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lundi 5 novembre 2012

Blekk le rauque


Blekk* est une brochure éditée par l'ambassade de Norvège afin de présenter la bande dessinée de ce pays. Elle a été éditée à l'occasion du dernier festival d'Angoulême mais je ne la découvre que tout récemment, dans les suites du second festival Fanzines qui a eu la mauvaise idée de se dérouler cette année en même temps que Quai des Bulles.

Une passionnante introduction de la journaliste et traductrice Erle Marie Sørheim retrace l'histoire locale du neuvième art, depuis la traduction en 1911 des Katzenjammer kids de Rudolph Dirks jusqu'aux récits de Jason et de la gothique Lyse Myrhe, en passant par le phénomène Donald Duck, qui, depuis son débarquement en 1948, occupe comme en Finlande le devant de la scène.

Suivent les extraits de récits, aux dessins assez âpres, de treize auteurs nationaux, ainsi que leur biographie. En dehors de Jason, les noms de Lene Ask, Tor Ærlig, Martin Ernstsen, Anna Fiske, Lars Fiske, Sindre Goksøyr, Bendik Kaltenborn, Steffen Kverneland, Andrew Page, Inga Sætre, Rui Tenreiro et Øyvind Torseter m'étaient totalement inconnus. 

Steffen Kverneland

Tor Ærlig

Le seul autre Norvégien que je connaissais auparavant est absent du recueil : il s'agit de Frode Øverli dont le style, plus "commercial" se rapproche de celui de Mike Peters. Un seul recueil de son strip, Pondus, -aperçu un temps dans le quotidien Métro- a été traduit en 2005..., par Odin !

Ce collectif ce termine par une liste de livres déjà parus en français (Jason est l'auteur de la moitié d'entre eux !) ainsi qu'une autre présentant les histoires restant à adapter : avis aux éditeurs !

On peut obtenir gratuitement Blekk sur simple demande, à cette adresse : info.paris@mfa.no

Plus d'informations ici :
http://www.norvege.no/News_and_events/literature/BLEKK-bande-dessinee-norvegienne/

 (*encre en norvégien)

vendredi 19 octobre 2012

Fantôme noir et Marque jaune


En faisant du rangement ce week-end, je suis tombé sur cet amusant clin d’œil à Edgar P. Jacobs qui m'avait échappé jusqu'à présent : la couv' de ce Mickey Parade n°26, préfigurant déjà MMMM, date tout de même de 1982 ! Elle est l’œuvre de Marco Rota, un des meilleurs dessinateurs des studios Disney italiens -version Carl Barks- dont je ne ne connais rien des autres travaux. J'en ai profité pour relire quelques-uns de ces récits qui étaient rapidement mais génialement illustrés par Giorgio Cavazzano, Romano Scarpa ou Massimo De Vita, certainement parmi les premiers responsables de ma passion.

samedi 13 octobre 2012

Aventure en Gaule

 Alors que j'étais plongé dans le premier volume de L'Intégrale Uderzo (une merveille), j'ai d'abord cru à un canular en apprenant l'incroyable nouvelle... Mais non : il semble que Didier Conrad reprenne bel et bien le dessin d'Astérix, initialement promis à Frédéric Mébarki, l'assistant du Maître. 

L'INTEGRALE UDERZO 1941-1951

Digne héritier de Franquin, Conrad n'a jamais cessé d'explorer les pistes, partant travailler "à la Disney" chez Dreamworks, avant de collaborer avec Morris, puis de se confronter au difficile exercice de la ligne claire sur les traces d'Hergé", le tout sans jamais renoncer à perdre sa propre personnalité.

Pourtant, sachant qu'Uderzo rouspétait déjà quand les journalistes racontaient qu'Astérix était mort avec Goscinny et que Didier l'avait lui-même assassiné (avec son complice Yann) dans l'avant-dernière livraison des Hauts-de-pages, il va vraiment lui falloir énormément de talent pour lui/nous expliquer comment il compte le ressusciter !

Yann/Conrad in Spirou n°2268 (01/10/81)


Bon, on lui fait confiance, mais sans vouloir jouer les rabat-joies, avouons tout de même que nous sommes un peu inquiets pour Alix, Raoul, Tim et les autres...

dimanche 30 septembre 2012

Il a marché sur la Lune


 Je ne suis pas sûr que Neil Armstrong, qui est parti rejoindre les étoiles le 25 août dernier, était abonné au Journal de Mickey,


mais ce dont je me souviens, c'est que le JDM, toujours à la pointe de l'actualité, lui rendait déjà hommage le 25 juillet 1979 avec ce numéro 1412, "Spécial Lune"... "et Jeux Olympiques" !


