Lumineuse Sophia Aram. Il n'y a vraiment rien à jeter dans ses chroniques, intelligentes, courageuses et drôles, impeccablement ciselées et jouées en direct comme autant de remparts contre la connerie tous les mardis et mercredis dans la matinale de France Inter. Avec parfois de véritables moments de grâce, comme ce 31 octobre dernier :
Son spectacle, Crise de Foi, tourne encore dans toute la France. Il faut vraiment que j'aille voir ça.
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jeudi 8 novembre 2012
samedi 22 octobre 2011
Quartier Eastern
(un billet de Marine)
La dernière fois que j'ai essayé de faire découvrir Taniguchi à quelqu'un, c'était il y a quelques années, à la secrétaire de mon patron. Cette jeune personne m'avait ému en me racontant son enfance douloureuse qui présentait quelques points communs avec Quartier lointain qui était paru chez Casterman en 2002-2003. Aussi avais-je eu l'idée de lui offrir, à l'occasion de son anniversaire, le premier volume du manga. Peut-être cette histoire l'aiderait-elle à trouver quelques réponses aux questions qui la taraudaient toujours ? Ou tout simplement se mettrait-elle à apprécier la BD.
N'ayant pas de retour au bout de plusieurs semaines, craignant d'avoir gaffé, je finis par aller lui demander ce qu'elle en avait pensé.
Elle me répondit que ça lui avait "pris grave la tête", qu'elle n'avait rien compris et qu'elle en avait arrêté la lecture au bout de quatre pages...
Après ce fiasco, j'ai donc jugé plus prudent de laisser à Marine le soin de nous parler de l'adaptation théâtrale de Quartier lointain qui se joue actuellement à Paris :
Jirō Taniguchi a ce pouvoir propre de faire évader son lecteur sur son île japonaise, emporté par ses souvenirs, ses paysages bucoliques, sa modernité urbaine, son réseau de transports qui agissent en métaphore du tourment intime. Les premières planches de son Quartier lointain ne disent pas autre chose que la mélancolie d’un homme arrivé, architecte, marié et père de deux filles, quarante-huit ans de vie derrière lui et tant de souvenirs lestés sur un quai de gare. Après une soirée arrosée d’alcool, il se retrouve projeté dans son village d’enfance, revenu en arrière dans le temps, dans la peau d’un adolescent de quatorze ans à la recherche de ses souvenirs.
La dernière fois que j'ai essayé de faire découvrir Taniguchi à quelqu'un, c'était il y a quelques années, à la secrétaire de mon patron. Cette jeune personne m'avait ému en me racontant son enfance douloureuse qui présentait quelques points communs avec Quartier lointain qui était paru chez Casterman en 2002-2003. Aussi avais-je eu l'idée de lui offrir, à l'occasion de son anniversaire, le premier volume du manga. Peut-être cette histoire l'aiderait-elle à trouver quelques réponses aux questions qui la taraudaient toujours ? Ou tout simplement se mettrait-elle à apprécier la BD.
Quartier lointain - tome 2
(quatrième de couverture)
(quatrième de couverture)
Jirō Taniguchi
Casterman- 2003
N'ayant pas de retour au bout de plusieurs semaines, craignant d'avoir gaffé, je finis par aller lui demander ce qu'elle en avait pensé.
Elle me répondit que ça lui avait "pris grave la tête", qu'elle n'avait rien compris et qu'elle en avait arrêté la lecture au bout de quatre pages...
L'année d'après, je lui offris le premier tome des Blondes dont elle possède aujourd'hui la collection complète.
Après ce fiasco, j'ai donc jugé plus prudent de laisser à Marine le soin de nous parler de l'adaptation théâtrale de Quartier lointain qui se joue actuellement à Paris :
Quartier lointain, mise en scène Dorian Rossel, théâtre Monfort, Paris XVe, jusqu'au 29 octobre 2011.
Jirō Taniguchi a ce pouvoir propre de faire évader son lecteur sur son île japonaise, emporté par ses souvenirs, ses paysages bucoliques, sa modernité urbaine, son réseau de transports qui agissent en métaphore du tourment intime. Les premières planches de son Quartier lointain ne disent pas autre chose que la mélancolie d’un homme arrivé, architecte, marié et père de deux filles, quarante-huit ans de vie derrière lui et tant de souvenirs lestés sur un quai de gare. Après une soirée arrosée d’alcool, il se retrouve projeté dans son village d’enfance, revenu en arrière dans le temps, dans la peau d’un adolescent de quatorze ans à la recherche de ses souvenirs.
Aujourd’hui, Quartier lointain est adapté à la scène et prend vie sous l’énergie d’une troupe d’acteurs sautillant, se partageant les rôles - garçon, fille, grand-mère, parents, instituteur et même chien. Dorian Rossel, metteur en scène de cette adaptation théâtrale, met à l’épreuve la verticalité du manga et la multidimensionnalité du théâtre. La scénographie exploite ainsi tous les angles du récit, laissant les personnages rouler, courir, s’étreindre sur la scène face au public. Et remisant au fond l’intérieur coloré et vif, fait de panneaux et d’escaliers, de bancs et de chambre à coucher.
De fait, la mise en scène de ce « manga intellectuel de référence », autobiographique par bien des aspects, relatant les souvenirs d’enfance de Taniguchi à Tottori, oscille entre rôles redistribués à chaque scène où plusieurs acteurs interprètent le héros, et personnages récurrents qui articulent le récit.
Le récit, c’est celui d’un été, celui d’un adolescent, cet homme du début, un architecte disons-nous, dont les souvenirs évoluent en deux et trois dimensions, à la verticale et à l'horizontale, dans un décor qui se joue de l’espace scénique. Au fond, le foyer, l’intérieur domestique, l’hôpital. Au devant, la cour d’école, le quai de gare, la prairie, le champ de bataille. Là, le tout juste adolescent revit, avec la sagesse d’un homme, ces quelques jours où il chercha à empêcher son père de les quitter, sa sœur, sa mère et lui, pour un ailleurs inconnu.
On est emporté dans l’évocation rythmée de cet été de promenades, jeux d’enfants, conversations avec les adultes, émotions amoureuses. Trouvailles scéniques, accessoires, costumes et panneaux mobiles confèrent à l’action une vraie pétulance. L’enthousiasme des acteurs est tempéré par les questionnements plus existentiels du héros qui cherche des réponses à la fuite de son père. Et l’émotion affleure dans les gestes de la grand-mère déroulant un fil de souvenirs lointains ou dans l’ultime face à face avec le père. Si la figure du père, froide et impénétrable, statique en opposition aux silhouettes souples des autres personnages, pétri de doute, échoue à apporter des réponses à l’homme-adolescent, c’est aussi parce que la quête de sa propre histoire se heurte souvent à l’irrationnel.
La musique poétique, les chants légers comme des cerisiers en fleurs bercés par la brise, les couleurs éclatantes et les motifs psychédéliques participent enfin d’un univers tour à tour drôle, tendre, cruel parfois, grave aussi. Nul doute que l’expérience de ce retour en arrière, bond dans le temps, nourrira les choix de cet architecte adulte, confronté à sa vie aujourd’hui et à venir.
M.J.
dimanche 20 septembre 2009
Les Rouchon écrivent aux Brochon

