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mercredi 3 juin 2009
Et le gagnant est...
Réponse :
"Bisous de l'Île Maurice"
(Bizu - Delisle - Morris)
Bravo au jeune Hobopok qui gagne le droit de venir goûter le rhum arrangé à la case dès qu'il aura fini de macérer (le rhum, pas Hobopok). Parce que bon, le rhum mauricien, hein...
Comment ça, "c'était arrangé" (le quizz, pas le rhum) ?
Pas du tout.
Tant pis pour vous, z'aviez qu'à pas bâiller comme des moules devant La Nouvelle Star !
Et puis la chanson d'Amandine, excusez-moi, hein, mais ça m'a tout l'air d'être une grosse daube...
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vendredi 22 mai 2009
Karla et les townships
Cédant à la pression internationale, je rajoute donc une brève note sur le livre de la charmante et talentueuse Karlien de Villiers,"Ma mère était une très belle femme".

Or donc, c'est en 2007, dans une librairie berlinoise que je découvris avec stupéfaction « Meine Mutter war eine schöne Frau », le livre d'une certaine Karlien de Villiers, Sud-Africaine bien connue des habitués du festival Cyclone BD, née en 1975 au Cap où cette jeune maman vit actuellement, y enseignant les Beaux-Arts à l'université de Stellenbosch.
En effet, comment les allemands, soit disant attardés en matière de BD, pouvait-il avoir publié dès 2006 un album de Bande Dessinée aussi fort avant nous autres Français, officiellement à la pointe du Neuvième Art en Europe ? Une rapide recherche m'apprit que c'était suite à une rencontre avec la dessinatrice suisse Anna Sommer que les éditions zurichoises Arrache Cœur prirent l'initiative d'éditer ce livre.
Devant la qualité de l'ouvrage, et vu mes restes en allemand, je décidai donc immédiatement de ne pas l'acheter misant sur une traduction prochaine outre-Rhin. (Le fameux théorème de Totoche (19..- 20..) veut effectivement que toute BD achetée en V. O soit systématiquement traduite en français dans le trimestre suivant. On cite souvent l'exemple de l'Éternaute des Argentins Solano Lopez et Œsterheld, datant de 1957, chiné en 2008 à Santiago du Chili, et somptueusement adapté chez nous le mois suivant par Vertige Graphic, mais je m'égare.)
Pari gagné puisque je fis l'acquisition de l'album de Karlien en 2008 à Angoulême sur le stand des éditions Ça et Là du Buxangeorgien Serge Ewenczyk... avant de le laisser dormir plus d'un an dans la bibliothèque.
Bien que Mme Totoche (qui a toujours bon goût), plus littéraire, l'ait dévoré en moins de deux, le bon vieil amateur de BD franco-belge que je suis dut s'y reprendre à trois ou quatre reprises avant d'y venir à bout. Fin, délicat, émouvant, "Ma mère était une très belle femme" se mérite. Mais sans gros nez, gag de fin de page, ni guerrière en string, pffff, pas étonnant que j'en aie bavé pour apprécier toute sa richesse.
De retour dans sa ville natale en l'an 2000, Karla (!), cadette d'une modeste famille afrikaner de deux enfants, se retourne sur son passé, essayant de faire le deuil de sa mère, emportée par un cancer du poumon en 1987. Elle se remémore la lente désagrégation de sa famille -ses parents ayant divorcé en 1982, ce qui était très mal vu à l'époque - mais également du régime de l'apartheid ainsi que de ses propres convictions politiques, idéologiques, religieuses, culturelles... Comment remettre en question ce que vous inculquent les enseignants et les médias quand son papa est concepteur d'engins militaires pour la Suid Afrikaanse Weermag et quand sa maman râle contre les coloured qui osent venir braver les blancs sur leurs plages réservées ou brûle les disques de Boney M ou d'ABBA pour préserver l'esprit de ses enfants ? Tout y sera balayé : sa mère et son pays "d'avant" donc, mais aussi son père, sa belle-mère, sa sœur, son petit ami. Karlien a même dû changé les noms de ses personnages pour éviter tout incident "diplomatique" ! La dernière case nous donnera peut-être une piste pour savoir comment Karla arrivera à se sortir, mais certainement pas indemne, de tous ces bouleversements.

