Affichage des articles dont le libellé est bd. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bd. Afficher tous les articles

dimanche 12 août 2012

Fado rigolo


C'est grâce à la jolie jaquette de leur CD, Dois selos e um Carimbo*, illustrée dans un style tout dupuyberberianesque (Dupuyberberião ?) par João Fazenda que j'ai découvert Deolinda, un groupe portugais emmené par la superbe voix de la belle -comme son nom ne le laisse pas forcément supposer- Ana Bacalhau, et qui s'inspirerait du fado d'après Wiki -mais alors en version gaie-, en tous cas de la musique traditionnelle lusitanienne.


 Deolinda est en fait le nom du personnage imaginé par le groupe, une lisboète célibataire d'aujourd'hui, dont les chansons racontent le quotidien. Sans doute est-ce pour cela que le groupe est, paraît-il, adulé par les indignés portugais. Les textes des paroles ont été traduits en anglais dans le livret, richement et si agréablement illustré qu'on aimerait bien voir ce que ça donnerait en banda desenhada !



En attendant ce qui risque fort de ne rester qu'un vœu pieux, on peut aller découvrir les autres travaux plus personnels de ce talentueux illustrateur né en 1979 à Lisbonne sur son site ou sur son blogue d'où proviennent ces images.




Bien que João ait publié plusieurs BD au Portugal, une seule d'entre elles semble avoir été adaptée pour le moment en français. Il s'agit de Celle de ma vie, celle de mes rêves, parue en 2008 chez 6 pieds sous terre. Mais... Pourquoi ne l'ai-je point encore acquise ???




(*NDT : Deux timbres et un tampon)

vendredi 30 octobre 2009

Recyclage

-"Décembre 2011 : je ne connais pas le jour exact... Je prends des notes à la hâte pour que personne ne puisse plus dire : "Que sont les hommes devenus ?" de peur de ne bientôt plus pouvoir écrire ou raisonner par moi-même.".

Si j'étais vous, au lieu de lire ce qui suit, je courrais lire Himalaya Vaudou, afin de bénéficier d'un effet de surprise total.

Himalaya Vaudou
par Fred Bernard et Jean-Marc Rochette
Drugstore, 2009


(vous étiez prévenus...)
Comment trois alpinistes amateurs, plus habitués aux plateaux télés qu'aux sommets enneigés, se retrouvent-ils en si mauvaise posture au sommet de l'Himalaya ?
C'est simple : ils cherchent le Père Noël afin d'élucider un mystérieux mal frappant les grands de ce monde. Il suffisait d'y penser !

Voilà pour éclairer, sans trop en dire, ce titre mystérieux.
Je reconnais qu'un trop rapide coup d'œil à cet album (ne permettant heureusement pas de soupçonner où les auteurs veulent en venir) ne m'avait pas initialement donné envie de partir à l'assaut de cette nouvelle de Fred Bernard (aperçu dans Rock Strips), librement adaptée par le Berlinois d'adoption, Jean-Marc Rochette. Il s'agit pourtant de mon coup de cœur pour 2009.


Pour cette première et prometteuse collaboration, libéré de ses obligations pétillonesques, Rochette en profite pour se lâcher. Son apparente facilité (confirmée en "séance de dédicace") à dompter ce pinceau nerveux et rebelle me fait forcément penser au Conrad des années 80. Malgré certaines scènes un peu trop "photographiques" à mon goût (la Rolls) - le style "spontané" qu'il utilise ici est celui que je lui préfère.
Les scènes de montagne sont éclatantes, les couleurs, réalisées informatiquement par le dessinateur, dont la saturation m'avait gênée au premier feuilletage se révèlent au final idéales pour ces ciels d'altitude.
Rochette prend également pas mal de libertés avec la mise en page, distendant l'espace sur des doubles-pages panoramiques adaptées à l'immensité himalayenne, ou le contractant en huit cases par page, quand il s'agit au contraire de rendre la sensation de claustrophobie ressentie par ses personnages.

