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samedi 22 juin 2013

Été turc


"Sur la place Taksim où il traînait parfois, on parle encore de lui des sanglots dans la voix...".
Ah, si l'inspecteur Youssef Ben Flikar, dit La Méduse était encore en poste à Istanbul, sûr que les évènements de ces dernières semaines auraient été réglés un peu plus rapidement... D'accord, Youssef chiait dans son froc dès que ça commençait à chauffer un peu trop, mais au final, ses méthodes expéditives se révélait être sacrément efficaces !
 Si l'on en crois un des deux Toto Brothers, retrouvé sur Facebook, si Ben Flikar n'avait pas disparu dans les ruelles de la "Perle de l'Orient" à la fin des années 80 en même temps que les éditions Sorg, on aurait dû le retrouver pour un second épisode, toujours à Istanbul... en pleine guerre guerre civile. Par ixemple !

D'ailleurs, à l'époque, j'avais moi aussi envisagé une suite : séquence fan-art !



"Mention passable"



remake de La Louve des Dardanelles







Ben Flikar : exigez l'original !

A redécouvrir également : le sombre et excellent Il était une fois en Anatolie (Bir Zamanlar Anadolu'da),de Nuri Bilge Ceylan, Grand Prix du Festival de Cannes en 2011.

dimanche 16 juin 2013

Fine mouche


Fin de cycle pour Mezzo et Pirus, un des couples les plus emblématiques de la bande dessinée, qui "divorcent" à l'amiable après vingt-cinq ans de vie professionnelle commune en accouchant du troisième et dernier volet du Roi des Mouches dont la fin, écrite au tout dernier moment, et la narration encore moins "classique" que les deux précédents risquent, de l'aveu même du dessinateur, d'en dérouter plus d'un, c'est dire ! Il y a des bouquins qui se méritent...


Trouver un nouveau complice risque à présent d'être un poil compliqué compte-tenu du niveau d'écriture exigé par Mezzo. Il n'hésite pas à comparer Pirus à Céline, "le côté aigri en moins", ainsi qu'aux meilleurs écrivains français, "malheureusement toujours de droite" et n'imagine donc pas un seul instant illustrer un scénario "mal écrit", collaborer avec un inconnu "à distance", ni "être le énième dessinateur au palmarès d'un scénariste dispersé". Ça va faire du tri... De toutes façons, il s'en fout et prévient qu'il pourrait arrêter la BD demain et passer à tout autre chose sans que ça lui manque. À lui, non ...



Actuellement, Mezzo termine pour Glénat un biopic sur le bluesman Robert Johnson (déjà croisé chez Duchazeau), sous forme non pas d'une bande dessinée mais d'un ouvrage illustré dont la maquette sera un peu plus soignée que chez certains spécialistes du genre, suivez mon regard. Précision saugrenue quand on sait que Mezzo va jusqu'à choisir la qualité du papier de ses bouquins ! Pas de CD, support qu'il juge "dépassé" et dont "seuls les vieux cons comme lui se servent encore" même s'ils leur "préfèreront toujours les bons vieux vinyls qui craquent".
Et puis, il faut que les acheteurs potentiels puissent feuilleter le bouquin pour flasher sur son boulot ! Donc exit le blister : c'est un site internet qui devrait assurer la bande-son... et alléger le prix !
Au fait, qui a mis 29 € dans La Fille de Blain et Carlotti ?


 Mezzo aimerait aussi collaborer avec les Requins-Marteaux, ce qui nous semble là aussi non seulement logique, mais urgent et salutaire et s'étonne que ses fans ne trouvent plus son Drugstore family à la vente.


Cet art-book compilait les fausses couvertures réalisées en hommage à Carl Barks au début des années 2000 dans Picsou magazine (où bossait aussi Charlie Schlingo) pour le plus grand bonheur des petits lecteurs avides de sensations fortes, jusqu'à ce que la direction s'aperçoive un beau jour qu'elle "payait des gens pour se foutre d'eux" ! Une histoire qui rappelle savoureusement celle des Hauts de Pages...

http://picsouman.free.fr/mezzo/delires.htm

- "Et sinon, à part Kim Deitch et Robert Crumb, qu'est-ce que vous lisiez quand vous étiez gamin, Mr Mezzo ?"
- "Les Jeudis de Corinne et Jeannot, dans Vaillant, avec le petit Totoche et son côté un peu rock !*".
- "Nooon ?"


