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lundi 11 mars 2013

El Loco Chávez




Merci à Dieudonné d'avoir accepté de venir rendre un dernier hommage à Hugo Chávez, grand bienfaiteur du peuple vénézuélien et glisseur de quenelles devant l'éternel...


***
Bonus de dernière minute !


Sophia Aram - Hommage frais à Chavez par franceinter

(comme quoi il n'y a pas que moi qui raconte des conneries)

dimanche 23 décembre 2012

AAAAA

 (Le Casque et l'Enclume)
Cette année, c'était les films en "A" qu'il fallait voir ! Petite rétrospective :

 On commence avec Miss Bala (États-Unis/Mexique) de Gerardo Naranjo, avec la sublime Stephanie Sigman :


Alors qu'elles se rendent au casting de Miss Tijuana, Laura et sa copine tombent en plein règlement de compte entre narcotrafiquants. On compare parfois les miss à des morceaux de viande, mais pas froide... Fallait pas être au mauvais endroit au mauvais moment. Très noir. 
Qui a dit qu'il n'y avait pas que le pognon dans la vie ?




 Les vieux chats (États-Unis/Chili), de Pedro Peirano et Sebastián Silva (La Nana) , avec la lumineuse Belgica Castro (91 ans !) :


Isidora commence à perdre la boule. Et ses troubles cognitifs ne vont pas s'arranger avec l'arrivée de sa fille, lesbienne et cocaïnomane, et de sa compagne qui veulent foutre la vieille à la porte de son propre appartement santiagais. Mais qui se joue vraiment de l'autre ? Sucré/salé ou doux/amer ?
On a trouvé les Almodovar chiliens !




 Barbara (Allemagne), de Christian Petzold, avec la splendide Nina Hoss :


En RDA, Barbara, une femme médecin berlinoise abhorrant le système est mutée dans un dispensaire de province afin d'y épauler un jeune médecin, là où on manque de tout. De toutes façons, elle s'en fout, sa décision est déjà prise : elle rejoindra coûte que coûte son amant à l'ouest, là où les gens sont libres...
Libres de quoi faire, au juste ?



 Viva Riva ! (RDC/France/Belgique), de Djo Tunga Wa Munga, avec la superbe Manie Malone :


Noir, très, très noir. Le pognon rend fout, le pétrole pourrit tout : l'Afrique n'est pas prête de se sortir de la merde. La scène finale est éloquente : non, il n'y a vraiment plus d'espoir à Kinshasa. C'est si désespérant que ça en devient beau.
La vie ne vaut rien, rien...




 Les Acacias (Argentine/Espagne) , de Pablo Giorgelli, avec la très, très belle Hebe Duarte :


Un camionneur qui convoie sa cargaison de bois de la forêt paraguayenne à Buenos Aires arrondit ses fins de mois en emmenant parfois des passagers. Cette fois-ci, il s'agit d'une une jeune femme guarani. Petit problème : il y a aussi un bébé, et ça, c'était pas prévu ! C'est que la route est longue, et la cabine toute petite... Un road-movie, mais en huis-clos.
Enfin un peu de douceur dans ce monde de brutes !

dimanche 5 décembre 2010

Plus dure sera la chute.

Quand deux grands esprits du neuvième art se rencontrent, ça cause forcément quelques dégâts collatéraux.
Guillermo Mordillo in Pif Gadget 
(merci Pat Rick)

Chris Ware 
Delcourt, 2002

vendredi 24 septembre 2010

Gros nez et bandonéon



 À chaque fois que j'écoute un tango de Daniel Melingo, je ne peux m'empêcher d'entendre José Muñoz nous parlant de Carlos Gardel, de Buenos Aires..., de revoir la pampa.
 Aaaah ! Cette gouaille, cette voix usée, éraillée, enfumée, cet accent irrésistible...


 Tiens, même si sans le livret accompagnant les CD je ne bite que dalle au lunfardo des barrios, ça me donnerait presque envie d'être une heure, rien qu'une heure durant, beau, beau, beau et con à la fois ! (à ce propos, saviez-vous que c'était Conrad qui avait illustré "La Chanson de Jacky" dans le double album-hommage à Brel paru en 1988 ?)

