mercredi 24 octobre 2012

Stripovi : la BD acerbe


 Quelques images de Stripovi, le festival de bande dessinée croate organisé à Paris à la Rotonde de la place Stalingrad, les 28, 29 et 30 septembre derniers.

Affiche de Bruno Tol

Déjà un bon point : il y a une salle Hugo Pratt !

 Les travaux des jeunes auteurs underground étaient présentés au rez-de-chaussée, dans la librairie improvisée :

Dunja Jancovic
(notez l'efficacité de la chute à la dernière case)

Miro Župa
(on reste scotché par la qualité des dialogues)
 
Ivana Armanini
(un certain sens du découpage)

Igor Hofbauer
(le flou n'est pas voulu, mais comme le buffet
proposait une petite sélection de crus locaux
et qu'il était difficile de choisir entre le blanc et le rouge,
sans compter qu'il ne fallait pas risquer de vexer monsieur l'ambassadeur,
mais je m'égare)

Pendant ce temps, à l’étage où une fresque était réalisée en direct, une passionnante rétrospective de la bande dessinée locale, commissariée par le directeur du festival, Slaven Goricki, permettait de découvrir les splendides planches d'auteurs insoupçonnés. Une large sélection est présentée ci-dessous, dans un ordre plus ou moins chronologique :


Sans ça, j'aurais pas osé la faire...

Zarko Beker

Ivica Bednjanec

Borivoj Dovnikovic

?

Frano Gotovac (1928-1991)

Zeljko Lordanic

?

Mirko Ilic

Nedjeljko Dragic

Boro Pavlovic

Danijel Zezelj


 Jean-Pierre Dionnet soulignait lors d'un débat qu'à l'instar de Noel Sickles ou de Moebius, Danijel Zezelj était un des rares à dessiner dans un format plus petit que celui de parution, au risque d'agrandir la moindre faute de dessin. Dionnet reconnaissait aussi indirectement que le dessinateur, émigré aux USA, était parfois assez hermétique, lui-même ayant eu du mal à comprendre l'interprétation que Zezelj avait donné de la fin de son histoire !


Couverture de Industriel

Goran Parlov

Dubravko Matakovic

Kresimir Zimonic

Dalibor Talajic

Goran Sudzuka

Nikola Listes

?

Tonci Zonjic

Igor Kordej

Tihomir Tikulin Tico

Frano Petrusa
 Frano Petrusa est né en 1977 à Zagreb. C'est son père qui lui file le virus de la BD en lui faisant découvrir les BD franco-belges que l'on trouvait alors, traduites et imprimées en noir et blanc. Mais c'est sa grand-mère -qui l'a élevé à Mostar (actuelle Bosnie-Herzégovine)-, qui lui donnera l'envie d'en faire... en l'empêchant d'en lire ! L'anatomie, il ne l'apprend pas à l'académie des arts mais... sur les terrains de basket (sujet de sa première BD parue chez Dargaud). Il adore Franquin, Morris, Moebius mais son dessinateur préféré pourrait bien être... Walthéry ! Cela pourrait suffire à en faire une des coqueluches du Plan B(d) !
J'ai flashé sur ses crayonnés pour Meilleurs vœux de Mostar que l'on peut encore heureusement deviner par endroits sur les pages définitives de l'album.

http://bdi.dlpdomain.com/album/9782205069396-couv-I400x523.jpg

Igor Hofbauer
 Un autre auteur que l'on devrait retrouver prochainement, c'est Igor Hofbauer qui s'est fait connaitre avec ses pochettes de disques et ses affiches rock et dont le premier livre en français devrait être bientôt publié par Menu à L'Apocalypse. En attendant, on peut essayer de se procurer le superbe Prison stories (cf infra) en bichromie et en anglais, chez l'éditeur croate Otom Potom.


Pas de catalogue, hélas. Heureusement, Turbo comix a édité en 2009 Stripovi, un intéressant panorama de la bande dessinée indépendante et contemporaine en Serbie et en Croatie. En ayant pu discuter avec certains d'entre eux, je me demande si le plus difficile pour ces auteurs ne va pas être de se faire connaitre... dans leur propre pays !

http://www.turbocomix.eu/blog/public/.couverture_m.jpg

4 commentaires:

Li-An a dit…

J'avoue que le concept de "BD live" me paraît un peu grotesque - on ne demande pas à un écrivain, un metteur en scène ou un peintre de faire des happenings pour montrer la vitalité des genres. En fait, on l'a fait et ça paraît maintenant très daté. Mais bon, la BD est un art jeune...

Sinon, merci pour l'aperçu des planches. Certaines m'ont accroché l'oeil et en même temps, on reste dans une espèce de mainstream franco/belge/indé. Il y avait un artiste qui te semblait sortir du lot ?

Totoche Tannenen a dit…

J'ai juste pu assister à la réalisation en direct d'un tableau par Zezelj sur de la musique live (si j'ai bien compris, sa femme joue du saxo). Heureusement, je m'étais muni de boules Quies.

Côté influences, on voit que pas mal regardent aussi du côté des étasuniens : Clowes, Mignola, Toth...

J'ai surtout été impressionné par les classiques anciens que je ne connaissais pas du tout.

Je tâcherai de suivre en particulier les travaux futurs de Frano Petrusa et d'Igor Hofbauer (dont le dessin m'a beaucoup fait penser à Conrad Botes).


Julien a dit…

Ce Miro Zupa est le fils-frère spirituel du liègeois Phil!!!Avec un nuage de Toma Blettner,Yassine & Devos ou Matthis...Bien sûr,il y a des influences.Mais l'agilité,l'enthousiasme qui se dégage de ce reportage-photo révèlent des anciens,nouveaux talents véritables...Quant à Zezelj(J'en suis mordu),sa démarche est peut être plus proche des fresques de Frank Pé?
J'en profite pour étaler trés vulgairement ma Kultur:Non,Simenon n'a jamais écrit dans sa cage de verre.Mais oui,l'idée était bien envisagée et avancée.(La dédicace,c'est déjà du Happening?)

Totoche Tannenen a dit…

Je confirme : ce n'est pas Georges Simenon mais bien Thierry Martens qui a écrit Comme un animal en cage.