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mercredi 1 mai 2013

Certains nems chauds

Le premier épisode du making-of de Lastman -je ne l'ai pas encore lu- découvert sur le blogue d'Appollo m'a bien fait rire. C'est tellement débile qu'on se croirait dans un vrai reportage d'M6, même si la petite Hitomi semble plutôt échappée du porno du samedi de Canal. Enfin, il fallait bien un tel bonnet pour traiter la mammophobie de Bastien Vivès (si l'on en croit la fin de cette interview).
Il y a quatre épisodes, voici le second. Faites tourner.



Puisqu'on est dans le "manga à la française" (à moins que ce ne soit dans la dans la bédé à la japonaise ?) essayez de vous procurer le premier numéro du fanzine Chaud Nem Jump, une parodie de mangas bien déjantée. C'est réalisé par cinq p'tits jeunes super-talentueux : Gwladys Arnoult, Jonghyun Jung-Boix, Mikael Moune, Thomas Rouzière et Antoine Tran. Ça se trouve en festivals sur le stand Cambrousse et ça doit coûter dans les 5 €. Il y a des passages vraiment excellents comme ce combat de curling ou encore ce yo-yo qui tue ! Sûr qu'on ré-entendra parler d'eux.

Chaud Nem Jump #1






Thomas Rouzière

Antoine Tran


Mikael Moune

Gwladys Arnoult

Jonghyun Jung-Boix

***


Sinon, dans la série "Les sosies célèbres de la BD", vous ne trouvez pas que ce Richard Aldana a des faux-airs d'Eugenio Spada, le commissaire de police romain de Gianluigi Gonano et Gianni de Luca ? Je ne sais pas... Quand on gougueulise "Aldana", on a quand-même l'impression que Vivès et sa bande ont eu d'autres sources documentaires. Ah, les mystères de la BD...

samedi 18 février 2012

(Dé)Contes et légendes de l'Orléanais

  
Deadline est un des fanzines que les éditions Cambrousse, basées à Orléans et dirigées par Wuhien et Popcube, présentaient sur leur stand du festival de Saint-Denis-en-Val le week-end dernier.

 Orléans, 
la cathédrale Ste Laurence Croix

 Ce hors-série (format A5, N/B) est déjà paru en juin 2011 et a pour thème les contes. Il réunit aux côtés d'auteurs confirmés comme Stanislas Gros, régional de l'étape, et Lionel Richerand qui signe la splendide couverture, une trentaine d'auteurs plus ou moins débutants dont je reconnais n'avoir jamais entendu parler. Certains ont pourtant déjà été publiés, d'autres viennent de l'animation ou sont encore à l'école. Pratiquement tous, comme Rozenn Bothuon, François Maumont, Luché, Julienn, Vincent Nghiem..., sont visibles sur la blogosphère.

Le Plan B(d) tient à adresser une mention toute spéciale à deux sympathiques, beaux et talentueux p'tits jeunes qui n'en veulent :
- Violaine Briat dont j'ai apprécié l'univers kerasco-miyazakien, à la fois minimaliste et très fouillé (le mieux est d'aller se faire sa propre opinion sur son blogue)


- et Thomas Rouzière dont le style m'a rappelé d'agréables découvertes récemment faites du côté de chez Ankama.



Bien sûr, le gros et vieux collectionneur bourgeois, gavé aux art-books commandés sur internet, pourra regretter qu'un écrin un peu plus luxueux ne mette pas mieux en valeur les travaux de ces jeunes prodiges : il est vrai que, sans demander des agrafes plaquées-or, une couverture un peu plus épaisse et en couleur, un papier un peu plus agréable à feuilleter qui ne se corne pas au premier regard, seraient les bien venus pour continuer à préférer lire sur papier que sur écran ; un exemple peut-être à prendre sur leurs orléanais ainés Tripiers et Samovar, qu'animaient en leur temps Jérôme Bailly, Stanislas Gros et Vain, qui faisaient des merveilles avec des bouts de ficelles.
Tous les liens.
(illustration : Yohan Sacré)

Bref, qu'importe le flacon... Quand on découvre autant de pépites pour 5 euros, il serait mal venu de faire le difficile et d'hésiter à l'acheter.

mardi 2 août 2011

Et les fanzines ?