 Et puis comme son titre le plus connu s'intitule "Narigón", c'est à dire -si je ne m'abuse-  "Gros nez", c'était un bon prétexte de le passer sur le tourne-disque du Plan B(d).

dimanche 28 février 2010

Dernier Tango à Paris

(Carlos, Gare de l'Est)

Dernière semaine pour aller coller son nez sur les superbes planches et fantastiques portraits de José Muñoz qui resteront exposés à la Galerie Martel (Paris Xe) jusqu'au 6 mars 2010.

l'hommage de René Pétillon

Comme à chacune des précédentes expositions, un documentaire vidéo présente l'artiste et son travail aux visiteurs qui se donneront la peine de s'asseoir quelques minutes devant l'écran.

José Muñoz,
dessin original pour

Carlos Gardel, la Voix de l'Argentine - première partie
,
(scénario : Carlos Sampayo)
Futuropolis, 2007

On y verra ici le dessinateur argentin évoquer ses premières historietas réalisées à l'École Panaméricaine d'Art de Buenos Aires sous l'influence de ses maîtres Hugo Pratt et Alberto Breccia, la rencontre -qui allait ouvrir une des plus belles pages de l'Histoire mondiale de la bande dessinée- organisée par son compatriote Oscar Zárate avec Carlos Sampayo, ou bien encore répondre à une jeune dessinatrice en herbe lui demandant quelque conseil quant à la lisibilité de son travail. À ne pas rater.

José Muñoz
Julio Cortázar, “El Perseguidor”
2007

jeudi 20 août 2009

Les Bleus de la Balle

Footy, mascotte de l'équipe de France
lors de la Coupe du Monde de Football
qui se déroula en Argentine en 1978


Compte-tenu de l'enthousiasme soulevé par le précédent quizz "Péchés de Jeunesse" (un participant et demi), la rédaction du Plan B(d), n'ayant décidément peur de rien pour couler l'audimat, récidive avec un nouveau dessinateur-mystère à découvrir.
Cela ne devrait pas poser trop de problèmes aux nombreux amateurs de football (section vétérans, certes) abonnés au blogue.
Afin de donner quand même une chance aux allergiques au ballon rond, reconnaissons que, bien que l'auteur de cette publicité (toujours extraite d'un numéro de Pistil), ait démarré sa carrière "plein pot", sa bibliographie reste des plus sommaires...

Bon match !

lundi 17 août 2009

Si l'Argentine m'était contée.


En association avec La Nube, une ancienne librairie spécialisée de Buenos Aires, devenue depuis une association ayant pour but de préserver tout ce qui a trait à la culture de l'enfance, les éditions Continente ont entrepris d'éditer, dans la collection Cuentan que Cuentan, des recueils de contes indigènes.
Mis en images par quelques-uns des meilleurs illustrateurs locaux, ces petits livres brochés, imprimés en noir et blanc, permettent ainsi de faire découvrir de jolie manière leur patrimoine culturel aux jeunes Argentins.

Pour nous, c'est l'occasion de découvrir ou de redécouvrir ces dessinateurs du bout du monde. Voici donc :

- Rodolfo Fucile,


Les Guaraníes sont originaires d'Amazonie et vivent donc surtout au Brésil et au Paraguay.
En Argentine, on les retrouve dans le nord-est.

- Teyo,

On trouve quelques Quichuas dans le nord de l'Argentine,
mais la plupart vivent essentiellement en Équateur, en Bolivie et en Colombie


Sauf erreur de ma part, les Tehuelches ont aujourd'hui disparu.
Ils peuplaient la Patagonie
(actuellement partagée entre le Chili et l'Argentine).


- Manuel Purdía,



- ou bien encore Lucas Nine (le digne fils de son père, Carlos), qui a notamment illustré des fables et légendes mapuches.


Les Mapuches (ou Araucans) furent les premiers habitants
des régions Centre-Sud du Chili et Andino-Nord- Patagonienne de l'Argentine.
Après avoir résisté aux Incas, ils durent encore lutter pendant trois siècles contre les conquistador(e)s.
(y'a parfois des ethnies maudites, comme ça...)



Vous commencez à me connaître : c'est bien parce qu'il n'y a statistiquement quasiment aucune chance de dénicher ces livres sous nos latitudes que je me suis senti obligé de signaler leur existence !