Alors, bien entendu, on sait bien qu'aujourd'hui tout cela est remis en question : il n'y a qu'à aller se balader sur la toile pour voir les nombreuses controverses consacrées au sujet.
C'est pourquoi, sans non plus sombrer dans la "théorie du complot", le Plan B(d) a décidé de se poser lui aussi la question :  L'Homme a-t-il vraiment réussi à réaliser un jour une maquette du Journal de Mickey ?
Nous attendons, comme d'habitude, vos nombreux témoignages et réactions.



vendredi 8 avril 2011

Soirée diapos

Quelques photos toujours aussi vilaines de pourtant bien belles affiches, rapportées de mes dernières escapades exotiques :

-Bruxelles-


 Quand j'étais gosse, je lisais Les Toyottes de Louis-Michel Carpentier sans tout comprendre de cette étrange série "post-atomique". Il paraît que la série était appréciée des critiques jusqu'à ce que ceux-ci découvrent que Raoul Cauvin en était le scénariste-fantôme ! Plus tard, Ptiluc reprendra l'idée des rats. Darasse, Hislaire et Tome, avec leur Gang Mazda, se contenteront quant à eux de reprendre l'idée du nom du garage en bas de l'immeuble, ce qui n'est déjà pas si mal.

Benoît Delmelle est un dessinateur/illustrateur belge dont  on peut découvrir quelques pages de BD sur le site Manolo Sanctis ainsi que sur le blog Cauchemar.

 On ne présente plus Frédéric Jannin, ancienne jeune gloire du Trombone et de la page 52 de Spirou. Bon, y'a pas à chier, les spéculoos de chez Dandoy, c'est vraiment autre chose, avec ou sans Jannin.

 Marc Sleen est un de ces auteurs flamands royalement ignorés en France. J'ignorais même qu'un musée lui avait été consacré. Il a ouvert ses portes en 2008 et est installé juste en face du... CBBD. M'enfin !

 Malgré ces superbes phylactères et quelques beaux squelettes, l'expo Entre Paradis et Enfer - Mourir au Moyen-âge du Musée du Cinquantenaire m'a laissé sur ma faim. En plus, les salles africaines du musée étant fermées, j'ai du me contenter du fétiche Arumbaya en carte postale. Grrr...

Le Cinquantenaire vu par Jidéhem 
(in Sophie, tome 19 : L'Odyssée du U 522, Dupuis, 1991)

-Amsterdam-


 Stefan Glerum est un jeune (né en 1983) et talentueux illustrateur amstellodamois. Il a visiblement hérité du talent de ses compatriotes Ever Meulen et Joost Swarte. Mais, vous avez beau dire, y'a pas seulement que du Meulen, y'a autre chose... Ça serait pas des fois du David B. ? Quoi qu'il en soit, la visite de son site est chaudement recommandée aux amateurs de belles images.


Peter Van Straaten est un cartooniste hollandais né en 1935 à Arnhem. Au plat pays, les journaux se l'arrachent et, d'après Lambiek, il aurait même bossé avec Delporte. Il faudra que je me penche un jour sur le recueil que L'An 2 a publié en 2004.


Je crois qu'il est également inutile de présenter Donald Duck.

Je ne pense pas cette affiche soit de Willy Vandersteen... ni même de Paul Geerts ... Si ? Un nom apparaît en bas à droite, sous les reflets : "Darola" ?

Allez, une dernière brochette, j'en vois qui s'endorment. J'serais pas étonné qu'on ferme...


dimanche 26 décembre 2010

Il faudra bien te couvrir...

Quelques couvertures poussiéreuses retrouvées au fond de la hotte :


Roque et Gos

Hermann

Yann sans Conrad par Frank Pé


Goossens


Serpieri

Larcenet

Plessix

Guarnido


Vuillemin

Tillier/Bonifay

(sur une idée de Treblig)

dimanche 26 septembre 2010

Archi décevant

13, rue del Percebe
Francisco Ibañez
Ediciones B

- Ooooh, tiens : une maison !
- Là : une autre !
- Oh le bel immeuble de Chaland ! Allez, on le met aussi !
- Qui ça ? Ah ouais, pas bête... Mais on n'en a pas en magasin. Pas grave, on mettra des photocopies...


Grosse déception donc, avec cette expo Archi & BD, la ville dessinée qui m'a plus donné l'impression d'une collection d'un peu tout ce que les commissaires avaient en stock plutôt que d'une réelle adaptation de planches à leur propos, par ailleurs plus que succinct.
En fait, j'exagère : il faut reconnaître que cette expo met aussi en valeur d'excellentes photocopies-couleur (apparemment on dit désormais "impressions numériques") pour combler le matériel manquant.
Des photocopies-couleur !
Non, mais imagine-t-on une expo au Grand Palais sur Monet, Van Gogh ou Picasso avec des photocopies-couleur ? Est-ce ainsi que l'on compte élever la bédé au rang de neuvième art ? Hein ? Ho ! Hé, dites, non mais sans blague.

Déjà, le thème est très vaste. Ah, ça c'est sûr que dans toute BD on va bien finir par trouver un héros qui habite dans une maison, située dans une rue, elle-même dans une ville (et s'il habite à la campagne, ça compte quand-même ?). Est-ce que toutes ces belles images ont bien un intérêt "architectural" ? Je n'en ai pas été convaincu.
Trop vaste ? Et encore, en entrant devant la fresque monumentale d'Olislaeger (quelqu'un peut-il me rappeler ce qu'il a fait en BD ?), on comprend qu'il n'y aura pas de village gaulois, de cité romaine ni de villes-fantômes (ce sont les copains alixophiles qui vont tirer la tronche) : si la BD commence au début du siècle, les commissaires de l'expo ont étonnamment décidé que cela devait aussi être le cas de l'architecture citadine. Pourquoi pas. Mais alors ne fallait-il pas plutôt parler d'"architecture moderne" ?