Le contraste entre ces dessins "naïfs" et la gravité des évènements relatés rapproche plus ce livre du Persepolis de Marjane Satrapi que des histoires courtes, nettement plus trash, de la revue Bitterkomix dans laquelle on retrouve pourtant parfois la patte féminine de Karlien aux côtés de celles de ses compatriotes Joe Dog, Conrad Botes, Joe Daly ou bien encore Lorcan White (les big five). Avec douceur, sans la provocation de ses confrères, elle relate elle aussi, à sa manière, de la souffrance morale que l'apartheid a pu engendrer chez certains Afrikaners.

Bien que relatant habilement les drames vu par des yeux d'enfants, je trouve néanmoins que ces dessins n'ont tout de même pas la puissance des fantastiques toiles expressionnistes de Karlien de Villiers, dans lesquelles on devine, chez cette ancienne élève d'Anton Kannenmeyer (alias Joe Dog), l'influence des peintures murales africaines populaires, des masques africains, des illustrations de Conrad Botes, ou peut-être même de Loustal, et que j'aurai bien aimé retrouver, intégrées dans l'album.
Les allusions aux évènements politiques et historiques sont délicatement distillées et seront appréciées par ses rares compatriotes (la BD en général étant quasi-inexistante en Afrique du Sud, et le livre n'y est à ma connaissance toujours pas édité) qui liront cette histoire, mais peut-être un peu "justes" pour le lecteur étranger de base comme moi.
C'est sûr, on n'est pas dans un Oncle Paul et ce ne sont pas les deux petites pages consacrées aux cartes et au glossaire en fin d'album qui nous en apprendront beaucoup plus sur l'histoire mouvementée du pays. Le but de Karlien de Villliers n'était certes pas de faire un manuel d'Histoire ni une BD historique à la Zoulouland, mais je fus tout de même étonné que le nom de Nelson Mandela n'y soit évoqué qu'une seule fois, (et encore, par la bouche de Bruce Springsteen !) le long de ces quatre-vingt-seize pages.

Voilà, donc, les deux petits mots promis pour cette bande dessinée dont même La Crainte a réussi a dire plus de bien que moi, c'est dire. Bien évidemment, on ne saurait tenir compte de mon avis pour découvrir sans délai cette BD à l'étrange goût salé de billtong, friandise typique de la nation Arc-en-Ciel !
À voir également : deux video-interviews de Karlien de Villiers sur le site de France 24.