******


Les Triolets, court-métrage de Lucas Nine, datant de 2002.



Retrouvez ici une interview (en espagnol) de Lucas Nine, avec, en prime, un petit cours de dessin.

Plus près de nous, et sur un sujet proche, on rappellera enfin la collaboration de Loustal avec l'Argentin Horacio Quiroga.

dimanche 28 juin 2009

Quinternautes


Ceux qui ont eu l'occasion d'avoir un jour entre les mains un exemplaire des "Andanzas de Patoruzú", le cacique tehuelche créé en 1931 (en fait, il apparait dès 1928 sous un autre nom) par Dante Quinterno, le "Disney argentin", n'ont certainement pas pu s'empêcher de faire, comme moi, le rapprochement avec un autre indien, celui imaginé à l'origine pour le public étasunien par René Goscinny et Albert Uderzo : Oumpah-Pah le Peau-Rouge (le puma est son totem).


Cette hypothèse ne me parait pas absurde, surtout quand on sait que Goscinny passa son enfance à Buenos Aires, et qu'il est plus que probable qu'il y ait lu les historietas de Dante Quinterno alors qu'il était en culottes courtes et commençait déjà à écrire et dessiner pour Quartier Latin, le journal du lycée français où il était scolarisé.

Comment Patoruzú est tombé dans la marmite ?

Certains, à l'autre bout du monde, voient même des influences directes de Patoruzú -qui est à l'Argentine ce que Condorito est au Chili- sur notre Astérix national (que divers partis politiques ont d'ailleurs plusieurs fois essayé de "récupérer", le dernier en date à souiller la mémoire du "juif laïc" -dixit Pascal Ory- qu'était Goscinny étant le désormais presque liquide Jean-Marie Le Pen).


Que penser alors de Patoruzito, le petit indien de la revue éponyme créée en 1945 par Quinterno pour contrer le magazine Rico Tipo de Guillermo Divito, contant l'enfance de Patoruzú ?


La ressemblance avec Hiawatha, imaginé par les studios Disney en 1938, dont je lisais les aventures dans Mickey poche quand j'étais môme, me parait plus que suspecte !
On sait que Quinterno voyagea aux États-Unis en 1934 afin d'entrer en contact avec Walt Disney, mais j'ignore s'il participa de près ou de loin à la réalisation de certains dessins animés ou s'il se contenta de visiter les studios.

Ton heure viendra, ignoble Mahmoud !

Ce qui est sûr, c'est qu'on ne pourra pas ôter à Mirco Repetto -le scénariste- et -Tulio Lovato-, le dessinateur de Patoruzito le mérite d'avoir été largement en avance sur les Bébés Disney, sur l'enfance d'Astérix et Obélix, et même sur La Jeunesse de Blueberry !



Bijou d'animation :

samedi 6 juin 2009

Vito Nervio contre Misterix


Quand je pense qu'à cause de cette couverture ringarde j'ai failli ne pas acheter ce petit recueil d'historietas protégé par un emballage plastique l'an dernier dans un kiosque de Santiago...
Et puis je me suis dis que comme je ne remettrai pas les pieds de sitôt au Chili, c'était peut-être l'occasion de voir à quoi ressemblait ce fameux Misterix dont j'avais vaguement entendu parler.
Pourtant, ce n'est pas le super-héros à la ceinture atomique de l'Italien Alberto Ongaro (scénariste de L'As de Pique et de L'Ombre pour Hugo Pratt) et de l'Argentin Eugenio Juan Zoppi qui allait me créer une des plus belles surprises de ces dernières années, mais - qui l'eut cru ?- le bellâtre aux faux airs de Michel Vaillant, à droite sur la couverture, et dont je n'avais jusqu'à présent jamais entendu parler : Vito Nervio.

La première apparition de Vito Nervio,
par Emilio Cortinas et Mirco Repetto,
paru le 10 octobre 1945


Ce détective argentin (qui devrait son prénom au navigateur argentin Vito Dumas) naquit en 1945 de l'imagination du scénariste d'origine italienne Domingo "Mirco" Repetto et de la plume du dessinateur uruguayen Emilo Cortinas dans le premier numéro de la revue argentine Patoruzito.
Visiblement inspiré des classiques américains, Alex Raymond en tête, bien que le héros évoque également par ses attitudes le Dick Tracy de Chester Gould, le trait de Cortinas est des plus honnêtes, la qualité du dessin me paraissant nettement supérieure à celle de nombreux et banals fumetti de gare, pourtant plus connus.

