Comme promis, voici un résumé de l'exposition Caroline, l'univers de Pierre Probst qui a eu lieu du 28 avril au 16 septembre 2012 au Musée Lambinet à Versailles.
Pour changer des sempiternelles photos floues, j'ai aussi mis des reflets.
Pierre Probst nait en Alsace occupée en 1913. Passionné d'illustration, il dessine les animaux au zoo et étudie les Beaux-Arts à Mulhouse avant de s'installer à Lyon pour y fonder une agence publicitaire. C'est là qu'il illustrera ses premiers livres pour enfants avant de monter à Paris (La Garenne-Colombes pour être précis). Pour lui, il n'y a pas de différence entre artisan et artiste et il n'y a pas de honte à illustrer même les calendriers, snobés par nombre de ses confrères.
Pour la technique, facile : c'est de la gouache. Tout le monde peut le faire...
En 1950, les éditions Hachette le contactent pour contrer les publications étasunienne qui envahissent alors le marché. Il travaille d'abord pour la Bibliothèque Verte, puis pour les Albums Roses où, parmi ses animaux, une petite fille blonde apparait de temps en temps. Plus tard, il illustrera des encyclopédies, d'abord animalières, puis sur les Hommes. En 1976 paraît La Vie privée des hommes au temps des chevaliers et des châteaux forts. On retrouve également dans cette collection les signatures prestigieuses de Pierre Joubert ou Patrice Pellerin, entre autres.
En 1953 parait le premier album de Caroline : Une fête chez Caroline réunit toute la bande. Son éditeur aurait préféré un garçon, mais Probst, heureux papa d'une petite Simone (et qui n'a jamais possédé d'animal de compagnie !) insiste et son héros sera donc... une héroïne !
En peinture, Simone.
Caroline fait les quatre-cents coups avec les animaux. Elle est à la fois leur copine, leur grande sœur et leur maman, mais jamais leur bonniche, ce qui n'empêche pas les histoires de toujours garder un sens moral. Caroline se démarque de Martine-de-chez-Casterman-en-face et pour l'anecdote, bien qu'ils se respectaient officiellement, il semble que Pierre Probst et Marcel Marlier ne se soient jamais rencontrés !
Suivront quarante-quatre autres aventures qui, comme celles de Tintin, seront parfois redessinées pour rester dans le coup. La quarante-cinquième restera inachevée à la mort de Probst en 2007.
Pour l'anecdote, c'est Pitou la panthère qui apparait en premier en 1954. Le benjamin de la bande sera le chien Pipo, qui ne pointera sa truffe que dans le second album de Caroline.
Quelques produits dérivés :
Contrairement à Walt Disney ou Peyo et bien que "tout le monde" connaisse Caroline, le nom de Probst reste quasiment inconnu du grand public : il semble que son talent n'avait d'égal que sa modestie.
Qui se souvient qu'il a aussi dessiné les aventures de Bibiche, sur des textes de Marie-Reine Blanchard dès 1945, de Fanfan (1966) ou bien encore de Tim et Poum, également dans les années 60 ?
Voilà. Pour en savoir plus, on se référera au catalogue de l'exposition que l'on peut par exemple commander ici : http://www.carnet2bord.com/PBCPPlayer.asp?ID=1093930.
Les éditions Parimagine ont édité Les cent plus belles images de Pierre Probst, de Daniel Bordet en 2008.
Le n°13 de la revue Papiers Nickelés a consacré un article à Pierre Probst en 2007.
Apparemment, il existe un DVD "Pierre Probst, l'imagier" de Colette Dillies, chez Grif'Graphe :
Voir aussi le billet sur Hobopok Dimanche : http://hobopok.blogspot.fr/2009/07/pierre-probst-caroline-cest-moi.html