"Le Héros est un homme solitaire" (Fred Bernard)

La trame de Fred Bernard est également impressionnante : on navigue entre l'aventure, le thriller, le fantastique, la science-fiction, le roman (très) noir et la "fable écologique" (et encore, Mme Totoche m'interdit de parler d'hommage à Tintin au Tibet).
Le mystère alterne avec l'humour (noir ou non) ; la caricature de notre société et le grotesque côtoient le tragique et le pathétique. On rit, on frissonne, on aboutit à une vraie réflexion et on referme le livre abasourdi...

Et que je n'entende personne me dire que c'est trop "intello".

mercredi 14 octobre 2009

Jolis petits cubes

Il était une fois trois filles superbes...

nanouche renoy tintin
Il reste encore quelques réglages à effectuer, mais le billet sur le Joe Bar Team est de nouveau en ligne.
Profitons en pour rappeler que, contrairement à ce que leur succès pourrait faire penser aux jeunes générations, ni Bar2 ni Coyote ne sont les inventeurs de la BD à deux roues.

candice crab's darasse spirouCandice et les Crab's
Darasse/Legrand, in Spirou 2031 à 2056, Dupuis, 1977

En effet, dès 1977 (l'année même où Bar2 commençait à dessiner dans Plein Pot), une certaine Candice était mise en selle dans les pages de Spirou par Christian Darasse et C.J. Legrand dans un unique épisode resté hélas sans suite, Candice et les Crab's. Cette jolie blonde, qui avait déjà fort à faire pour s'imposer dans le monde des motards, ne réussit visiblement pas à faire son trou dans celui, tout aussi macho, des jeunes lecteurs de l'hebdomadaire (précisons qu'à l'époque, il n'y avait pas des trucs de gonzesses comme Les Nombrils dans Spirou, non mais !) !

candice et les crab's darasse legrand spirou
Peut-être s'agissait-il de concurrencer la ravissante Nanouche, pilote de l'écurie Tintin, dans laquelle elle entra en 1976 ?

nanouche 1 festival pour japonaise renoy janeiro
Cette jeune cascadeuse rebelle, à la chevelure auburn, naquit en 1975 de l'imagination du scénariste Janeiro et du dessinateur liégeois Pierre Renoy (pseudonyme de Renwa), dont le trait, hésitant dans les premières pages, évolue rapidement, finissant par rappeler celui de son beau-frère Derib. Par la suite, Renoy (qui avait débuté en encrant chez Mittéï dès l'âge de dix-sept ans), écrira ses propres scénarios. Nanouche connaîtra plus de succès que Candice puisque Le Lombard éditera quatre albums jusqu'en 1983.

nanouche renoy janeiro festival pour une japonaiseNanouche, tome 1 : Festival pour une Japonaise,
Renoy/Janeiro, Lombard, 1981

J'ignore ce qu'est devenu Pierre Renoy depuis (travaille-t-il avec Derib ?), le seul article que j'ai réussi à trouver le concernant étant rédigé sur Wikipédia en... luxembourgeois !

nanouche renoy lombard page gardeNanouche, où es-tu ?

Quant à l'égérie des paddocks, Julie Wood, ses exploits parurent directement en album aux éditions Dargaud, également en 1976, avant que la blonde platine ne décide d'intégrer le team allemand de l'hebdomadaire Super As et les éditions Fleurus. Jean Graton la fera participer en 1982 au rallye Paris-Dakar aux côtés du pilote automobile Michel Vaillant. C'est là qu'elle rencontrera l'homme de sa vie (?), Steve Warson.
Pour la petite histoire, Dany illustrera quelques couvertures de Julie Wood (ainsi que de Michel Vaillant), et un album publicitaire broché de dix pages mettant en scène la piquante motarde sur le circuit du Castellet (et non pas, hélas pour mon calembour, sur celui de Dijon-Prenois) sera édité en 1980 pour le compte d'une célèbre marque d'anisette. Je ne sais pas si elle a sombré dans l'alcool, mais, depuis, la carrière en librairie de Julie Wood semble arrêtée.