Mais là où ça devient rigolo, c'est que le 30 octobre 1947, après que l'Argentin Leonardo Wadel eut repris les scénarios, Cortinas, décidant de rentrer au pays, céda à son tour sa place à un jeune compatriote, de trois ans son cadet, alors âgé de vingt-huit ans, un certain... Alberto Breccia !

"El caso del "Kili-Kili-Ussore-Buana"
Alberto Breccia/Leonardo Wadel
Ceci n'est pas un extrait de Tarzan...

... et cela n'est pas une planche de Mandrake !



Après s'être débarrassé de son jeune faire-valoir Martín, Vito Nervio, sans jamais renier son identité de porteño et revenant toujours à Buenos Aires, partira affronter à travers le monde le gang du Triangle vert et la méchante Madame Zabat (en français dans le texte !) dont il est secrètement amoureux, formant ainsi probablement un des premiers couples sado-masochistes de l'Histoire des historietas.


Il est amusant de constater les nettes influences initiales de celui qui, lui-même, inspirera plus tard de nombreux autres pointures du Neuvième Art, comme par exemple José Muñoz ou Frank Miller.

Impressionnante aussi, l'évolution stylistique entre "El caso del "Kili-Kili-Ussore-Buana"", paru en 1952 et "Vito Nervio contra el Triángulo Verde", paru en 1957 et 1958. La trame de ces aventures est certes des plus classiques (cette dernière à un côté très "Charlier"), mais cela n'empêche pas de deviner déjà par moment les prémices des futures audaces graphiques de Mort Cinder, en 1962.

"Vito Nervio contra el Triángulo Verde"
Alberto Breccia/Leonardo Wadel





Breccia et Wadel animeront le personnage jusqu'à la fin des années 50. Une brève reprise, dans un style plus "pop" (que je n'ai pas vu) aura même lieu en 1970, sans rencontrer le succès escompté.

Sauf erreur de ma part, il me semble que ces aventures au charme suranné soient inexplicablement inédites en France, que ce soit en album ou même dans les périodiques. Vito Nervio est même ignoré dans le trop mince catalogue "Historieta - Regards sur la bande dessinée argentine" édité par Vertige Graphic en 2008.
C'est pourquoi je me suis permis de vous présenter ici un peu plus d'images que d'habitude, en espérant que cela ne gênera personne.
Je me suis par ailleurs très largement inspiré pour ce billet des passionnants textes de présentation de ce seizième volume de la salutaire collection Biblioteca Clarín de la Historieta, signés Carlos Trillo et Diego Accorsi.

Liens :
D'autres extraits sont présentés sur le blog de Rotebor, Peripecias de Chiquirritipis.
Bibliographie française, espagnole, italienne et anglaise d'Alberto Breccia.

mardi 21 avril 2009

Le Docteur est malpoli


C'est en ne pouvant s'empêcher d'insulter intérieurement un de ses amis (qui lui avait taxé, sans jamais les lui rendre, vingt pesos afin de jouer aux courses à l'hippodrome de Buenos Aires) que Guillermo "Willy" Divito (1914-1969) imagina, en 1940, la schizophrénique série "El otro yo del Dr. Merengue".


Alors que le Dr. Merengue parait à priori bien éduqué, mesuré, poli jusqu'à l'hypocrisie, plus flegmatique que le colonel Clifton, Blake et Mortimer réunis, son double (l'autre moi), véritable soupape de sécurité, dit tout haut ce que l'autre pense tout bas.
Quasiment hystérique, laissant éclater ses colères, exprimant ouvertement ses sentiments, spécialement quand il est en présence d'une des hallucinantes chicas de Divito qui semblent l'obséder, il semble alors plutôt tenir du loup de Tex Avery.
Une telle dualité me fait irrésistiblement penser à Milou, tiraillé entre sa bonne et sa mauvaise conscience dans Tintin au Tibet (oui, bon, il y avait aussi Pinocchio et son criquet, Johan et Pirlouit, le Schtroumpf grognon et le Schtoumpf à lunettes, etc. ).