 Cela fait déjà quelques mois que je suis revenu de la librairie avec dans la besace ces deux beaux petits fanzines, faits à l'ancienne, à la main, avec un peu de papier, une photocopieuse, des agrafes, de l'envie et beaucoup de talent.


Cabot comics est un fanzine tout fou, tout fou-fou, animé -parfois entièrement- par Archibald Parker dont le trait m'a fait penser à Vincent Perriot. Si votre libraire ne fait pas correctement son boulot, vous pouvez le commander directement sur son blogue, il ne coûte qu'une paire d'euros.


Un fanzine carré est un fanzine carré, plus "expérimental". À géométrie fixe donc, mais de taille et de présentation variables. Diffusé en France par Makassar, il est peut-être plus facile à trouver. Il est animé par Yannis Macchia, du collectif genevois Hécatombe et on le reconnait à ses somptueuses couvertures sérigraphiées. Les autres récits sont signés Abstien Gachet, Odo Barrio et Néoine Piffer (les deux dernières sont des filles). Dedans, c'est très noir, étrange et angoissant, mais très beau également.

Oui, on en trouve encore des fanzines, si on se donne la peine de chercher. Mais ce qui m'a le plus étonné, c'est que je les ai trouvés chez le libraire du coin ; pas une librairie de BD, non : chez un libraire "généraliste". Sans doute un qui aime faire son boulot.

(à Thierry Martens)

samedi 6 mars 2010

CNVRAE


Ça sent la fin de l'hiver : dans le neuf-deux, on voit re-fleurir ENVRAC (attaché, en gras et en majuscules) au pied des tours de Nanterre, sur la dalle d'Argenteuil et même sur la pelouse du stade Yves du Manoir, à Colombes.
ENVRAC, ce sont seize pages de poésie écrites, dessinées, imprimées et agrafées à la main par Gilles Rochier.
Ça tient dans la main, et en plus le mien est en couleur, waouh !


Il reste peut-être encore quelques exemplaires du n°23 que l'on peut commander contre une bière ou bien deux timbres, ce qui est plus pratique par la poste (voir modalités sur ENVRAC ).

samedi 27 février 2010

Et moaï, et moaï, et moaï

Rapa Nui est un confetti de terre posé en plein Pacifique, à peu près à mi-chemin entre le Chili, dont l'île dépend politiquement et économiquement, et Tahiti, un peu plus à l'ouest (4000 bornes, tout de même).
En 1862, les ancêtres des insulaires furent déportés en masse par les Péruviens qui les réduisirent en esclavage afin d'exploiter leurs gisements de guano. C'est ainsi que mourut le dernier roi. Les maladies rapportées dans l'île par les rares survivants achevèrent de détruire cette ancienne civilisation.


Aujourd'hui, la population de l'Île de Pâques (car c'était bien elle) est pacifique et largement métissée. Les jeunes se défient en surf dans la baie d'Hanga Roa et sont fiers d'aller à cheval plutôt qu'en 4x4, au prix de toutes façons inabordable. Ils regardent la mer comme tu regardes un puits et s'il n'y a pas d'hiver, cela n'est pas l'été.


Pourtant, le 24 octobre 2009, les Pascuans se prononçaient par référendum à plus de 96 % en faveur d'une réforme de la constitution visant à limiter l'immigration sur leur territoire ; un comble quand on sait qu'au début du XXe siècle encore, une loi leur interdisait l'émigration !


Le but officiel de la manœuvre est d'éviter que l'île aux moaïs, de seulement 162 km2 (soit un triangle de 23 km de base), peuplée d'à peine 5000 habitants mais visitée par dix fois plus de touristes chaque année, ne se transforme petit à petit en Disney-village. Les insulaires n'ont pas oublié qu'une grande partie de leur île avait déjà servi au XIXe de pâturage aux moutons anglais ! On peut donc comprendre qu'il n'ait pas envie de se la faire de nouveau confisquer, que ce soit par les touristes (manne financière néanmoins nécessaire), par les promoteurs immobiliers ou par les nouveaux riches Chiliens !

