samedi 20 septembre 2008

Allo, la boucherie Sanzot ?


Les histoires d'amour finissent mal ... en général.
Pour le coup, celle-là, elle a mal commencé : à peine arrivé sur l'étal, l'album de Bastien Vivès publié chez les jeunes éditions Warum est reparti directement ("sans toucher 20.000") au pilon.


Pas de salmonelles ni de toxine botulique dans le bouquin, non, pas de panique, chères ménagères de moins de cinquante ans : juste deux grosses coquilles dans l'impression, imperceptibles en feuilletant l'objet en librairie : un dessin qui bégaye créant du coup une fin de chapitre imprévue, et une page oubliée (j'avais effectivement tiqué sur "le garçon au téléphone" et "la fille qui pleure dans son lit").
Erreur de jeunesse fatale : les bons à tirer de l'éditeur, c'est pas fait pour les chiens ... C'est le métier qui rentre ! C'est pas chez KSTR (l'autre éditeur de Bastien) que pareille mésaventure serait arrivée, sans blague !!!


A part ça, derrière un titre d'une intrigante banalité et sous une couverture un peu froide, à peine maculée de quelques tâches d'hémoglobine, et dont le minimalisme risquera peut-être de laisser indifférent plus d'un lecteur amateur de BD bling-bling, se cache l'"autopsie", comme le dit le 4e de couv', d'une "banale" histoire d'amour, qui part en vrille. Le titre ne laisse effectivement pas longtemps de doute : cette histoire, va vite tourner au jeu de massacre pour le cœur de nos deux tourtereaux.

"Pour ces moments que l'on pense uniques et qui, j'espère, le sont."

Entamé après une rupture (si j'ai bien tout compris), ce récit alterne des saynettes tantôt posées, tantôt spontanées, alternant scènes d'amour, scènes de ménage et longs silences, introspections profondes et extériorisation de sentiments violents, qui rappelleront néanmoins certainement, s'il le faut, à nombre d'entre nous, les dangers du jeu du hasard et de l'amour (avec qui, rappelons-le, il ne faut jamais badiner).
On se situe quelque part entre le traité sur l'amitié de François Ayroles et les duels sanglants de Florent Ruppert et Jérôme Mulot.

Bastien Vivès, le dessinateur sans-cœur qui aime faire pleurer les meufs.

Loin de la platitude des histoires d'amour à l'eau de rose chères aux ménagères sus-citées, Bastien Vivès, âgé de 24 ans, continue, avec La Boucherie, son exploration du monde extérieur et surtout intérieur des adolescents et jeunes adultes, entamé avec Elle(s) et poursuivi depuis avec Hollywood Jan et Le Goût du Chlore, introduisant dans ce nouveau livre une dose d'humour noir, dont les déceptions sentimentales sont souvent les meilleures inspiratrices (cf Brel ...).

Spécial dédicace à Glorb ;-)
Boyington, celui-ci devrait te plaire, bien qu'il n'y ait pas de n'avion ;-)


Juliette Binoche et Johnny Weissmuller à la piscine Pontoise

Abandonnant pour l'occasion la palette graphique contre le feutre noir et les simples crayons de couleur, sa maturité et son sens de l'observation alliés à ses souvenirs encore frais lui permettent de décrire avec pertinence les sentiments, les phrases, les tics verbaux, les réactions, les silences, bref, tous "ces moments que l'on pense uniques et qui, (il) espère, le sont", qui lui ont inspiré ce livre.
...
Du haut de mon grand âge, j'ai toutefois l'impression qu'on doit être assez nombreux à être passés par ces "moments uniques" à un moment ou à un autre de notre vie ... Enfin, ne le lui répétez pas, respectons l'espoir des jeunes amoureux candides qui se bécotent sur les bancs publics ...

... Bon, je m'aperçois au final que je parle encore d'un bouquin à priori introuvable, puisqu'à l'heure qu'il est, tous les libraires un tant soit peu scrupuleux ont dû le retirer de la vente ...

Mais heureusement, chez Totoche, il y a des plans B ! Il vous suffira donc de cliquer sur La Boucherie, pour découvrir ces tranches de vie, initialement créées en ligne par Bastien Vivès, et vous consoler de vos "grandes amours contrariées" (humour marcinello-niçois).
On notera que la dernière histoire, mettant l'amour en équation mathématique (on pense encore à Ayroles, mais surtout à Goossens) est, bien qu'hilarante, inédite en album.

"(...) - Mais quand même, ce n'est pas triste ces personnes qui ne se remettent en cause que lorsque l'échec est arrivé.
- Oui, mais ils auront vécu durant toute une période sans se douter que l'échec arrivait.... et ne sont-ils pas les gens les plus heureux du monde durant cette période ? Bien plus que celui qui se prépare constamment à un échec éventuel ? (...)"
(extrait de Comme quoi, le blog de Bastien Vivès)

10 commentaires:

Hobopok a dit…

N'ayez pas peur, camarade Totoche. Vous aussi un jour vous rencontrerez l'amour et vous bécoterez sur les bancs publics.

Raymond a dit…

Pour ma part, je viens seulement de découvrir Bastien Vives avec le Goût du Chlore. Nulle doute que je vais me mettre à chercher ses autres albums :-)

Totoche Tannenen a dit…

HPBK --> Je ne suis, hélas, qu'un passant honnête (au regard oblique).

RMND --> J'ai beaucoup apprécié, contrairement à l'ami Li-An (cf son billet) , Hollywood Jan, réalisé à 4 mains avec son compère Michaël Sanlaville chez KSTR, plus que l'aguichant Elle(s)"

Boyington a dit…

Amusant, Totoche ta réflexion: je viens juste de me remettre à la natation, et j'ai les mêmes lunettes que Binoche... Une vraie merde, t'as plus d'eau dedans que dehors, lol. J'm'en vais rapidos acheter du mieux. (Ah ça vaut pas les bonnes vieilles paires de l'USAF en 43, tiens!) V'là ce qu'y arrive avec toutes les contrefaçons aujourd'hui. Bon sinon, Weissmuller je le voyais plus musclé. Et Vives je vais vivement m'y intéresser. Comme Raymond, bien que lui ne le soit plus, je suis ignorant de sa production.

Totoche Tannenen a dit…

Tu es sûr que tu n'as pas confondu avec tes lunettes d'aviateur ?

Li-An a dit…

Il faut toujours choisir de bonnes lunettes.

Totoche Tannenen a dit…

Il y a une contrepèterie ?

Boyington a dit…

Ben j'avais choisi des Dunlop à Décat. quand même. Excusez du pneu. Par contre c'était peut-être la taille ado, faut voir (avec des bonnes lunettes) Pt'être qu'avec des Goodyear ou des Bridgestone je serais plus étanche. Les Dunlop je les essayerai à nouveau mais en épluchant des oignons, comme ça j'aurai pas tout perdu.

Mais qu'est-ce que je raconte encore?! C'est un blog sérieux ici, m'enfin, mille sabords, houba!

Totoche Tannenen a dit…

A fond la forme, à ce que je vois, Papy !

Glorb a dit…

Je ne connais toujours pas Bastien Vivès excepté par son blog, et les articles que vous avez pu écrire dessus mais ça a l'air d'être, à vous entendre, l'auteur de l'année. Les extraits de sa boucherie sont bien sympathiques et donnent envie d'en lire plus et ça c'est chouette. C'est vrai qu'il y a un côté Ruper et Mulot, ce qui n'est pas désagréable. :)

oh, et pardon de recentrer le débat hein.