Bon, on imagine bien que c'est pas trop son truc, la BD, à Kathleen Evin... Mais elle était pourtant pas mal, son émission du 23 mai 2012, sur La Douce de François Schuiten, bien illustrée par des archives sonores, avec des questions pas trop cons et surtout des réponses lumineuses du dessinateur des Cités obscures...
Et puis 20 secondes avant la fin, on ne sait pas quelle mouche l'a piquée ; patatras, la boulette :
-"Merci infiniment François Schuiten d'être venu nous voir ce soir. C'était un plaisir de parler avec vous, de parler avec l'auteur de cette si belle "b..." j'allais dire "bande dessinée", mais c'est un livre. C'est un vrai livre [...]".
Eh oui, la défense du l... -pardon- de la bande dessinée sur France inter, c'est avec Kathleen. En vain.
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lundi 23 juillet 2012
vendredi 24 octobre 2008
Paris, Cité Obscure
... jusqu'au 2 novembre 2008 !

C'est par un étrange amoncellement de pierres paraissant effondrées du Centre Wallonie-Bruxelles dans la rue Saint-Martin que débute l'exposition "Lumières sur Brüsel". Un parcours ensablé, nocturne et venteux guide ensuite le visiteur, tel un égyptologue explorant le sanctuaire d'un temple, parmi les dessins originaux de "La théorie du grain de sable", des Belges François Schuiten et Benoît Peeters, dont le deuxième tome vient de paraître aux éditions Casterman.
Les imposantes planches à l'encre de Chine dont les éléments-clés sont illuminés par un habile jeu de rétro-éclairage font regretter que l'album n'ait pas été imprimé avec une encre phosphorescente. On s'interroge également sur l'intérêt (autre qu'économique) de publier l'histoire, non seulement en deux tomes, mais de surcroît dans un format à l'italienne, ce qui a nécessité de sectionner en deux parties chacune de ces planches pourtant savamment construites ! (Le comble pour un dessinateur amoureux d'architecture, me semble-t-il...)
On y trouve également quelques illustrations en couleurs, certaines d'entre elles apparaissant pratiquement en "négatif" des dessins originellement encrés, des zones entières d'ombre au noir profond se transformant en plages illuminées de couleurs.
De nombreuses esquisses nous font partager la réflexion, les doutes et la démarche des auteurs, et d'intrigants objets (tel le mythique cube d'Urbicande), bien réels, accentuent quant à eux le sentiment d'étrangeté des lieux, faisant s'interroger le visiteur quant à la réelle existence du monde des Cités Obscures.
Au fait, si vous êtes là en touristes, n'oubliez surtout pas de descendre à la splendide station Arts et Métiers, toute proche, dont l'habillage intérieur, tout en cuivre, fut confié en 1994 à François Schuiten.
Enfin, un trop court vidéo-reportage nous fait pénétrer dans la maison Autrique de Victor Horta, à la réhabilitation de laquelle les deux auteurs ont participé.
...
Je plains la femme de ménage de cet espace culturel, qui va devoir balayer la tonne de sable déversé dans la pièce quand l'exposition sera terminée !
(Pour mémoire, la "vraie" rue des Sables est l'adresse des anciens magasins Waucquez, imaginés par l'architecte belge Victor Horta en 1902 et abritant le Centre Belge de la Bande Dessinée à Bruxelles.)

