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mardi 14 février 2012

Épicerie fine


Déjà organisatrice des Rencontres de la BD curieuse et éditrice de Mastadar, une collection de bandes dessinées étranges et bicéphales, la bouillonnante association nantaise Vide-Cocagne, fondée par Thierry Bedouet et Fabien Grolleau, a discrètement ouvert son Alimentation générale l'été dernier.


Le lecteur gourmet trouvera dans cette revue (peut-on encore parler de fanzine à un tel niveau de perfection ?), tenue de main de maître par Terreur Graphique et dont le second numéro vient de sortir, les meilleurs produits actuellement disponibles sur le marché. La plupart, comme Borris Mirror, Max de Radiguès, Guillaume Guerse, Jules & Tom, Nicoby, Gilles Rochier... viennent du terroir mais le talentueux -et finalement pas si terrifiant- gérant n'a pas oublié les amateurs de parfums exotiques qui se régaleront au rayon "cuisine du monde" avec les excellents Box Brown et Chuck Forsman.
Bref, plus qu'une alimentation générale, c'est une véritable épicerie fine que Vide-Cocagne nous offre là.


Alors, M. Totoche, cette Alimentation générale ?

Arf !

lundi 23 janvier 2012

Petit meurtre entre amis.



 Je n'avais pas osé parler plus tôt de Ta mère la pute pour ne pas risquer de lui nuire (on sait jamais : si y'a quelqu'un qui lit...), mais maintenant qu'il a été sélectionné à Angoulême, on doit pouvoir y aller.

Nouvelle sortie dans la tendre banlieue et les souvenirs de Gilles Rochier donc, cette fois à Montmorency, dans la France des années 80, celle de Fabius, de Platini et des blousons noirs (on ne parlait pas encore de racaille). Comme dans n'importe quelle autre cité, les gamins jouent, se font des films, se jaugent, s'insultent, se castagnent, admirent tout en les craignant les grands. Le chômage rôde, la tension monte : ce n'est plus La Guerre des Boutons, mais ce n'est pas encore Le Gang des Barbares...

Bon, la "cité", j'y habitais pas, mais je me souviens du frisson quand il fallait la traverser, tel un gué, tous les jours pour rentrer du collège, avec la crainte de s'y faire piquer le bicloune ou casser la gueule si on défendait son petit frère. Voire les deux. Les mecs t'attendaient à plusieurs au cas où tu arrivais à te défendre ; le couteau servait seulement à dissuader les copains de venir t'aider. Normalement.

Voilà une lecture qui aura permis à tous ces magiques petits moments de l'enfance de se décoller du fond et revenir à la surface... Et sans avoir à me taper l'intégrale des Petits Hommes, les albums du Scrameustache, ni une énième fois les recueils Spirou. C'est déjà pas mal.

Bonne chance, Gilles.

mardi 14 septembre 2010

Especially 4U

Jade 320 U-Le Regard des Autres
collectif
Six Pieds Sous Terre
été 2010

Au lieu de pleurer sur la disparition des fanzines, on ferait mieux d'acheter ceux qui paraissent encore, tant qu'il est temps.

Jade, qui avait eu l'honneur de publier Cloaques à l'époque où il était vendu en kiosques, fait ainsi partie de ces rares survivants. Le magazine/fanzine/prozine (biffer la mention inutile) des éditions Six Pieds Sous Terre en est à son quarante-sixième numéro, à sa troisième version depuis 1991. C'est désormais en librairies spécialisées, sous la forme d'ouvrages collectifs brochés, mystérieusement numérotés et prudemment intégrés dans la collection 16/22 Lépidoptère que l'on trouve le magazine des éditions Six Pieds Sous Terre.


Les anciens se souviennent avec émotion qu'à la période de l'âge d'or de ces fanzines, il y avait d'un côté les découvreurs de jeunes talents et de l'autre les analystes du neuvième art ; rares étaient ceux qui arrivaient à concilier les deux. Afin de réunir les deux lectorats, c'est en bandes dessinées que les auteurs de Jade ont quant à eux choisi de s'amuser à réfléchir sur leur art.


Ainsi, si dans les neuf précédentes livraisons tout ce petit monde passaient son temps à se regarder leur nombril, pour ce dixième opus (320 U) Pascal Jousselin, Boris Mirroir, James Ottoprod, Terreur Graphique, Isaac Wens (et les autres) ont cette fois-ci décidé de prendre du recul en demandant à leurs proches... de le faire à leur place ! Qu'on se rassure, la formule est toujours aussi efficace : on réfléchit un peu, mais surtout on rigole bien.



Et comme on y trouve également un entretien avec Gilles Rochier et que ça ne coûte que sept z'euros, pourquoi encore hésiter ? Hmm ?

samedi 6 mars 2010

CNVRAE


Ça sent la fin de l'hiver : dans le neuf-deux, on voit re-fleurir ENVRAC (attaché, en gras et en majuscules) au pied des tours de Nanterre, sur la dalle d'Argenteuil et même sur la pelouse du stade Yves du Manoir, à Colombes.
ENVRAC, ce sont seize pages de poésie écrites, dessinées, imprimées et agrafées à la main par Gilles Rochier.
Ça tient dans la main, et en plus le mien est en couleur, waouh !


