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samedi 16 mars 2013

On dirait le Nord


 Le premier petit livre de Violaine Briat est paru l'été dernier aux éditions Rutabaga. Une Mini-aventure naturaliste, éditée au format patte de mouche/petit carnet dont les vingt pages sont remplies par les milliers de petits traits de la jeune dessinatrice des éditions Cambrousse, dans un style que je qualifierais de "nordique", voire moominesque. Une impression semble-t-il partagée par les Suédois du studio Peow qui ont sollicité la Parisienne pour un récit de science-fiction. Verra-t-on Violaine au prochain festival de Stockholm ?


On peut commander Mini aventure directement sur le site de l'éditeur.


***

Liens :
-Violaine Briat :
http://allbigadventures.blogspot.fr/
http://dessinepouroublier.blogspot.fr/
https://www.facebook.com/allthebigadventures

-Studio Peow :
http://peowstudio.com/#

Violaine Briat à St-Denis-en-Val / février 2013

Chaque dédicace de Violaine constitue une nouvelle case d'un récit à suivre imaginé au fur et à mesure de ces séances que nombre d'auteurs vivent si souvent comme un calvaire. Il suffisait d'y penser !

samedi 9 février 2013

Ligne Caire


 Doaa El-Adl est une dessinatrice cairote née en 1979, diplômée ès Beaux-arts en 2000 de la faculté d'Alexandrie. Elle publie depuis 2008 ses dessins dans le quotidien Al Masry Al Youm et est la première femme à avoir reçu le prix du meilleur caricaturiste égyptien en 2010.
Pas besoin de lire l'arabe égyptien pour comprendre que son talent n'a d'égal que son courage.




 Aujourd'hui donc, Doaa est emmerdée par quelques décérébrés qu'elle a mis de mauvais poil avec le dessin ci-dessous :

"Si vous aviez voté "oui" au référendum, vous n'auriez pas été chassés du Paradis terrestre !"
 Ils lui reprochent, non pas d'y avoir dessiné comme pourrait le penser tout mécréant normalement constitué, la longue chevelure et les jolies gambettes d'Ève, mais pour avoir osé représenter Adam, considéré comme un prophète par les salafistes (*). Sacrilège ! Rien que pour ça, la découverte de ses dessins de presse, réunis sur Egyptian cartoon s'impose. Et vive le poil à gratter !

(* voir Le Monde du samedi 2 février 2013)

Double tranchant


Si on regarde bien, on voit que l'excellent Zep-Découpé en tranches est dédié à son ex, Hélène Bruller (la salope).
Mais si on regarde mieux, on se rend compte que le titre reprend en fait celui d'un ouvrage écrit et illustré par le grand-père de celle-ci, Jean Bruller alias Vercors : Un homme coupé en tranches fut imprimé en 1929 à 398 exemplaires seulement.
Comme quoi pour trouver un bon titre, il suffit parfois d'avoir une bonne bibliothèque !

(merci à JC)

vendredi 8 février 2013

Modèle suédois

 Un récent séjour à Stockholm m'a permis de me rendre compte que la Suède n'était pas une Terra incognita pour la bande dessinée. Celle-ci y semble même bien vivante : on en trouve jusque chez les marchands de journaux !


  
Utopi est un superbe magazine de BD trimestriel, édité en couleurs sur papier glacé (normal, par -10°c me direz-vous), par Kolik förlag. Le rédac'chef en est Fabian Göranson, également scénariste, et le comité rédactionnel constitué par cinq (six ?) de ses auteurs. Le huitième numéro doit déjà être en vente au moment où je torche ces lignes. L'occasion de citer quelques talentueux auteurs pas trop connus en France (espérons que la barrière linguistique ne me fera pas écrire plus de conneries que d'habitude).

Kim W. Andersson semble exploiter d'élégante manière la veine "polar suédois" en signant des "séries d'horreur romanesque". Jeunes femmes en petites tenues et ambiances sombres. Ligne joliment léchée.


Lina Neidestam connaît un certain succès en librairie avec Zelda et son  humour girlie-trash. On n'ose pas imaginer une seule seconde que les mollets de la belle Lina soient aussi velus que ceux de son héroïne. Plus de dessins sur son compte Tumblr : http://www.tumblr.com/tagged/lina%20neidestam.