Dōmu-Rêves d'enfants, Katsuhiro Otomo, Humanos,
Curieux choix également de regrouper ensuite cette exposition autour de New York -il faudrait arrêter un jour de foutre le 11 septembre à toute les sauces-, Paris et Tokyo.
Bon, les "cartes postales" des quartiers lointains de Taniguchi, je veux bien, m'enfin, n'aurait-il pas été plus intéressant de s'intéresser aux barres de HLM inhumaines qu'Otomo nous montre dans Dōmu ?
Le survol de que quelques autres grandes villes comme Londres (qu'est-ce que Jack l'éventreur a à voir avec l'architecture ?) ou Johannesbourg (dans mon souvenir,dans Bienvenue à Jobourg, Rabaté n'en montrait justement quasiment rien) n'a rien de passionnant. Je dois dire que je ne me souviens même plus si la Buenos Aires de Muñoz est représentée dans l'expo. Heureusement, Chicago est sauvée par Chris Ware.
Quant aux Belges, ils n'auront qu'à faire leur propre expo rue des Sables s'ils veulent qu'on voie de Bruxelles autre chose que l'Atomium... Peut-être les commissaires ont-ils estimé qu'il s'agissait d'une ville secondaire dans l'histoire du neuvième art ? Ridicule.

Déçu aussi quant au traitement de l'architecture futuriste. Si les cités-puits imaginées par Tsutomu Nihei dans Blame ! sont absentes, il semble que celles, paradisiaques à côté, de bius soient bien montrées (la mémoire me fait défaut : je dois avouer que cela fait un moment que j'ai visité l'expo et que j'ai préféré ne pas rédiger ce billet à chaud), mais je n'ai pas de souvenir que la faisabilité ou leprojet de telles cités soit développées.
Dommage également d'ignorer l'étouffante Anderville de Cavazzano et Faraci qui nous montre que même une idyllique Mickeyville peut se transformer en infernale Gotham City si ses habitants l'abandonnent aux mains de promoteurs véreux et d'architectes dingues ?
Enfin, le sujet est si vaste qu'il faudrait une expo à part.



Masamune Shirow 
Appleseed-Book two-Prometheus Unbound 
Eclipse international, 1990

Où sont les délires architecturaux que l'on trouve en ouvrant n'importe quel manga (ah si : il y a bien une planche d'Urasawa pour sauver l'honneur) ? Et d'ailleurs où sont les mangas ? Restés bloqués, à part quelques rares exceptions, à Bruxelles, eux-aussi ?
Quant aux écrasants Schuiten et Peeters, ils auraient, là-encore, évidemment mérité une expo à eux-seuls...

Yukito Kishiro : la Cité volante de Zalem surplombant la ville-décharge de 
Kuzutetsu dans Gunnm (Glénat)



Blame ! 2, Tsutomu Nihei, éd. Glénat
Ne revenons pas sur la mise en scène, hideuse ("À chier & BD ?") (d'autres s'en sont déjà chargés). Est-elle à l'image de ce que ces "cons d'architectes" (ce n'est pas moi qui le dit, c'est Reiser) nous préparent pour demain ? Mais tout de même : quel est l'intérêt de rétro-éclairer des planches de BD, à part peut-être pour en voir les bouts de scotch et autres tâches d'encre au verso, d'en faire pâlir l'encrage ?
Je n'ai d'ailleurs toujours pas compris si le clignotement des néons était un effet voulu pour donner une ambiance de parking souterrain ou non ?








Allez, on termine par un bon point avec certains ateliers de la deuxième partie de l'expo comme
- Reiser et les cons -donc- d'architectes,  
- Golo et les vue panoramiques en hommage à l'art du sandouk-el-dounia cairote,
- la Maison de Verre de Pierre Charreau admirablement interprétée par Avril, Ted Benoit, Götting, Juillard et Loustal,
- celle, non moins superbe des Garde-Fous d'Olivier Bézian, le frère de Frédéric.
Quant au musée Rodwell de Louvain-la-Neuve, on rappelle bien que Joost Swarte en a dessiné l'architecture intérieure, mais on n'en verra hélas que la maquette de... Christian de Portzamparc !


En tant que visiteur "passablement averti" comme dirait l'autre, je suis donc hélas certainement "passé à côté" de cet expo... Heureusement, tout le monde ne partage pas mon avis. Que cela ne vous dissuade donc surtout pas d'aller vous forger le vôtre à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine avant le 28 novembre (8 € l'entrée, 5 pour les héros sans emploi) et de nous faire part de vos impressions, même si elles ne sont pas numériques.

 
Une scéno qui touche le fond ?

(N.B. : hormis la chute de Difool, aucune des illustrations de ce billet ne figure à l'expo)