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mardi 7 octobre 2008

La Coccinelle... à Tokyo


Je m'intéresse tellement à l'actualité en ce moment que je viens seulement de m'apercevoir que c'est en ce moment que se déroule le Salon (on dit le "Mondial" maintenant ?) de l'Automobile à la Porte de Versailles (Paris).
Ouais... Bof, je sais... J'ai une excuse : c'est la saison des marronniers ...
Et puis, personnellement, mon truc, ce serait plutôt le salon Rétromobile (qui est prévu en février) : tous les vieux croûtons vous le diront, les bagnoles d'antan, ça tuait au moins autant de gens et ça polluait encore plus, mais au moins, ça avait de la gueule !


Parmi les nostalgiques de ces vieux amas de tôle, on compte également, si l'on en croit leur "Chotto Furukute Ii Kuruma Nya Norazu Ni Irarenai !", les Japonais Dave Shigihara ("David Canard Cru" si j'en crois Google Translation !) et Katsuya Terada (oui, oui, on parle bien du même : l'auteur de "Rakuda Ga Warau" et de "Saiyukiden", bien connu dans le monde de l'animation pour avoir travaillé comme character designer sur "Blood : The Last Vampire".


Ce curieux manga en moyen format (18.5 x 24.5 cm), paru en 1994 chez l'éditeur japonais Sekaibunkashiya, dont le sous-titre anglais est "CarEx (nom d'une revue automobile ?) Comic Car Impression" est en fait une compilation de petites chroniques automobiles, traitées sur un mode humoristique et auto-dérisoire (les deux auteurs étant souvent confrontés aux tracas mécaniques des épaves roulantes qu'ils sont censés tester) que n'aurait pas renié le regretté Starter de Jidéhem. Chaque chapitre se termine par une superbe petite vignette muette, rendant hommage à la marque dont il est question.

Mais... C'est la 4L de Maman !

De la Lotus Elan S1 à la Triumph TR3A, en passant par la 2cv Citroën, la Honda S800 (celle de Spirou et l'Abbaye truquée !), la Renault 4 ou bien encore la Ford Mustang 65, ce sont en tout en tout une vingtaine de modèles plus ou moins prestigieux et réputés (on se demande où ils sont allés trouver une CX au Japon !) qui sont passés au crible par les deux compères tout au long de ces 188 pages. (Et non, il n'y a pas la 403 Peugeot, Hobopok : quel regret... )


Je ne sais pas si ce guide vous sera très utile pour l'achat de votre prochain véhicule, mais ce sera incontestablement l'occasion de découvrir une nouvelle facette du talent de Katsuya Terada... enfin, quand vous mettrez la main dessus, parce qu'apparemment, il ne court pas les rayons des libraires...

Sur ce... Bonne route !

jeudi 29 mai 2008

Terada, Rakuda ,Hiragana, Katakana, et cætera ...

Je profite lâchement que Li-An a les mains dans le cambouis pour lui piquer sans vergogne un commentaire de son blog, datant du mois de mars 2008, afin de pondre un billet sans trop me fouler, et inaugurer du même coup la rubrique "Plan Culte" avec "Rakuda Ga Warau", du japonais Katsuya Terada.



Ce superbe album broché format A4 est paru au Japon en 2003 dans la collection Wanimagazine.

Sous une superbe couverture panoramique à rabats avec impression laquée en relief, on découvre une histoire très noire (”à ne pas mettre en toutes les mains”, dirons-nous) d’une centaine de pages réparties en 9 chapitres, plus proche de la BD européenne que du manga, sur laquelle Katsuya Terada explore différents styles graphiques qui devraient ne pas déplaire aux admirateurs de Gir/Mœbius.

Ce n’est pas de la SF mais plutôt une espèce de Pulp ; le Noir et Blanc prédomine, avec notamment un chapitre contenant un admirable travail de trames. Néanmoins quelques illustrations (dont 2 posters recto-verso) sont admirablement mises en couleur …

Evidemment, le tout est en japonais : on n’y entrave que dalle ! Mais même traduit en français, je pense qu’on ne comprendrait pas plus (au fait, quelqu’un a-t-il réussi à lire jusqu’au bout le graphiquement-fabuleux “Ghost in the Shell” de Masamune Shirow ?).