Lisa Medin met le manga à la sauce suédoise, un peu comme le fait -on l'a déjà vu ici- la jeune Timet Elmgren dans ses fanzines. À découvrir également ici : http://hem.lisamedin.com/


Karl Johnsson réalise pour Utopi une saga viking, bien servie par son style assez froid, "nordique". Mention spéciale pour la mise en page. Son compte Tublr : http://www.tumblr.com/tagged/karl%20johnsson



Les deux autres membres du comité rédactionnel, absentes du n°7 que j'ai pu me procurer, sont Josefin Svenske et Loka Kanarp qui a illustré La Maison de la faim chez Actes Sud / L'An 2.

Au sommaire de ce numéro, figuraient également les bandes de
- Doraya (un garçon) : encore du manga suédois.


- Sofia Falkenhem, super kawaï.


- Aurora Walderhaug. Apparemment le gothique est à la mode en Scandinavie.


- Jan Bielecki et Fabian Göranson qui signent un étrange Titus pax qu'on a hâte de découvrir en français. Difficilement descriptible (polar urbain déjanté-enfumé ?), entre Brüno, Mignola, Jamie Hewlett ?



- Peter Bergting travaille déjà pour les comics US et pour Dupuis (Interpol-Stockholm). Il signe quelques planches épurées en noir et blanc, tendance Bernet/Mignola (?).


Pour être complet, signalons enfin les noms de Joakim Hanner, Elliott Alfredius, Patrick Crotty et Olle Forslöf, membres du studio Peow, qui signent quelques gags et illustrations.



Les seuls étrangers au sommaire de ce numéro très féminin, donc, étaient les Kerascoët et Nancy Peña (interviewée) : visiblement, en Suède, la parité n'est pas un vain mot.

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Une autre revue parait en Suède : Galago qui en est à son cent-neuvième numéro. Très avant-garde (ici, on dirait "très Parisien"). Un blogue présente de larges extraits. Malheureusement, si l'on ne maîtrise pas la langue d'Ibrahimovic, c'est vraiment incompréhensible.

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Rappelons l'existence de la revue d'information Bild & Bubbla (bien connue des lecteurs de Hop !) qui paraît simultanément au Danemark, en Norvège et en Suède depuis... 1968 ! Alors oui, bien sûr, il y a du Donald Duck (Kalle Anka) en couverture, mais quand on voit les livres défendus à l'intérieur, on désespère de ne toujours pas avoir de version française ou anglaise.

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Pour terminer ; cet hiver, les best-sellers étrangers semblaient être le dernier Arzak, Aurore du Catalan Enrique Fernandez, Lou de Julien Neel, et Beauté de Kerascoët.

 (fortsättning följer...)

mercredi 19 décembre 2012

Un billet tout à fait fascinant


 Tiens, j'ai commandé le dBD. Pour une fois qu'ils mettent en avant les travaux d'une inconnue ! Enfin, espérons qu'avec les fêtes, ça ne prenne pas trop de temps : j'ai tellement hâte de découvrir ce que fait cette Pénélope Bagnieux.

mercredi 12 décembre 2012

Travaux Prattiques


Laura chez Céleste
Il fallait être sacrément gonflé pour oser aller frapper à la porte d'Hugo Pratt afin de lui demander conseil. C'est pourtant ce que fit ce premier septembre 1972, du haut de ses quinze ans, la jeune Laura Scarpa, une passionnée de fumetti qui avait flashé l'année précédente sur La Ballade de la mer salée. Une excellente idée toutefois puisque, dans les années qui suivirent, Laura eut la chance de recevoir encore quelques cours particuliers, notant fébrilement sur ses petits carnet (déjà !) les saintes paroles professées en vénitien par le "Maître de Malamocco".


Depuis, Hugo a rejoint Raspoutine et Laura a consacré sa vie à la bande dessinée, que ce soit en tant que dessinatrice -elle débuta dans Linus et illustra entre autres C'est la vie (dont seul le premier tome a paru en 2001 en français chez La Mascara/Privilèges) sur un scénario de son ami Carlos Trillo, ou en écrivant des ouvrages spécialisés (Designare Dylan Dog).


 On a récemment pu voir en France ses illustrations dans une petite méthode pour apprendre l'italien (La Casa sulla scogliera) mais ce sont surtout les deux volumes de Caffè a Colazione, une sélection des dessins qu'elle poste quotidiennement sur un de ses blogues, qui témoignent de sa grande sensibilité et de ses talents d'aquarelliste.




 Laura fut également éditrice ou rédac'chef de revues aujourd'hui disparues comme Il Corrierino pour les enfants, Blue puis Touch pour les adultes et Animals, pour tous (pour la taquiner, certains prétendent d'ailleurs que le "ls" d'Animals, c'est elle !). Elle dirige toujours actuellement la passionnante revue d'information Scuola di Fumetto.


