sellers interpréter le rôle du Dr Ahmed El Kabir, de ne pas penser à l'irrésistible Hrundi V. Bakshi qu'il incarnera huit ans plus tard dans The Party .

mercredi 14 avril 2010

En passant par Le Lorrain

(Turner et ses peintres)
Le Coin des Classiques

Je suis toujours un tantinet gêné, quand je lis des critiques, qu'ils soient amateurs ou professionnels, auteurs ou simples lecteurs, qualifier certains auteurs, héritiers d'une certaine forme de bande dessinée dite "classique", de "sous-Franquin", de "suiveur de Mœbius", voire de "fils caché débile de Morris" (quand ils sont vraiment en forme)...
Peut-être pensent-ils eux aussi, en fidèles suiveurs de Picasso, qu'il faille absolument "désapprendre à dessiner" pour créer une œuvre valable ?



J'entends bien que la bande dessinée ne doit pas rester figée, ne peut bégayer à l'infini, mais j'ai cependant la désagréable impression qu'à l'époque du "moi-je", reconnaître des maîtres ou se revendiquer d'une école est souvent considéré comme une tare. Et puis, tout le monde n'est pas Picasso...


Enfin, que diable ! À ses débuts, Hergé a quand même un peu regardé du côté de Saint-Ogan ; Jijé, Brüno et Tillieux se sont eux-mêmes inspirés d'Hergé ; Franquin, Will et Giraud tentaient d'imiter Jijé pendant que Morris rêvait de travailler pour Disney ; plus tard, ce fut à Hermann de marcher sur les pas de Giraud, etc. Tous sont pourtant aujourd'hui reconnus comme de grands auteurs ayant apporté leur pierre au neuvième art, non ?

Le Déclin de l'Empire Carthaginois,
J.M.W. Turner, 1817

Port de Mer avec l'Embarquement de Sainte Ursule,
Claude Gellée
dit Le Lorrain, 1641

Peut-être plus modeste et en tout cas loin de partager ces idées, Joseph Mallord William Turner pensait, lui, que choisir, regarder et copier ses maîtres, ce qu'il fit tout au long de sa carrière, n'était pas honteux mais bien au contraire indispensable, non seulement pour apprendre, mais également pour progresser et permettre de se surpasser.
Turner ne se considérait pas comme un suiveur figé, mais plutôt comme un continuateur, héritier d'une certaine tradition. Cela ne l'a pas empêché d'intégrer petit à petit toute la modernité de son époque dans sa peinture : il est même considéré aujourd'hui par certains comme un précurseur, certes involontaire, de l'impressionnisme et de l'abstraction.
Pas mal, pour un simple "suiveur", non ?

Paysage avec Jacob, Laban et ses Filles,
Claude "Le Lorrain" Gellée
, 1654

Palestrina-Composition,
J.M.W. Turner
, 1882

Les amateurs de la rubrique "déjà-vu" se délecteront certainement comme moi des toiles du peintre anglais, que le Grand Palais expose jusqu'au 24 mai 2010 aux côtés des œuvres qui les ont inspirées, de Girtin à Bonington (rien à voir avec les avions) en passant par Le Lorrain, Canaletto, Poussin, Titien, Rembrandt, Rubens, Cuyp, Van Ruisdael, Watteau, j'en passe et des meilleurs.

dimanche 3 mai 2009

Blake is beautiful

To see a world in a grain of sand,
and a heaven in a wild flower,

hold infinity in the palm of your hand,

and eternity in an hour.
(William Blake - "Auguries of Innocence
"
)

Voir l'éternité dans un grain de sable,
le ciel dans une fleur sauvage,
tenir l'infini dans la paume de sa main,
l'éternité dans une heure.


Dans la famille Blake, je connaissais déjà Francis (Mortimer's boyfriend), ainsi que Le Roc, ("il grande", du studio EsseGesse). Il me manquait William (1757-1827), le graveur, peintre et poète romantique londonien, tout ça à la fois.
C'est chose faite depuis que Mme Totoche (qui a toujours bon goût) m'a emmené voir l'exposition consacrée au "Génie visionnaire du romantisme anglais" qui se tiendra au Petit Palais jusqu'au 28 juin.


