"Nunc est bibendum !..." (comme dit Mr Dupneu)Bibendum narguant John Boyd Dunlop et le patron de Continental.
J'apprends à la lecture de l'excellent Klare Lijn International la tenue d'une exposition "Bibendum & Co" à Bruxelles.
L'occasion est trop belle pour sortir de la poussière ces vieilles planches de réclame, au ton orientaliste, réalisées pour l'Imagerie Pellerin d'Épinal respectivement en 1898 et en 1905, par le dessinateur français Marius Rossillon (1867-1946) alias O'Galop-Sonnet, mieux connu sous son pseudonyme O'Galop tout court.

On passe en quelques annéesde "belles images illustrées pour la jeunesse"
à un style plus "Pieds-Nickeleste".
C'est d'une pile de pneus, anthropomorphique aux yeux des frères André et Édouard Michelin, et d'un projet d'affiche refusé au dessinateur O'Galop par une brasserie munichoise que naquit en 1898, sous la plume du dessinateur français, le fameux Bibendum terrestre, universellement connu aujourd'hui.
Pourquoi Bibendum ? Tout simplement car sur ce projet d'affiche apparaissait une espèce de Gambrinus, symbole des amateurs de bière, prononçant la locution latine "Nunc est bibendum" ("C'est maintenant qu'il faut boire"), empruntée à une ode du poète romain Horace. Le pneu Michelin, buvant l'obstacle, était représenté par O'Galop portant une coupe remplie de clous et de tessons à ses lèvres.

J'aime le côté franchouillard (pour ne pas dire "gros con") du personnage : fier, vaniteux, suffisant, belliqueux, alcoolo-tabagique et dragueur de gueuses, entre Abraracourcix, Mon Beauf, Ribouldingue, Robert Bidochon ou encore Blotch, le Roi de Paris.

Le concurrent de Gus Bofa parait bien fade,...
... à côté du Bibendum encagoulé par Jean Effel en 1938.
... en revanche, le gros pépère pervers dégueulasse et frustré d'Avril,mal à l'aise dans notre société devenue politiquement correcte m'a bien fait rire.
Les illustrations d'O'Galop et de Gus Bofa sont extraites du livre d'Olivier Darmon,"Le grand siècle de Bibendum",
paru chez Hoëbeke en 1997 (épuisé).
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Bonus :
La rédaction de ce billet m'a permis d'apprendre qu'O'Galop fut également un des pionniers du dessin animé en France, avec Benjamin Rabier et Émile Cohl. En 1916, la fondation Rockefeller lui commanda ces trois films de prévention contre l'alcoolisme, la syphilis et la tuberculose :