Créé en 1940, El otro Yo del Dr. Merengue fit plus tard les beaux jours de Rico Tipo, l'hebdomadaire créé par Divito en 1944 et eut même, dans les années cinquante, son propre supplément.
Je trouve le dessin incroyablement dynamique pour l'époque. Quant au style vestimentaire des chicas, il fit écrire à la revue Time en 1947 que, "pour les travailleuses porte­ñas (habitantes de Buenos Aires), Willy Divito faisait plus autorité que Christian Dior " !
J'en ai les yeux tout ébouriffés.

¡ Plop !

À la lecture de ces gags, je me dis que le politiquement correct ne date pas d'hier et l'envie me prend de mettre parfois ma bonne éducation de côté.
Quoique, faire un grand sourire au crétin qui me klaxonnait et m'insultait l'autre jour, tout en pensant au Dr. Merengue m' a rendu de particulièrement bonne humeur. Essayez !

Heureusement que sous nos latitudes et à notre époque, les docteurs ne se permettraient pas de telles pensées dans le dos de leur patient(e)s.

dimanche 5 avril 2009

Breccia rase plus près

Alberto Breccia à la galerie Martel, du 6 mars au 25 avril 2009.

Né en 1919 à Montevideo, Alberto Breccia débuta sa carrière de dessinateur à la fin des années 30 de l'autre côté du Rio de la Plata, juste avant le début de l'âge d'or de la bande dessinée argentine par des séries humoristiques, des histoires de détectives ou encore des westerns. Pas forcément par vocation, mais c'était ça ou trimer quinze heures par jour à l'usine de boîtes de conserves.


Initialement influencé par Alex Raymond et Burne Hogarth (une de mes sources cite également à mon grand étonnement Alfred Andriola, plutôt que ses collaborateurs Noël Sickles et Milton Caniff), il ne cessa par la suite, notamment avec Mort Cinder, d'expérimenter de nouvelles voies graphiques afin de traduire au mieux les propos de ses récits, se fichant d'être "anti-commercial" au grand dam des éditeurs qu'il comparait volontiers à des "vendeurs de saucissons".



À quoi pensait Breccia en se rasant le matin devant la glace ?

Dans sa jeunesse, déjà, le sujet de prédilection de cet "ouvrier du dessin" étaient les clochards qu'il dessinait à l'aide d'un morceau de charbon. On le voit également dans ce reportage dessiner à l'aide d'une lame de rasoir en guise de spatule. Mais, dit-il, "(il) aurait tout aussi bien pu utiliser une plume d'oie, un ciseau à bois ou un marteau..."

Li-An

La galerie Martel (Paris Xe) rend donc hommage à ce géant méconnu en exposant jusqu'au 25 avril une centaine de ses œuvres (certaines sont dans les tiroirs que Rina Zavagli vous ouvrira avec plaisir si vous lui demandez gentiment), comportant aussi bien de "simples" planches à l'encre de Chine que d'autres mises en couleur à l'acrylique ou au pastel, des papiers-encrés-déchirés-collés, des montages photographiques, des crayonnés, etc.


Il n'y a pas un "style Breccia" comme le disait un des visiteurs de l'expo, il y en a autant que ses histoires.

Maigre consolation, il n'y a pas qu'en France où il tarde à être reconnu : décédé en 1993, Alberto Breccia vient seulement d'être nominé cette année dans la catégorie "Hall of Fame" des Eisner awards !


À lire et à voir sur Point G magazine : un entretien avec Latino Imparato, des éditions Rackham et une vidéo avec José Muñoz, ancien élève de Breccia.


Le bon plan BD du jour, c'est "Mort Cinder. Le cabinet du temps", un formidable mémoire réalisé en 2007 par Yann Bagot, alors étudiant aux Arts-Déco, consultable en ligne. Dans la très jolie version papier, l'auteur y a même poussé le vice jusqu'à insérer des fac-similés de petits formats argentins d'époque, dont le fameux Misterix. Souhaitons qu'un éditeur tombe rapidement là-dessus.