mercredi 10 septembre 2008

Les libellules du Marais


Si vous n'aviez pas vu l'exposition proposée par les Galeries Lafayette en 2005, il ne vous reste plus que quelques jours pour saisir votre seconde chance et aller visiter celle consacrée par le
musée Carnavalet, (situé dans le quartier du Marais à Paris) à Edmond Kirazian, dit Kiraz.
Certes, cette petite exposition est assez superficielle et, hormis un panneau biographique à l'entrée, on n'y apprendra plus grand chose sur Kiraz par la suite, si ce n'est à travers ses dessins. Quant à la vidéo projetée dans la dernière salle, son intéret est plus que limité (seul l'interview de Christian Lacroix a retenu mon attention). Reste le plaisir de (re) découvrir avec le sourire ces dessins.


Ce dessinateur d'origine arménienne dont les petites nanas sont connues par tous ceux qui ont un jour transité par une salle d'attente de médecin, dentiste ou coiffeur, est né en 1923 au Caire où il grandit et publie, influencé par le dessinateur britannique (né en Nouvelle Zélande) David Low, ses premiers dessins politiques dès l'âge de 17 (19 ?) ans dans la presse autochtones où il côtoie Anouar El-Sadate.

David Low, Evening Standard, 1938

Hitler : "Quoi ? La sortie est aussi payante ?"

Kiraz, Al Mussawar ? Al Itnein ? , 1943

C'est en 1946 qu'il découvre Paris et ses jolies "libellules" en talons-aiguilles dont il épie les conversations futiles aux terrasses des cafés, et c'est là qu' il continuera, dans les années cinquante, à publier ses dessins dans diverses publications comme La Bataille, France-Dimanche ou Ici Paris où il réalisera ses Carnets de Belles.


Embauché par Marcel Dassault en 1959, il crée à sa demande Les Parisiennes pour Jours de France qu'il ne quittera qu'en 1987 après la mort de celui-ci. Entre temps, il aura réalisé près de 25000 dessins. C'est le passage à la couleur en 1964 qui lui permet d'éclater avec sa maîtrise parfaite de la "simple" gouache, égayant ses personnages et illuminant ses décors. En 1995, ses Parisiennes rempileront pour l'hebdomadaire Gala.


Il est également contacté dès 1970 par Hugh Hefner afin d' illustrer le magazine Playboy, ce qui lui permet de pratiquer un humour un peu plus "osé", sans néanmoins jamais tomber dans la vulgarité.


Kiraz
s'étonne que ses jeunes Parisiennes, bien qu'éternelles victimes de la mode, soient toujours d'actualité trente-cinq ans après leur création et continuent à intéresser les publicitaires (de Perrier à Canderel en passant par Nivea, Parker, Renault, Scandale ...). Seraient-elles intemporelles ? Leurs interminables jambes, leur taille de guêpe, leurs yeux de biche, leur petit museau félin n'y sont évidemment pas pour rien ...

Aériennes, vaporeuses, superficielles, instables, infidèles, volages, séductrices, manipulatrices, naïves, énervantes, insupportables, anti-romantiques, chiantes, casse-couilles, mi-anges, mi-démons, (en un mot, blondes bien avant l'heure), pratiquant de surcroît un humour digne de l'almanach Vermot, je me dis à chaque fois que je ne me ferai plus avoir par ce genre de chipies ... Et pourtant, voilà qu' elles me mènent une fois de plus par le bout du nez ...

Et encore un billet sans parler de forte poitrine, je m'améliore ...

Un type a écrit ici un bien meilleur billet, faisant notamment un intéressant parallèle entre les légendes baclées de Kiraz et celles, négligées par Honoré Daumier dans ses lithographies.

10 commentaires:

Li-An a dit…

La Kiraz girl ne me fait aucun effet. J'ai découvert avec stupéfaction qu'il y a des fans (Cartonnretro par exemple) mais pour moi c'est vraiment une coquille vide et du coup je ne suis pas allé voir l'expo (qui m'aurait peut être fait changer d'avis...).

Totoche a dit…

On parle beaucoup de coquilles ces temps-ci ...
Bien sûr que c'est "superficiel", mais de temps en temps j'aime bien m'aérer la tête avec des "futilités", (hollandaises ou non ;-)
La qualité est de toutes façons au rendez-vous.
Je ne suis pas fan non plus mais je suis toujours épaté par le talent de ces artistes qui utilisent des techniques à priori simplissimes : en l'occurence la gouache, à peu de choses près la même avec laquelle je devais saloper mes cahier de dessins à la maternelle (ou au C.P, je ne me souviens plus très bien ...)
J'aime bien en particulier quand il lui arrive de traiter des reflets.
Il a quand même inventé un style et semble avoir été, à un moment, en avance sur son époque, ses Parisiennes étant plus libérées que les vraies ...
Il est quand même d'une autre époque : toutes les Parisiennes sans exceptions (et quelques New-yorkaises :-) ) que j'ai vues à l'expo sont de phénotype "blanc" ...

vasco a dit…

On a compris Li-An tu préfères les rondes !
Je ne te jetterai pas la pierre : si Kiraz avait été plus généreux je ne dis pas qu'il ne me plairait pas plus car en couleur il y a parfois d belles ambiances.
Par contre son humour est aussi rachitique que ses filles.

Hobopok a dit…

Mais c’est la foire à l'asperge et à la moule dans la bande à Totoche !

Une petite merguez là-dessus, et tout sera oublié.

david t a dit…

qu'est-ce qu'elle fait au juste, cette fille, avec un S entre les jambes?

Totoche Tannenen a dit…

Dans la vidéo, ils expliquent qu'ils ont super réfléchi (je ne sais pas comment on dit brain-storming au pays des têtes à claques) pour aboutir à cette savante mise en page ...
Parce qu'il parait les Parisiens sont trop cons pour arriver à la fois à voir l'affiche et lire ce qu'il y a écrit dessus.
Apparemment il semble qu'il y ait quelqu'un qui soit payé pour faire ça.

Itomi Bhaa a dit…

Waou, je trouve que les filles de Kiraz sont trop classe. Un petit coté fille à papa et superficielle, mais cette légèreté est voulue.

Li-An a dit…

Ah non, rondes ou maigres, je n'ai rien contre. Elles ont juste une tête d'idiotes congénitales. Et quand on lit ce qu'elles disent on est un peu conforté dans l'idée. Un humour machiste qui se cache derrière un vrai talent de coloriste.

Totoche Tannenen a dit…

Et pourtant, elles ont eu un succès populaire aussi bien dans la presse masculine que féminine. Combien de fois ai-je été abasourdi par des remarques bassement machistes, sexistes, de la part de collègues de travail ... du sexe féminin, (quelque soit leur "niveau social") !

Vous n'avez pas honte de vous attaquer ainsi à un vieil Arménien sans défense ?
Je vais prévenir la LICRA, le MRAP et SOS Racisme si vous continuez, surtout toi Hobopok, avec tes caricatures racistes et pornographiques ! :-)
Au fait, tu as postulé pour un poste à Siné Hebdo ?

Raymond a dit…

Intéressant, bien que je n'aie jamais vraiment apprécié Kiraz. La dernière fois que j'ai vu un de ses dessins, c'était effectivement dans un salon de coiffure. Il y a bien longtemps !
Depuis que je suis adulte, j'ai choisi un bien meilleur coiffeur. Il est abonné à Fluide Glacial :-)
Et puis voilà qu'en revoyant ces insignifiantes parisiennes, il y a toute une époque qui resurgit, celle des bêtes années 60 ! Mais ce n'est pas la première fois que je me fais avoir par un dessin.