julie wood au paul ricard gratonJulie Wood au Paul Ricard,
Graton
, Koralle, 1980


Aujourd'hui, succombant à la loi du marché et à l'insupportable
mode des séries à thème à la Cauvin, les bandes de motards à la sous-Debarre pullulent, se suivant et se ressemblant en vain, sans atteindre (même pour le Sam Speed du pourtant excellent Stéphane Colman), ni la béquille du Joe Bar Team, ni surtout le charme de ces séries d'antan.

julie wood paul ricard graton motoLa moto, un monde de machos ? Noooon ?

Alors moi, Totoche, j'ai décidé de les sortir de cet oubli pour en parler. Et je ne le regrette pas, car ce sont vraiment... de drôles de dames !

yann conrad alix moto raspoutine tiré à part innommablesAh si. Peut-être un peu, quand-même.

******
(addenda du 26/10/09)
Le bonus du jour est offert par notre Papy Boyington à nous qui a retrouvé au grenier (ne serait-ce pas plutôt au garage ?) -non sans émotion- une planche de Drag Story ou les Aventures Piquantes de la Motarde de Dijon signée, non pas -comme ce titre pourrait le laisser supposer- par Charles Degotte ni même Yvan Deporte, mais par un certain Christian Mouly. Elle est datée de 1974, ce qui en fait du coup la doyenne de nos mamies bikeuses !


Christian Mouly, ancien journaliste, caricaturiste, dessinateur et scénariste, notamment à Moto News, (d'où est extraite notre Motarde), ou Midi Olympique n'est pas un inconnu puisqu'il fut couronné à Angoulême en 2002 (si, si !) où il reçut l'Alph'Art de la Communication pour une campagne publicitaire concernant les Poulets Fermiers du Gers, réalisée par l'agence Anapurna qu'il a co-fondé en 1987. Dingue, non ?
Cette motarde ne vous fait-elle pas penser à Sophie, la maman de Litteul Kevin, le petit garnement créé en 1991 par Coyote -qui a comme Mouly- débuté à La Dépêche du Midi ?
Quant au trait de Christian Mouly, il me fait penser au Jacobsen des débuts, quand il signait encore Jakez Bihan, dans Censuré, vers 1985...

mardi 6 octobre 2009

LÎle des Troubadours

Plaisir des yeux.

Troubadour par Guillaume Sorel,

et L'Île des Morts par Michel Crespin !

Je viens de retrouvr ces deux "flyers" au fond d'un carton. Ce petit échange de série entre Crespin et Sorel nous prouve que les publicitaires peuvent quand même avoir de jolies idées, parfois, non ? Cela dit, pas sûr que cette campagne ait fait vendre des palettes d'albums chez Vents d'Ouest...

J'avoue n'avoir jamais lu Troubadour de feu Michel Crespin, prématurément disparu en 2001.
Quant à L'Île des Morts, de Guillaume Sorel et Thomas Mosdi, je n'en suis jamais venu à bout, c'est surtout Mme Totoche qui en est fan et qui me fis d'ailleurs découvrir le peintre symbolique suisse alémanique Arnold Böcklin (expo au Musée d'Orsay en 2001-2002) et sa série de cinq tableaux, peints entre 1880 et 1886, qui inspirèrent cette bande dessinée.

dimanche 4 octobre 2009

L'Évangile selon Mathieu

M-A. Mathieu, Delcourt, 2009

Cela ne me rajeunit pas mais je suis assez fier de me compter, mine de rien, parmi les plus anciens et fidèles lecteurs de Marc-Antoine Mathieu (frère de Gérard), un auteur (également scénographe reconnu) dont le talent et l'intelligence lui permettent de s'adresser aussi bien au grand public habitué aux surpr super-productions Delcourt (qui édite notamment Julius Corentin Acquefacques, Prisonnier des Rêves, un lointain cousin de Little Nemo, fonctionnaire au ministère de l'humour) qu'à l'exigeant et raffiné lectorat élitiste de L'Association (où il a déjà signé trois "Pattes de Mouches").