(*authentique !)

dimanche 21 avril 2013

Xylo-graphie


 



Bien qu'on n'ait pas l'habitude de vous parler des bouquins qu'on n'a pas encore lus, on invite exceptionnellement tous les amateurs d'Oubapo à se rendre sur le site des éditions Rutabaga pour y pré-commander Lidocaïne, auto-édité par Olivier Crepin. 


Les frais de port et une illustration à tirage limité sont offerts aux cinquante premiers et ceux qui l'ont ont commandé à Perros sur le stand Cambrousse l'obtiendront même dédicacé.


Olivier Crepin and staff

Lidocaïne présentera plusieurs niveaux de lecture selon qu'on le lira "plié" ou "déplié" : Olivier Crepin a peut-être entamé les mêmes études que Tezuka et Berberian avant de se réorienter sur Angoulême, mais c'est donc surtout vers Étienne Lécroart qu'il semble regarder. On a d'ailleurs hâte de découvrir le mémoire qu'il rédige actuellement sur cet auteur discret mais majeur de L'Association.

 ***



Merci au jeune et talentueux Xavier Lissilour pour ses photos nettes et pour la dédicace de son fanzine Woods.


Jeune talent ?

vendredi 8 février 2013

Moi, j'aime pas Angoulême...

programme 40e festival angouleme Jean-Claude Denis

J'ai l'impression d'être le seul à ne pas être allé à Angoulême cette année : même la secrétaire du patron y était, c'est dire ! Mais siiii, rappelez-vous : la blonde à gros seins auprès de laquelle j'avais fait un bide avec mon Quartier lointain ! Elle n'avait pas dépassé la page 3 et j'avais dû me rattraper l'année d'après en lui offrant Les Blondes (un succès).
 Depuis, j'étais déjà assez content de lui avoir fait découvrir Feroumont et Kerascoët, mais figurez-vous que la belle est allée en Charente se faire dédicacer le bouquin d'Audrey Spiry. Pas peu fier, le Totoche !


Et puis, pour me remercier de passer mes nerfs sur elle toute l'année, l'adorable personne m'a même fait dédicacer rien que pour moi un album tout nouveau que non seulement je l'avais pas-d'jà mais dont en plus je ne connaissais pas les auteurs !

dédicace ocana deutsch histoires de france
Ocaña/Deutsch

Adorable, non ? C'est çui-là :

histoires de france couverture

Bon, ben..., j'essaie de vous en donner des nouvelles si dès que j'arrive à la page 3. Mais ne le répétez à personne, hein ? (et qui c'est qu'a l'air d'un con maint'nant ?).

mercredi 9 janvier 2013

Du nord au sud


 Guy Delisle multiplie les interviews à l'occasion de la sortie de son Guide du mauvais père. On le trouve même dans Grazia ! On se doute que la BD n'est pas la spécialité de la presse pipeule, mais apparemment la géographie non plus.


Aux dernières nouvelles, le Japon serait en alerte et l'ambassadeur du Canada aurait déjà été convoqué à Pyongyang. Bon sang, faites gaffe les mecs : on a déjà vu des guerres mondiales déclenchées pour des incidents diplomatiques moindres !



mercredi 12 décembre 2012

Travaux Prattiques


Laura chez Céleste
Il fallait être sacrément gonflé pour oser aller frapper à la porte d'Hugo Pratt afin de lui demander conseil. C'est pourtant ce que fit ce premier septembre 1972, du haut de ses quinze ans, la jeune Laura Scarpa, une passionnée de fumetti qui avait flashé l'année précédente sur La Ballade de la mer salée. Une excellente idée toutefois puisque, dans les années qui suivirent, Laura eut la chance de recevoir encore quelques cours particuliers, notant fébrilement sur ses petits carnet (déjà !) les saintes paroles professées en vénitien par le "Maître de Malamocco".


Depuis, Hugo a rejoint Raspoutine et Laura a consacré sa vie à la bande dessinée, que ce soit en tant que dessinatrice -elle débuta dans Linus et illustra entre autres C'est la vie (dont seul le premier tome a paru en 2001 en français chez La Mascara/Privilèges) sur un scénario de son ami Carlos Trillo, ou en écrivant des ouvrages spécialisés (Designare Dylan Dog).


 On a récemment pu voir en France ses illustrations dans une petite méthode pour apprendre l'italien (La Casa sulla scogliera) mais ce sont surtout les deux volumes de Caffè a Colazione, une sélection des dessins qu'elle poste quotidiennement sur un de ses blogues, qui témoignent de sa grande sensibilité et de ses talents d'aquarelliste.