Si j'avais lu "From Hell" d'Alan Moore et Eddie Campbell, j'aurais su que William Blake, qui y croise le spectre de Jack l'éventreur, y faisait une brève apparition.
Toujours est-il que je me suis esbaudi devant ses images (autant les petits "crobards" que les compositions plus travaillées) hallucinantes, surnaturelles, annonciatrices de l'art fantastique.

The Tyger

Ses livres illustrés sont des merveilles : Blake inventa la technique de l'eau forte en relief, ce qui lui permit de les auto-éditer, gravant non seulement ses dessins qu'il retravaillait ensuite à l'aquarelle et à la plume, mais également ses propres textes. Chaque version est donc unique, comme on peut s'amuser à le vérifier sur le passionnant site consacré à son œuvre (sélectionner une image puis cliquer le bouton "compare"+++).

Europe supported by Africa and America

A Negro Hung Alive by the Ribs to a Gallows

Influencé à ses débuts par l'art gothiques de l'abbaye de Westminster où il fit son éducation artistique, ce contemporain de Füssli retranscrit petit à petit sa propre vision excentrique, iconoclaste, parfois pessimiste, des récits bibliques. Pas étonnant qu'il fut incompris à son époque et qu'il soit adoré - au grand dam des journalistes de "Connaissance des Arts" - par tous les amateurs de Donjons & Dragons et d'héroïc-fantasy.

The great red Dragon and the Woman clothed in Sun

Je le trouve aussi "fou" que Jérome Bosch, mais certains dessins ont également quelque chose de Goya ou de Redon.
By Jove !

extraits de "From Hell"
d'Alan Moore et Eddie Campbell,
éditions Delcourt (2000)


The Ghost of a Flea, réalisé d'après une de ses visions.

(crobard de crobard)

samedi 24 mai 2008

La Nouvelle Sitar





Mêlant les sonorités électrisées du sitar, du tampura, de la flûte bansouri et des percussions indiennes (tabla, tambour et kanira) à ceux du violoncelle, du piano flamenco et des percussions vocales (hélas, pas de didjeridoo ce soir à la Cité de la Musique) , Anoushka Shankar (née en 1981 à Londres mais partageant sa vie entre San Diego et New Delhi) sort des râgas classiques dans lesquels elle baigne depuis sa plus tendre enfance sous la houlette de son père et mentor Ravi Shankar pour tracer sa propre voie en fusionnant musique orientale et occidentale.


Les puristes, qui n'y entendront là que de la "world-music pour bobos" pourront se consoler au mois de septembre en allant applaudir (en souhaitant que son état de santé le permette) le grand Ravi Shankar à la Salle Pleyel.

Interrogé à la sortie du concert quant à la prestation de sa fille,
Mr Shankar a confié à notre envoyé spécial : "Je suis ravi".


Anoushka Shankar et sa demi-sœur Norah Jones

Après ce passage le 22 mai à Paris XIX, le Anoushka Shankar Project donnera un second concert en France, le 7 juin 2008 au Palais des Festivités à Évian.

A écouter aussi sur son espace perso.

jeudi 8 mai 2008

Mercy beaucoup




Oui bon je sais : à l'heure ou vous lirez ce billet, Duffy (Aimee Anne pour les intimes) sera déjà devenue une pop star interplanétaire, je n''avais qu'à faire ce blog plus tôt, maintenant au lieu de pouvoir me la jouer Philippe Manoeuvre, je passe pour un ringard (comme Phil ... euh ! non, rien !). Comme quoi, perdre en finale à Pop Idol (l'équivalent gallois de la Nouvelle Star) peut mener loin !

Surfant actuellement sur l'engouement actuel du public pour Amy Winehouse, à laquelle sa voix fait irrésistiblement penser, les galettes de la petite galloise ont envahi les étals de nos disquaires. Mélange de soul et de rock des sixties , le son de sa formation résonne également comme un écho au standards du label Motown. Une chose est sûre, elle déteste être référencée comme la nouvelle Dusty Springfield.

Si ce n'est déjà fait, vous pouvez aller vous faire votre propre idée sur son site ou son espace perso.