Gérard Mathieu et Clotaire Legnîdu
in Le Banni n°1 (février/mars 1988)

Ses premiers récits, très noirs et d'ailleurs déjà tout de noir et blanc z'habillés, assez influencés par Tardi, parurent dans les pages de Marcel/Le Banni, deux éphémères magazines lancés dans la deuxième partie des années 80 par Marcel Coucho (Trade Marque), ancien membre illustre de l'écurie Fluide Glacial dont je regrette toujours amèrement le départ. On peut aussi en rapprocher les histoires, bien que plus crades, du dessinateur Kafka, également présent au sommaire du Banni.

L'unique numéro de Marcel,
qui aurait mérité de concurrencer plus longtemps Fluide Glacial

Deux histoires de cette époque, Octobre Noir (Marcel I, 30-33) et Chez Noël (Le Banni I, 19-23), ont été reprises dans l'album L'Ascension et autres récits, où Mathieu abordait déjà la question du divin, dans un récit-titre commandé en 1994 par les éditions Autrement pour le collectif Le Retour de Dieu.Paris-Mâcon, un autre de ces récits complets (Le Banni III, 34-45), réalisé avec son autre frère Jean-Luc sous le pseudonyme commun Mathieux, est également paru en album à l'italienne dans la Collection X de Futuropolis.


Les quatre planches de Monsieur Hamid (Le Banni II, 6-9) dont l'ambiance rappelle cette fois le blues de Louis Joos ou des premiers Loustal, ne furent reprises que dans le tirage de luxe de l'album Le Début de la Fin/La Fin du Début (J.C.A. tome 4)
Quant à N'Entrez pas Dans le Jardin Fermé (Le Banni IV, 50-56), un récit de sept pages au lavis, co-écrit avec Jean-Luc, il reste toujours inédit en album.


Aujourd'hui, bien que paraissant moins pessimistes (?), les récits de Mathieu demeurent assez sombres. Les cauchemars ont fait place à la rêverie et le dessin, s'il ne s'est pas éclairci -il faut voir Mathieu jouer avec les noirs dans Les Sous-sols du Révolu (pp 20-21)-, est devenu plus personnel, tantôt épuré, tantôt surchargé, mais immédiatement reconnaissable et tout à fait adapté aux mondes kafkaïens peuplés de foules anonymes amassées en troupeaux au pied de constructions stalino-schuiteniennes, dépeints par l'auteur : Brazil et Les Cités Obscures ne sont pas loin.


Aucun paradoxe ne résiste aux raisonnements par l'absurde de M.-A. Mathieu qui nous rappelle, un peu comme le faisait le magazine Pilote de la grande époque ou, dans un tout autre genre, Émile Bravo (également passionné par la science), avec Les Épatantes Aventures de Jules, que l'on peut s'amuser à réfléchir !

Ex-libris en 3-D (à déguster pleinement avec les lunettes anaglyphes !)
pour La 2.333e Dimension, Delcourt, 2004.

Il faut absolument au moins lire L'Origine, le premier tome des rêveries de Julius Corentin Acquefacques dont la faille spatio-temporelle (nous n'en révèlerons pas l'astuce ici) que je pris au premier coup d'œil comme un défaut, faillit me faire rapporter le livre à la librairie
!


Ce n'est d'ailleurs peut-être pas un hasard si, comme Émile Bravo dans La Question du Père (la cinquième aventure de Jules, où l'un des protagonistes n'est autre que le Père... Mathieu !), M.-A. Mathieu, qui se définit comme "agnostique pratiquant", aborde lui aussi le thème de la religion dans son dernier ouvrage.
En convoquant Dieu en personne sur Terre et en confrontant ainsi le divin au réel, il exploite peut-être le paradoxe ultime. Que sortira-t-il de cette rencontre entre cette Entité Spirituelle et les Hommes, croyants ou non, qui ne vont pas tarder à lui demander de rendre des comptes ?