 Laura fut également éditrice ou rédac'chef de revues aujourd'hui disparues comme Il Corrierino pour les enfants, Blue puis Touch pour les adultes et Animals, pour tous (pour la taquiner, certains prétendent d'ailleurs que le "ls" d'Animals, c'est elle !). Elle dirige toujours actuellement la passionnante revue d'information Scuola di Fumetto.


Depuis que les éditions Coniglio ont jeté l'éponge, Laura, qui rêve toujours de ressusciter sa "créature" Animals, s'occupe -quand elle n'est pas en cuisine - de Comicout, une association pour la défense et la reconnaissance du neuvième art en Italie et donne à son tour, depuis quelques années, des cours de bandes dessinées sur internet.


Hugo Pratt - Le lezioni perdute / Laura Scarpa / Mompracem / 2012 / 24 €

 Aujourd'hui donc, c'est avec son nouveau label, Mompracem, que Laura Scarpa (aidée par Francesco Coniglio) nous propose de redécouvrir avec Le Lezioni perdute, les leçons oubliées que donnait Hugo Pratt à l'école panaméricaine, créée à Buenos Aires dans les années cinquante par Enrique Lipszyc.



L'occasion de découvrir, sur environ 220 pages (en italien et en espagnol), de nombreux dessins méconnus d'un Pratt alors nettement influencé par Milton Caniff et dont la bible graphique était d'ailleurs constituée de cases de Terry et les pirates découpées et collées dans un cahier. On y trouvera également les témoignages de ses collaborateurs : Stelio Fenzo, Guido Fuga, Milo Manara (le seul à avoir illustré ses scénarios), Alberto Ongaro, Ivo Pavone, sa fille Silvina, Raffaele Vianello, ou encore de José Muñoz, ancien élève de l'école panam' (dont le professeur ne fut d'ailleurs pas Pratt mais Alberto Breccia) et d'auteurs moins âgés tels Paolo Bacilieri, Angelo Stano et évidemment la toujours belle et jeune Laura Scarpa !

Goossens est battu !

Plus d'infos sur Hugo Pratt-Le lezioni perdute :
http://fumiefumetti.blogspot.fr/2012/11/cioe-mo-siete-in-tanti.html
Plus d'extraits (vaut le coup d’œil rien que pour découvrir HP en héros de roman-photo) :
http://archivespratt.over-blog.com/article-pratt-et-son-eleve-111967490.html

Grazie mille a "ls" !

lundi 12 novembre 2012

Plein mes yeux

 La rivière sans retour ?

En silence - Audrey Spiry - 9782203032729 - 9782203032729
En silence
Audrey Spiry
Casterman, 2012

Ce qui suit n'est pas une critique mais une déclaration d'amour pour ce livre. Un conseil : ne lisez pas le billet, en tous cas pas avant d'avoir lu le sublime En silence d'Audrey Spiry.

Spiry, amie partout, toujours

Juliette et son compagnon profitent de leurs rares vacances ensemble pour s'offrir une journée de canyoning, moment qu'ils vont partager avec un couple et ses deux enfants qui pourrait être le reflet de leur propre image dans quelques années.

Mais ce que la jeune femme ne sait pas, c'est qu'en descendant dans ce canyon c'est au plus profond d'elle-même qu'elle part en exploratrice, que ce sont ses propres doutes qui ressurgiront à la surface, qu'elle ne reviendra pas indemne de cette excursion.
Des questions sur soi-même qu'on s'est tous posées dans ces petits moments de solitude, comme purent être les joggings au parc pour Philippe Dupuy dans Hanté ou les longueurs dans la piscine du Goût du chlore pour Bastien Vivès auquel on ne peut évidemment s'empêcher de penser...

Ophélie

On plonge et on se laisse porter au fil du courant de cette aventure psychologique aux multiples méandres qui coule de source de la première à la dernière page. On boit la tasse, on retient son souffle, on panique, on reprend pied, partageant tantôt le vertige, tantôt l'hydro-claustrophobie de Juliette/Audrey ; sera-ce pour se noyer ou pour mieux renaître, lavé ?


Un récit hors norme, tant par la narration que par la technique, l'absence de trait et l'utilisation de marqueurs Posca permettant un rendu inédit à ma connaissance en bande dessinée des couleurs, des reflets, de la fluidité, de la transparence, non, mieux, de la translucidité du torrent qui jaillit à chacune de ces 168 pages.

La peinture à l'eau, c'est bien plus beau

 On referme le livre. On ferme les yeux. Les images sont toujours présentes, les questions persistent. L'émotion demeure. Je ne sais pas si c'est un roman graphique, mais je pense qu'on peut dire que c'est un chef d’œuvre.