Il reste peut-être encore quelques exemplaires du n°23 que l'on peut commander contre une bière ou bien deux timbres, ce qui est plus pratique par la poste (voir modalités sur ENVRAC ).

jeudi 14 août 2008

Citalopram : antidépresseur inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine


J'ai fait la connaissance de Gilles Rochier en 2007 lors du festival malouin "Quai des Bulles" : il y tenait un petit stand en compagnie de son ami Jacques Des Portes avec qui il avait auto-édité Thony Blanco, un petit coffret de deux albums dont la particularité était de présenter deux versions du même scénario, mis en image par chacun des deux compères.

Thony Blanco par Jacques Des Portes

Le fait d'apprendre de la bouche-même de Gilles Rochier que leur production-maison avait été encollée par sa propre grand-mère sur la table de sa cuisine fut l'argument de vente décisif (j'aime les histoires trash).
Le pétillant personnage et le concept m'ayant tout de suite séduit, nous entamâmes une discussion à bâtons rompus qui nous mena sur le "brûlant" sujet "des banlieues".


Et c'est là que je me tapai la méga-honte :
T. T : - "Tu vois, ce qui manque, c'est un type qui fasse des histoires sur la banlieue, la vraie, mais pas celle de Tardi, celle d'aujourd'hui ..." (le con ...)
G. R : - " Ah ben, c'est exactement ce que je fais depuis plus de dix ans."
T. T : - "... Ah ? Hum ... Brrrrm, euuuuh, c'est à dire, ... Je."
Intérieurement : -"Bon, ferme ta gueule là."
G. R : - "D'ailleurs, il y a un stand là-bas où ils ont un de mes bouquins, Dernier Étage, à 2 €, si tu veux te faire une idée."

Le plan pour aller chez Gilles Rochier

Ce que je ne savais pas non plus, c'est qu'entre-temps (en 2006), la boîte où Gilles bossait depuis douze ans avait coulé, et qu'il avait touché le fond avec, essayant de surnager à l'aide d'une bouée, curieusement confectionnée par son médecin généraliste à l'aide de boîtes d'antidépresseurs (Ah, ces généralistes ... Ch'te jure ! Y'aurait de quoi écrire un blog !) ...

Loin de moi l'idée de faire un papier voyeur à la Closer, je voulais juste attirer votre attention sur le très beau Temps Mort, le petit dernier dont G. Rochier a récemment accouché, mettant à profit cette parenthèse imposée dans sa vie, aussi involontaire que brutale. (la parenthèse, pas sa vie)

G. Rochier y raconte, avec son dessin "brut de décoffrage", sobrement rehaussé par une efficace bichromie (dûe à Jean-Philippe Garçon), comment il avait traversé cette difficile épreuve, entouré par sa famille, secoué jusque dans son pieu par ses amis que son boulot avait pourtant fait perdre de vue, et surtout motivé par son carnet de croquis, loin de qui il m'avoua "se sentir mal au bout de deux jours".
C'est ce salutaire carnet qui lui permettra d'observer justement, avec finesse et tendresse, cette "banlieue" dont on parle en se bouchant le nez dans les journaux télévisés et que l'on assimile trop souvent à la "racaille" dans les discussions pas seulement parisiennes.
La réalisation de ces bouts de dessins l'aidera finalement à se réveiller et à redécouvrir petit à petit la vraie vie (pas celle des BD d'héroïque-fantaisie) et ses petits plaisirs, réapprenant à causer le vrai français avec ses vieux potes, reprenant plaisir à collectionner les onéreuses Nike, bouffer le classique bo-bun du boui-boui asiatique ou boire un café dégueulasse chez le connard de buraliste d'en-bas.


Il réussira finalement à prendre du recul, et même de la hauteur sur tout ce petit monde en allant s'isoler, comme il le faisait déjà dans Dernier Étage, pour méditer (sans gourou, psy, ni autre illuminé en soutane ou à chapelet) et se remettre en question, toujours en dessinant, sur la canopée des tours - ses tours - qu'elle soient de Colombes ou de Nanterre, et qu'il arrive à rendre humaines et "aussi belles que des grands arbres".

Nanterre, Neuf-Deux (Deux-Neuf en verlan)

En conclusion, je n'oserai(s ?) pas dire que cette mise au chômage aura finalement été une chance pour Gilles Rochier, mais en tous les cas, cela aura été une aubaine pour nous autres lecteurs, qui avons ainsi pu découvrir un grand auteur de "bande dessinée contemporaine".

Pour toutes ces raisons au moins, ce livre devrait se trouver dans toutes les bonnes ... banlieues (au moins à la médiathèque !).

Ah ben oui, c'est la banlieue, quand même ! :-)

Allez hop, Plan B(d) vous offre un deuxième Rochier pour le même prix !

dimanche 13 avril 2008

Alerte à la bombe

Trop MDR !


La banlieue de Rochier est tellement poétique qu'on aurait presque envie d'y aller en vacances !


Gilles Rochier est un fétichiste de la chaussure de basket : la preuve aux éditions du Groinge




Gilles Rochier a commencé sa carrière d'illustrateur en taguant les murs de sa cité.
Comme il en avait marre que son papa vienne le chercher au commissariat, il a décidé de continuer dans des p'tits livres. Maintenant, les flics de sa cité dorment mieux ...
Mais heureusement, la nuit, Igor veille.