C'est par un étrange amoncellement de pierres paraissant effondrées du Centre Wallonie-Bruxelles dans la rue Saint-Martin que débute l'exposition "Lumières sur Brüsel". Un parcours ensablé, nocturne et venteux guide ensuite le visiteur, tel un égyptologue explorant le sanctuaire d'un temple, parmi les dessins originaux de "La théorie du grain de sable", des Belges François Schuiten et Benoît Peeters, dont le deuxième tome vient de paraître aux éditions Casterman.
Les imposantes planches à l'encre de Chine dont les éléments-clés sont illuminés par un habile jeu de rétro-éclairage font regretter que l'album n'ait pas été imprimé avec une encre phosphorescente. On s'interroge également sur l'intérêt (autre qu'économique) de publier l'histoire, non seulement en deux tomes, mais de surcroît dans un format à l'italienne, ce qui a nécessité de sectionner en deux parties chacune de ces planches pourtant savamment construites ! (Le comble pour un dessinateur amoureux d'architecture, me semble-t-il...)
On y trouve également quelques illustrations en couleurs, certaines d'entre elles apparaissant pratiquement en "négatif" des dessins originellement encrés, des zones entières d'ombre au noir profond se transformant en plages illuminées de couleurs.
De nombreuses esquisses nous font partager la réflexion, les doutes et la démarche des auteurs, et d'intrigants objets (tel le mythique cube d'Urbicande), bien réels, accentuent quant à eux le sentiment d'étrangeté des lieux, faisant s'interroger le visiteur quant à la réelle existence du monde des Cités Obscures.
Au fait, si vous êtes là en touristes, n'oubliez surtout pas de descendre à la splendide station Arts et Métiers, toute proche, dont l'habillage intérieur, tout en cuivre, fut confié en 1994 à François Schuiten.
Enfin, un trop court vidéo-reportage nous fait pénétrer dans la maison Autrique de Victor Horta, à la réhabilitation de laquelle les deux auteurs ont participé.
...
Je plains la femme de ménage de cet espace culturel, qui va devoir balayer la tonne de sable déversé dans la pièce quand l'exposition sera terminée !
(Pour mémoire, la "vraie" rue des Sables est l'adresse des anciens magasins Waucquez, imaginés par l'architecte belge Victor Horta en 1902 et abritant le Centre Belge de la Bande Dessinée à Bruxelles.)
dimanche 28 septembre 2008
Bons baisers de Solliès

De passage dans le Var cet été, j'ai eu l'occasion de me rendre pour la première fois au festival de Solliès-Ville dont c'était la vingtième édition, et pour lequel une assez importante campagne de publicité nationale avait, semble t-il, été organisée (affiches jusque dans la capitale, publicités dans divers magazines tels Case Mate, Spirou, Télérama ...).
Il faut dire que la liste des auteurs invités était particulièrement alléchante, comme vous pouvez le constater par vous-même sur ces photos :
Etc, etc ...
Un bien beau festival sur le papier, donc. Mais quand on souhaite organiser un évènement d'une telle ampleur, a fortiori avec un tel battage médiatique, il conviendrait de s'en donner les moyens, ou d'avoir un minimum d'imagination. Suffit-il d'aménager un campement de dessinateurs et de libraires d'occasion pour réussir un "festival", même si l'entrée en est gratuite ?
De l'absence de parking ou même de navette, au parcage du bétail de lecteurs sur la grand-place alors que les placettes ombragées ne manquent pas dans le village, en passant par l'installation de certains auteurs en plein cagnard (vous avez déjà vu un Margerin tout rouge ?) et l'intérêt plus que limité de certaines expositions, l'organisation m'a parue un tantinet légère ...
Pas même un carton correctement accroché pour voir le nom de l'auteur (quand il était présent) !
Ne parlons pas des admirateurs tout juste bons à (j'hésitais à écrire "assez abrutis pour") attendre devant une chaise vide et derrière des files de sac à dos sans personne pour les renseigner sur l'éventuelle venue des auteurs annoncés ("Oui, oui, achetez le livre, il va bien finir par arriver" ... ) !
C'est nouveau : à Solliès, seuls celles ou ceux qui ne tombent pas victimes d'insolation (et j'en ai vu !) et qui auront posé leur sac dans la file dès la veille auront dorénavant droit à une dédicace !
Ils n'y a donc pas de plan Vigipirate à Solliès ? Certains organisateurs, comme à Amiens, arrivent pourtant très bien à bannir cette pratique stupide. J'avoue que l'envie m'a démangé plus d'une fois de repartir avec un de ces sacs paraissant particulièrement bien garni !
Après une "charte des dédicaces", à quand une charte du public ?
Et que dire de cette pauvre feuille de papier A4 où il était écrit au feutre "Hommage à Carlos Meglia", accompagnant deux ou trois livres (à vendre) de l'auteur argentin invité et malheureusement disparu quelques jours plus tôt ? Quel vibrant hommage ...

Ah oui, au fait : le Prix spécial 20e anniversaire a été remis à ... Marcel Marlier, pour l'ensemble de son œuvre ... Il paraîtrait que même Lewis Trondheim n'en soit pas revenu ! Je n'ai absolument rien contre le célèbre auteur de Martine, mais elle est où la BD, là ?

Devant un tel mépris du public, le Carton rouge aux organisateurs me semble amplement mérité.
La connerie ayant tout de même des limites, et n'ayant pas envie d'attraper une insolation (même gratuite), je mis les bouts, jurant mais un peu tard qu'on ne m'y prendrait plus. (Après tout, le spectacle de quelques flamants roses à la presqu'île de Giens valaient bien une dédicace de Berberian, non ?)
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