Avant le tout-internet (et comme nous l'a récemment rappelé Thomas Dutronc avec Les frites bordel), une tradition populaire consistait à échanger avec ses proches des photographies imprimées sur un carton, au dos desquelles les gens griffonnaient quelques mots et qu'ils postaient depuis leur lieu de villégiature, de Venise à La-Confiance-les-Hauts, de Colombey-les-Deux-Églises à Valparaiso...
Ces cartes postales (car c'était bien elles), censées résumer l'ambiance des vacances, reflétaient en fait bien souvent l'état d'esprit de leur rédacteur, voire de leurs destinataires, qui ne manquaient pas de les collectionner, magnétées sur le frigo, punaisées sur le mur des toilettes ou soigneusement rangées au fond d'une boîte à biscuits.

En en découvrant une pleine boîte au grenier, François Morel a vite compris qu'il était tombé sur un véritable trésor et qu'il avait là matière inépuisable à analyser les travers de notre société (du moins celle du XXe siècle).
Parmi ces milliards de correspondances anonymes, il nous propose donc, avec Bien des Choses, en association avec Olivier Saladin, son compère des Deschamps/Deschiens, la lecture de celle échangée entre les Rouchon (Roger et Madeleine) et les Brochon (Robert et Janine), deux couples-modèles du siècle dernier.
Chacune de ces cartes correspond à un vrai petit tableau (rien à voir avec les croûtes que l'on imagine sans peine accrochées aux murs chez les Rouchon) peint avec tendresse, toujours hilarant (avec ou sans Guy Carlier !), parfois émouvant (réussir à nous troubler avec une autruche, faut-il être talentueux !), à une caricature de chacun d'entre nous (on a tous écrit ces cartes),conçus -dixit François Morel- à la manière d'une vignette de Chaval.
Toutes les vidéos avec Morel et Rabaté ici.
On pense bien sûr aux Deschiens et aux Bidochon de Binet, mais également aux Brèves de Comptoir de Gourio ou bien encore, dans un autre genre mais tout aussi irrésistible, aux correspondances d'Erik Satie lues par les mêmes Morel et Saladin à la Cité de la Musique en février dernier (Je ne vous ferai pas une conférence).

S'il vous est malheureusement impossible d'assister aux représentations dont la dernière aura lieu le 28 novembre 2009 au Théâtre de La Pépinière (où joue également, en deuxième partie de soirée, Jean-Jacques Vanier), sachez que les textes de ces cartes postales ont été réunis par Futuropolis dans un ouvrage enluminé par Pascal Rabaté.
Bon baisers, à bientôt.
Totoche
lundi 7 septembre 2009
Trente millions d'amies

Le temps d'aller voir son nouveau spectacle, puis de trouver le courage d'écrire deux lignes, et Jean-Jacques Vanier, (que vous aviez peut-être déjà entendu dans l'émission Rien à Cirer sur France-Inter), ne sera déjà plus à l'affiche du théâtre parisien La Pépinière.
Je profite donc de deux minutes de répit pour prendre le risque (je ne l'ai pas encore vu) de vous encourager à aller découvrir Elles, son nouveau spectacle (il sera bien entendu toujours possible de le voir ultérieurement en province), dédié à nos amies les femmes.
Si l'humour de François Rollin (metteur en scène du spectacle) de Benoît Poelvoorde ou de feus Pierre Desproges et Dieudonné (je sais...) est votre de tasse de thé, le doux personnage rêveur, lunatique, un peu paumé et surtout complètement dépassé par le monde qui l'entoure, mais qui toujours s'interroge et tâche de rester optimiste, joué par Vanier, ne manquera certainement pas de vous séduire, de vous faire sourire et, j'en suis sûr, de vous faire rire.
Si en revanche vous êtes plutôt branchés Bigard, Mickaël Youn, Gad Elmaleh ou Michel Leeb, bref, que la finesse vous effraie, sachez que vous prenez un réel risque ; restez plutôt devant la télé, il doit bien y avoir un match quelque part...
Rappelons également qu'un DVD et un CD audio de L'Envol du Pingouin, un des deux précédents spectacles de Jean-Jacques Vanier ont été édités.
Bon spectacle.
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