Depuis que les éditions Coniglio ont jeté l'éponge, Laura, qui rêve toujours de ressusciter sa "créature" Animals, s'occupe -quand elle n'est pas en cuisine - de Comicout, une association pour la défense et la reconnaissance du neuvième art en Italie et donne à son tour, depuis quelques années, des cours de bandes dessinées sur internet.


Hugo Pratt - Le lezioni perdute / Laura Scarpa / Mompracem / 2012 / 24 €

 Aujourd'hui donc, c'est avec son nouveau label, Mompracem, que Laura Scarpa (aidée par Francesco Coniglio) nous propose de redécouvrir avec Le Lezioni perdute, les leçons oubliées que donnait Hugo Pratt à l'école panaméricaine, créée à Buenos Aires dans les années cinquante par Enrique Lipszyc.



L'occasion de découvrir, sur environ 220 pages (en italien et en espagnol), de nombreux dessins méconnus d'un Pratt alors nettement influencé par Milton Caniff et dont la bible graphique était d'ailleurs constituée de cases de Terry et les pirates découpées et collées dans un cahier. On y trouvera également les témoignages de ses collaborateurs : Stelio Fenzo, Guido Fuga, Milo Manara (le seul à avoir illustré ses scénarios), Alberto Ongaro, Ivo Pavone, sa fille Silvina, Raffaele Vianello, ou encore de José Muñoz, ancien élève de l'école panam' (dont le professeur ne fut d'ailleurs pas Pratt mais Alberto Breccia) et d'auteurs moins âgés tels Paolo Bacilieri, Angelo Stano et évidemment la toujours belle et jeune Laura Scarpa !

Goossens est battu !

Plus d'infos sur Hugo Pratt-Le lezioni perdute :
http://fumiefumetti.blogspot.fr/2012/11/cioe-mo-siete-in-tanti.html
Plus d'extraits (vaut le coup d’œil rien que pour découvrir HP en héros de roman-photo) :
http://archivespratt.over-blog.com/article-pratt-et-son-eleve-111967490.html

Grazie mille a "ls" !

lundi 12 novembre 2012

Plein mes yeux

 La rivière sans retour ?

En silence - Audrey Spiry - 9782203032729 - 9782203032729
En silence
Audrey Spiry
Casterman, 2012

Ce qui suit n'est pas une critique mais une déclaration d'amour pour ce livre. Un conseil : ne lisez pas le billet, en tous cas pas avant d'avoir lu le sublime En silence d'Audrey Spiry.

Spiry, amie partout, toujours

Juliette et son compagnon profitent de leurs rares vacances ensemble pour s'offrir une journée de canyoning, moment qu'ils vont partager avec un couple et ses deux enfants qui pourrait être le reflet de leur propre image dans quelques années.

Mais ce que la jeune femme ne sait pas, c'est qu'en descendant dans ce canyon c'est au plus profond d'elle-même qu'elle part en exploratrice, que ce sont ses propres doutes qui ressurgiront à la surface, qu'elle ne reviendra pas indemne de cette excursion.
Des questions sur soi-même qu'on s'est tous posées dans ces petits moments de solitude, comme purent être les joggings au parc pour Philippe Dupuy dans Hanté ou les longueurs dans la piscine du Goût du chlore pour Bastien Vivès auquel on ne peut évidemment s'empêcher de penser...

Ophélie

On plonge et on se laisse porter au fil du courant de cette aventure psychologique aux multiples méandres qui coule de source de la première à la dernière page. On boit la tasse, on retient son souffle, on panique, on reprend pied, partageant tantôt le vertige, tantôt l'hydro-claustrophobie de Juliette/Audrey ; sera-ce pour se noyer ou pour mieux renaître, lavé ?


Un récit hors norme, tant par la narration que par la technique, l'absence de trait et l'utilisation de marqueurs Posca permettant un rendu inédit à ma connaissance en bande dessinée des couleurs, des reflets, de la fluidité, de la transparence, non, mieux, de la translucidité du torrent qui jaillit à chacune de ces 168 pages.

La peinture à l'eau, c'est bien plus beau

 On referme le livre. On ferme les yeux. Les images sont toujours présentes, les questions persistent. L'émotion demeure. Je ne sais pas si c'est un roman graphique, mais je pense qu'on peut dire que c'est un chef d’œuvre.