Et puis ces hiraganas et katakanas sont d’une telle élégance ! Ils ajoutent un côté mystérieux, exotique et opaque à ce glauque récit.

Qu’écrire d’autre ? … Que je ne trouve pas le prix exagéré pour un livre d’une telle qualité venant de surcroît de l’autre bout de la planète. (pour info, après avoir parcouru des kilomètres dans Paris et des dizaines de sites internet, je l'ai trouvé tout simplement ... sur le site de la Fnac , et à un prix défiant toute concurrence !)

Voilà ... Evidemment, c’est ma vision personnelle de l’album : certains détesteront peut-être. En tous cas, j’espère n’avoir pas trop raconté d’âneries ni trahi le bouquin : à vos CB et bonne dégustation !

Et bon courage pour la visite du site ! : http://www.wani.com/

lundi 26 mai 2008

Merde in Japan

A tous ceux qui sont encore persuadés que "le manga, c'est caca", étant, au mieux mal dessiné, au pire d'une belgisante platitude, je recommande vivement la lecture du passionnant "Hors Série n°5" d'AnimeLand , paru en juin 2003 et qu'il est toujours possible de commander sur leur site.

Abordant comme d'habitude tant le manga sur papier que l'anime sur cellulos, ce numéro fournit notamment des trousseaux de clés pour apprécier pleinement ces récits extrêmement orientaux.
Outre les fiches consacrées aux plus grands auteurs et animes, on retiendra en particulier les chapitres consacrés aux spécificités tant graphiques que narratives, aux influences graphiques (des Mondes Flottants à Mœbius, en passant par Walt Disney, Max Fleischer, le Japonisme, Alfons Mucha et l'Art Nouveau) ainsi que le dictionnaire mythologique (vous deviendrez incollables sur les Lucioles et leur Tombeau, les parapluies de Totoro et de Ranma 1/2, les tanukis de Pompoko, Son Gokû illustré par Toriyama et Tezuka, mais également par Terada et Takahashi ou bien encore Princesse Mononoke par Miyazaki ...)




Je reconnais que c'est à la lecture de ce numéro que je fus définitivement convaincu de la richesse de nombreux mangas que je trouvais effectivement immondes quelques semaines auparavant, et que je n'avais à peine tenté d'aborder.


Le passionné de "BD franco-belge tendance Marcinelle" que je suis reconnait même avoir connu une dangereuse période japonisante dont il fut difficile de se remettre, tant son Panthéon personnel tendait à être bouleversé par l'irruption, devenue vite incontrôlée, de si nombreux titres et auteurs nippons ! Trop tard ! Bien que Buck Danny m'ait prévenu dans ma jeunesse : "Quels fourbes, ces satanées faces de citron !", la boîte de Pandore était ouverte !


Hérésie suprême, Totoche en vint même à s'interroger quant à la suprématie du manga sur la "BD" bien de chez nous et se mit alors à traverser une longue période de doute, allant jusqu'à jeter au feu une bonne partie de sa collection de Spirou, Pilote, Tintin, Pif Gadget, Trio, Pistil, (A Suivre ...), Mickey, Métal Hurlant, Télé Junior, Margouillat, Pifou Poche, Playb... (euh non, pas ceux là, je les garde pour la documentation) , etc. (j'abrège, on va pas y passer la nuit) . Force est de constater que nous fûmes bien chauffé cet hiver-là.

C'est donc dans cet état second qu'un ultime réflexe de survie me fit acheter, un soir d'orage sur une aire de service de l'Autouroute de l'Est, le tome 43 des Tuniques Bleues, " Des Bleus et du Blues", (en édition économique, pour être exact) : l'électro-choc procuré par ce summum de la bande dessinée franco-belge (à moins que ce ne fut la foudre ?) remit immédiatement sur la bonne voie le suppôt de l'anti-France que j'étais en train de devenir, qui jura mais un peu tard qu'on ne l'y reprendrai plus.
(Rassurez-vous : depuis, je me suis abonné à Bo-Doï.)




AnimeLand
a récidivé en juillet/août 2006 avec cet "HS n°10" . Malheureusement, la part faite au manga s'est considérablement réduite ...

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Un grand merci et plein de bisous à Mlle Inès (10 ans) pour ses splendides illustrations ayant permis d'étayer mes propos.