Ex-libris pour Mémoire Morte, Delcourt, 2000.

On l'a bien compris, nul besoin d'être passionné de Mathématiques, de Physique ou de Spiritualité pour savourer ces histoires, car en vérité je vous le dis, c'est bien de notre société matérialiste, consumériste, mondialisée, de plus en plus judiciarisée et hyper-médiatisée jusqu'à l'absurde qu'"Il" est censé avoir créée que Mathieu se joue dans Dieu en Personne.
Il serait regrettable que le format (+- 130 pages), le caractère à priori austère (absence de couleurs) et le prix (commandez-le à la bibliothèque si vous ne pouvez pas dépenser les 17,5 € qu'il mérite cependant) fassent rater cet album aux "novices". Une suggestion pour en minimiser le coût, Mr Delcourt : pourquoi ne pas l'avoir imprimé sur... papier-bible ? Arf ! Arf ! Arf ! Hum.
Bref, heureux ceux qui ouvriront là pour la première fois un bouquin de Marc-Antoine Mathieu car n'est-il pas écrit que "les derniers seront les premiers" ?
Allez, amen et bon dimanche, les z'ouailles.


******
Pour en savoir plus :
Tout sur Marc-Antoine Mathieu.
Interview chez Delcourt pour Dieu en Personne.

vendredi 18 septembre 2009

Moi, des trucs comme ça, ça me troue le c...


Non, c'est vrai : terminer un numéro "classé X" sur un article consacré à L'Étroit Mousquetaire (de Jean Trubert et Marijac), je trouve que, franchement, ça dépasse les limites du bon goût.
Pas vous ?

couv' empruntée à BD Gest'

En théorie, quand les journaux de BD se mettent à pondre des "Spécial Sexe", c'est que ça commence à sentir sérieusement le poil de cul roussi pour eux (une exception, tout de même : les Hors-Série Circus, qui étaient tous des "Spécial Sexe" et qui échappaient, bien entendu, à cette règle).

J'espère sincèrement pour les lecteurs de [dBD] que je me mets le doigt dans l'œil.

dimanche 6 septembre 2009

Maillot Jaune !


Il faut parfois à certains auteurs une carrière entière avant d'entrer au Top Daube.
Grâce à ses qualités naturelles, à un travail constant et à un régime équilibré, il n'aura fallu qu'à peine plus d'un an au Plan B(d) pour s'y imposer en tête, et être reconnu par le peloton.


Interrogé à la sortie des vestiaires, coach Totoche a déclaré :
-"Je tiens à remercier toute l'équipe, ma famille, ainsi que mes nombreux supporters, sans qui le team ne se serait jamais hissé à un tel niveau. Mais restons lucides : la compétition est rude, nous tâcherons de faire pire la prochaine fois."

mercredi 26 août 2009

Le Bar à Joe

footy debarre bar2 mascotte football france 1978
Eh bien oui, c'est bien Christian Debarre, alias Bar 2, le créateur du Joe Bar Team qui dessina en 1978 Footy, la mascotte de l'équipe de France de football, qui sera "astérixisé" vingt ans plus tard en Footix à l'occasion de la Coupe du Monde dans l'Hexagone.