"Soñando Rapa Nui"

Quoi qu'on en pense, un an avant cette votation, les enseignants de l'école d'Hanga Roa décidaient d'organiser un sympathique "petit débat sur l'identité insulaire" en invitant leurs élèves à peindre l'île de leurs rêves.
On pourrait aussi rêver que nos dirigeants à nous s'inspirent de cette méthode, s'ils tiennent absolument à débattre d'"identité nationale" ! Mais bon, je ne crois pas qu'ils soient assez ouverts d'esprit, ni qu'ils lisent le blogue...

Voici donc, en vrac, tous les dessins (je n'ai pas su faire un choix) que j'ai pu ramener de mon court séjour à Rapa Nui. Bonne visite.





















"(...) la vieille civilisation de l'Île de Pâques est morte entre 1862 et 1870. Depuis cette date, elle n'attendait plus qu'un devoir d'humanité : que la personne et la dignité des descendants des hommes qui ont taillé les grandes statues fussent respectées par les maîtres de l'Île."
Alfred Métreaux, l'Île de Pâques, Gallimard, 1941


Merci à Carlos Ignacio (6 ans ?), Rafale (13 ans), Javier (13 ans), Toki Ariki (12 ans), Alexis (12 ans), Isidora (12 ans), Guillermo (11 ans), Kiva Haoa (5 ans), Fernanda (5 ans), Pua Hine (5 ans), Hinariru (5 à 8 ans), Otouti (14 ans), Orion (13 ans), Celine (13 ans), Jorge (15 ans), Pablo (13 ans), Diego (13 ans), Carolina (13 ans), Sebastian (15 ans), Ka'anny (13 ans), Abraham (11 ans), Emilia (13 ans) et Macarena (14 ans) pour leurs magnifiques dessins.

dimanche 17 janvier 2010

Soline et l'éthique


Une Croisière au Hasard
Josepe
Scutella, 2009


Faisant fi de la surproduction éditoriale, de la crise économique et de l'incompréhension de ses proches, mais forte de son expérience de consultante et de chef de projets dans les métiers de l'image, Soline Scutella décide de fonder sa propre maison d'édition au début de l'année 2009.

Spécialisées dans l'illustration et la bande dessinée pour la jeunesse, les éditions Scutella, basées entre Jarnac et Angoulême, privilégient non seulement les jeunes auteurs du cru qui viennent lui soumettre leurs projets, à la manière de Choco Creed ou de Guy Delcourt au temps des Enfants du Nil, mais également les artisans locaux pour imprimer et relier leurs ouvrages.

Les habitués du site Coconinoworld ne seront donc pas surpris de retrouver au catalogue de Scutella des auteurs comme Rémi Cramet, Adrien Demont, et sutout Josepe, qui publie -à la manière d'Art Spiegelman- ses carnets de voyages intérieurs.


Mille et Une Bêtes
Julie M.
Scutella, 2009


La ménagerie de Julie M., que j'ai découverte au Salon de Montreuil, m'a également fait craquer ; je ne serais pas étonné qu'elle fasse, des petits lecteurs qui la visiteront, de futurs militants pour le WWF ou pour Greenpeace !

Pierre et Lou
Éric Wantiez et Marie Deschamps
Scutella 2009


Pierre et Lou est une histoire d'amour contée par Éric Wantiez et Marie Deschamps -à mille lieues des relations entre garçons et filles décrites dans Tamara Boula, Titeuf, et autres Petit Spirou - que l'on peut également découvrir sur leur blogue.

Je tenais enfin à souligner que cette courageuse éditrice provinciale mettait un point d'honneur à ce que la fabrication de ses livres se fasse de la manière la plus éthique et écologique possible. Espérons que cet exemple fasse tâche d'huile.

Il va de soit que Soline Scutella et quelques-uns de ses poulains seront présents lors du prochain Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême.

dimanche 14 juin 2009

Filière nantaise



Piqué sur le blogue de Mr Wood, ce joli clip réalisé par César Chevalier et Édouard Gibbes pour le troisième album de la sale gosse chanteuse nantaise qui monte, Thérèse (celle qui chante que "Milou le petit chien n'a jamais rien dit à Tintin", que "Titeuf rêve de devenir keuf" et "qu'au village, la Schtroupfette, tout le monde se l'est faite").
Les dessins sont de Clémence Bourdaud, Ivan Portier et Édouard Gibbes.

lundi 27 avril 2009

Les Petits Riens de Bastien Vivès


C'est donc avec "Dans mes yeux" que se clôt la trilogie consacrée à la relation amoureuse, entamée en 2008 par Bastien Vivès avec "Le Goût du Chlore", également publié par KSTR, et poursuivie avec ""La Boucherie", dont la version corrigée vient d'être réimprimée par les éditions Warum.