Or donc, c'est en 2007, dans une librairie berlinoise que je découvris avec stupéfaction « Meine Mutter war eine schöne Frau », le livre d'une certaine Karlien de Villiers, Sud-Africaine bien connue des habitués du festival Cyclone BD, née en 1975 au Cap où cette jeune maman vit actuellement, y enseignant les Beaux-Arts à l'université de Stellenbosch.
En effet, comment les allemands, soit disant attardés en matière de BD, pouvait-il avoir publié dès 2006 un album de Bande Dessinée aussi fort avant nous autres Français, officiellement à la pointe du Neuvième Art en Europe ? Une rapide recherche m'apprit que c'était suite à une rencontre avec la dessinatrice suisse Anna Sommer que les éditions zurichoises Arrache Cœur prirent l'initiative d'éditer ce livre.
Devant la qualité de l'ouvrage, et vu mes restes en allemand, je décidai donc immédiatement de ne pas l'acheter misant sur une traduction prochaine outre-Rhin. (Le fameux théorème de Totoche (19..- 20..) veut effectivement que toute BD achetée en V. O soit systématiquement traduite en français dans le trimestre suivant. On cite souvent l'exemple de l'Éternaute des Argentins Solano Lopez et Œsterheld, datant de 1957, chiné en 2008 à Santiago du Chili, et somptueusement adapté chez nous le mois suivant par Vertige Graphic, mais je m'égare.)
Pari gagné puisque je fis l'acquisition de l'album de Karlien en 2008 à Angoulême sur le stand des éditions Ça et Là du Buxangeorgien Serge Ewenczyk... avant de le laisser dormir plus d'un an dans la bibliothèque.
Bien que Mme Totoche (qui a toujours bon goût), plus littéraire, l'ait dévoré en moins de deux, le bon vieil amateur de BD franco-belge que je suis dut s'y reprendre à trois ou quatre reprises avant d'y venir à bout. Fin, délicat, émouvant, "Ma mère était une très belle femme" se mérite. Mais sans gros nez, gag de fin de page, ni guerrière en string, pffff, pas étonnant que j'en aie bavé pour apprécier toute sa richesse.
De retour dans sa ville natale en l'an 2000, Karla (!), cadette d'une modeste famille afrikaner de deux enfants, se retourne sur son passé, essayant de faire le deuil de sa mère, emportée par un cancer du poumon en 1987. Elle se remémore la lente désagrégation de sa famille -ses parents ayant divorcé en 1982, ce qui était très mal vu à l'époque - mais également du régime de l'apartheid ainsi que de ses propres convictions politiques, idéologiques, religieuses, culturelles... Comment remettre en question ce que vous inculquent les enseignants et les médias quand son papa est concepteur d'engins militaires pour la Suid Afrikaanse Weermag et quand sa maman râle contre les coloured qui osent venir braver les blancs sur leurs plages réservées ou brûle les disques de Boney M ou d'ABBA pour préserver l'esprit de ses enfants ? Tout y sera balayé : sa mère et son pays "d'avant" donc, mais aussi son père, sa belle-mère, sa sœur, son petit ami. Karlien a même dû changé les noms de ses personnages pour éviter tout incident "diplomatique" ! La dernière case nous donnera peut-être une piste pour savoir comment Karla arrivera à se sortir, mais certainement pas indemne, de tous ces bouleversements.

Le contraste entre ces dessins "naïfs" et la gravité des évènements relatés rapproche plus ce livre du Persepolis de Marjane Satrapi que des histoires courtes, nettement plus trash, de la revue Bitterkomix dans laquelle on retrouve pourtant parfois la patte féminine de Karlien aux côtés de celles de ses compatriotes Joe Dog, Conrad Botes, Joe Daly ou bien encore Lorcan White (les big five). Avec douceur, sans la provocation de ses confrères, elle relate elle aussi, à sa manière, de la souffrance morale que l'apartheid a pu engendrer chez certains Afrikaners.

Bien que relatant habilement les drames vu par des yeux d'enfants, je trouve néanmoins que ces dessins n'ont tout de même pas la puissance des fantastiques toiles expressionnistes de Karlien de Villiers, dans lesquelles on devine, chez cette ancienne élève d'Anton Kannenmeyer (alias Joe Dog), l'influence des peintures murales africaines populaires, des masques africains, des illustrations de Conrad Botes, ou peut-être même de Loustal, et que j'aurai bien aimé retrouver, intégrées dans l'album.
C'est sûr, on n'est pas dans un Oncle Paul et ce ne sont pas les deux petites pages consacrées aux cartes et au glossaire en fin d'album qui nous en apprendront beaucoup plus sur l'histoire mouvementée du pays. Le but de Karlien de Villliers n'était certes pas de faire un manuel d'Histoire ni une BD historique à la Zoulouland, mais je fus tout de même étonné que le nom de Nelson Mandela n'y soit évoqué qu'une seule fois, (et encore, par la bouche de Bruce Springsteen !) le long de ces quatre-vingt-seize pages.
Finalemement, "Ma mère était une très belle femme" se termine trop vite, alors que je commençais tout juste à m'intéresser à cette famille désunie, et avant l'élection de "Madiba" (oui, oui, je sais, c'était justement le piège dans lequel il ne fallait pas tomber...).

Voilà, donc, les deux petits mots promis pour cette bande dessinée dont même La Crainte a réussi a dire plus de bien que moi, c'est dire. Bien évidemment, on ne saurait tenir compte de mon avis pour découvrir sans délai cette BD à l'étrange goût salé de billtong, friandise typique de la nation Arc-en-Ciel !
À voir également : deux video-interviews de Karlien de Villiers sur le site de France 24.
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lundi 18 mai 2009
Mon beauf est un très bel homme...








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