footix
Bar 2 régala les motards bédéphiles dans les années 70-80 en dessinant* dans des revues spécialisées comme Plein Pot (où il débuta en 1977), Moto Verte, Moto Crampon, Moto Journal...
(* voir la galerie d'Arnaud)

debarre pernod patrick album publicitaire autres
Comme me l'a rappelé Arnaud, jeune lecteur pifophile et picsouphage ayant récemment rejoint le Totoche Bar Team, Bar 2 travailla longtemps en agence publicitaire où il réalisa notamment des albums promotionnels pour Pernod etMotobécaneavant de connaitre un énorme succès avec son premier album du Joe Bar Team paru tardivement chez Vents d'Ouest en 1990

notez l'autoportrait en case 1

Pour moi qui ne lisait pas la presse-moto, la sortie du Joe Bar Team fut une vraie baffe, tant le mimétisme avec le Franquin des année 70-80 sur Gaston Lagaffe était parfait, aussi bien pour le dessin que pour la construction des gags et l'état d'esprit de la série.
Le fait que Bar2 ait d'ailleurs situé l'action du JBT en 1975 ne manquait pas de m'intriguer et je finis même par me demander si ces gags n'avaient pas vraiment été dessinés à cette date par Franquin lui-même ! Les couleurs, réalisées par le studio Léonardo (coloriste attitré des éditions Dupuis) ne faisaient qu'accentuer mon doute...

joe bar team tome 1 bar2
Malgré ce carton, Debarre (qui, dans mon souvenir, rêvait déjà de monter sa propre écurie de moto) confiera la réalisation des trois albums suivants à un petit jeune qu'il avait côtoyé à l'agence Twin Cam : Stéphane Deteindre alias 'Fane, qui venait alors de dessiner sur un scénario de Pat Perna son premier album, Skud, également paru chez Vents d'Ouest.

fane joe bar team voeux 1994

Debarre illustrera ensuite les illustrations de L'Encyclopédie Imbécile de la Moto, (écrite par Michel Bidault, chroniqueur humoristique à Moto Journal puis rédac'chef du Joe Bar Mag) avant de réaliser trente planches pour le cinquième tome du Joe Bar Team, paru en 2004, soit quatorze ans avant le premier, ce qui en fait certainement l'un des auteurs les moins productifs de l'Histoire des Petits Miquets.

jean manchzeck chris debarre joe bar team 1 rencontre entre Jean Manchzeck et "Chris" Debarre

Arnaud rappelle également qu'un avant avant sa mort, Franquin confiait à Hugues Dayez dans le Duel Tintin-Spirou, que non seulement il connaissait le travail de Debarre, mais que, loin de le considérer comme un vulgaire plagiaire, il appréciait son travail au point de lui avoir même proposé une collaboration (comme il le fit auparavant auparavant avec Luc Warnant).

edouard bracame moto figurine
Alors, le Joe Bar Team de Bar2, une BD réservée aux motards ? Non, je ne pense pas qu'il soit nécessaire de "pisser sur les twins et les cylindres à trous" pour apprécier ce best-seller... Il suffit simplement d'être accro à Franquin !

collection moto joe bar team 1 hachette
collection moto joe bar team hachette figurinescollection moto joe bar team hachette figurines 2
Aujourd'hui, profitant du succès de sa série et de ses nombreux produits dérivés, Debarre peut se consacrer à sa passion mécanique en organisant, avec son frère Hervé, le Joe Bar One, une compétition de vitesse motocycliste où "tout ce qui n'est pas interdit est autorisé" et où des points sont attribués aux looks les plus extravagants et aux umbrella-girls les plus sexy, tout en rêvant de cinéma. En attendant une hypothétique adaptation "live" de sa série sur grand écran, il aurait été approché pour une adaptation du Joe Bar Team en animation 3D, comme on l'apprend dans ce récent reportage.



----
(mise à jour du 15 janvier 2011)


Pour répondre à la question posée par un fidèle lecteur dans les commentaires du billet du 20 août, ce que tient Footy n'est autre que la main de Gauchito, la mascotte du Mundial argentin de 1978 comme le prouve ce document exceptionnel, retrouvé dans le supplément du n°45 de l'hebdomadaire Pistil. 
Par ailleurs, sauf nouvelle erreur de ma part, il semble que Footy n'ait été que la mascotte du magazine éponyme...