Les premières pages qui avait momentanément été mises en ligne sur son blog dès novembre 2007 m'avaient déjà conquis.
Moi aussi j'étais captivé par les yeux océaniques de la fille, par ses cheveux de feu, son nez à peine esquissé, ses éphélides masquées par sa trop grande écharpe. J'étais ému par sa fragilité, sa maladresse, sa naïveté, sa légèreté... J'étais également interloqué par les lieux évoqués qui me paraissaient étrangement familiers, comme ces scènes nocturnes à la bibliothèque.


Cette jeune femme fatale un peu paumée dont la beauté fait oublier ses caprices, son lunatisme, sa superficialité et à qui l'on offrirait pourtant des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas, qui finit par nous faire le jeu du "je sais plus où j'en suis mais c'est pas toi, toi t'es très bien", il est probable que vous l'ayez aussi déjà croisée. On sait qu'il faut s'en méfier. Mais bon, comme le cœur a ses raisons que la raison ignore, personne n'est à l'abri... Bastien Vivès non plus. Et lui n'a pas peur de coucher sur papier ses propres souvenirs.



Alors certes, on me rappelle que l'histoire en plans subjectifs, à la "Paris Dernière", ça a déjà été fait au cinéma, dans "La Femme défendue" avec Isabelle Carré par exemple, mais je pense que ce serait une erreur de s'arrêter au côté purement technique de ce livre, justement réalisé avec "trois fois rien" par Bastien Vivès : quelques crayons de couleurs, un stylo Bic ® et des bouts de papiers remontés en gaufrier, pour faire passer des sentiments, ces sentiments, ses sentiments... Déjà, moi je trouve ça hyper balèze. Si.


Plus d'infos sur ce film

Contrairement au film de Philippe Harel, l'auteur-narrateur, qui tient les crayons, reste ici paradoxalement muet. Comme dans Le Goût du Chlore (rappelez-vous la scène de la piscine), on est donc amené à deviner une partie du texte, mais cette fois-ci, tout au long de l'"aventure". On pourrait d'ailleurs imaginer un second volume, cette fois-ci "vu de l'autre côté".
Bien vue aussi, la séquence où interviennent des tierces personnes, et dont les dialogues sont floutés, échappant totalement à notre amoureux pour qui la fille est devenue le centre du monde.


Telle l'infime partie émergée des icebergs visible depuis la surface, à priori anodins, voire superflus, tous ces petits riens, ces silences, ces hésitations nous en disent pourtant long et bien plus que de fastidieux dialogues sur l'état d'esprit de nos deux tourtereaux... ainsi que sur le talent de Vivès pour réussir à les capter et les retranscrire (petite précision : aucune image n'est réalisée d'après photo). Mis bout à bout, ce sont tous ces minimes détails qui donnent le sel à cette "banale" histoire d'amour qui, comme en général, finira...
Non, j'l'ai pas dit.

Certains esprits chagrins trouveront peut-être ce livre un peu moins abouti que "Le Goût du Chlore", surtout s'ils avaient - comme moi - fait de ce dernier un de leurs albums préférés de l'année dernière. Cela peut peut-être s'expliquer par le fait qu'il a tout simplement été réalisé auparavant. Je suggèrerais donc de lire (si possible) "Dans mes yeux" avant "Le Goût du Chlore". On se demande d'ailleurs pourquoi l'éditeur les a publiés dans cet ordre et on peut également regretter que "La Boucherie" ne se retrouve pas dans la même collection (question de format ?).

Fasciné par les dessins de Bastien, je suis du coup allé m'acheter moi aussi une boîte de crayons de couleurs (chez Fabio Lucci). Pour voir.


Hum... Bon, bref... J'ai bien fait de pas y avoir mis plus de deux balles.


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Un petit strip découpé dans le n°25 du magazine promotionnel Castermag', réalisé pour la rubrique Carte Blanche.