vendredi 17 avril 2009

OSS.117 : Opération Brillat-Savarin

Je ne savais pas en me rendant chez mon fromager samedi dernier, que j'allais résoudre une des énigmes les plus mystérieuses de ce blog (cf billet du 22/10/2008).

Or donc, c'est en allant acheter un brillat-savarin au marché que, faisant un léger crochet par le stand du bouquiniste, je tombai sur un bac contenant des bandes dessinées en petit format. À l'intérieur se trouvait l'adaptation d'une des aventure d'OSS.117 jadis publiées (de 1966 à 1982) par les éditions Aredit. J'en fis l'acquisition pour un euro symbolique.


Joie. Je tenais enfin le nom de mon mystérieux illustrateur dont la signature figurait sur la couverture.


Il s'agit donc bien de Carlo Jacono (1929-2000) (comme l'avait subodoré le fidèle et perspicace Boyington), un prolifique artiste d'origine milanaise, qui, d'après le site qui lui est consacré, aurait réalisé plus de six mille illustrations pour soixante éditeurs de vingt pays. Il est notamment réputé en Italie (où un livre lui a été consacré) pour les couvertures des polars de la populaire collection Il Giallo Mondadori. J'en ai trouvé quelques unes sur la toile :




Alors que les couvertures de ses romans me font délirer, les illustrations présentes sur son site officiel posthume ne m'ont pourtant pas franchement convaincu. Peut-être parce qu'elles sont sorties de leur contexte (cela me fait la même impression pour les illustrations d'Angelo Di Marco) ? , ou bien leur période de création est-elle différente ? , plus tardive ?
Un peu déçu donc, je me consolai néanmoins en visitant une galerie (incomplète) de couvertures délicieusement kitsch. Je leur en ai piqué une :

Celle-ci a été fauchée chez BDGest :


Je regagnai donc avec fierté et mon trophée le domicile familial où Mme Totoche m'attendait pour déjeuner :

- "Et bien, t'en a mis du temps ! ... Et t'as encore trouvé le moyen d'acheter des bédés ? Bravo ! ... T'as pas oublié le fromage au moins ?"

-"Meeeeerde, le fromage !"

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Extraits choisis (pour connaitre l'auteur de ces planches, contactez directement Boyington) :

Sacré Hub !

jeudi 16 avril 2009

Biri et la Cité de Verre

Les lecteurs ont du talent.

Mon italien laisse toujours autant à désirer.
Je n'avais pas capté, en visitant son blog Comics Metropolis consacré à la bande dessinée et à l'architecture, que notre camarade transalpin Biri (en compagnie notamment du dessinateur Giulio de Vita) avait participé au design de l'exposition "Città di vetro" consacrée à l'adaptation en comic par David Mazzucchelli et Paul Karasik (sur une idée d'Art Spiegelman) de Cité de Verre, le premier tome de la Trilogie new-yorkaise de Paul Auster.


Cet évènement se tiendra jusqu'au 26 avril à Pordenone, capitale, comme chacun sait, de la province de Frioul-Vénétie Julienne (Friuli-Venezia Giulia).


En jouant intelligemment avec le verre et les "gaufriers", les réalisateurs de cette petite exposition ont semble-t-il réussi à créer une ambiance propice à la découverte de ces planches.
Comme quoi, avec de petits moyens, un minimum d'imagination et beaucoup de motivation, on peut réaliser de belles choses. Encore faut-il aimer la Bande Dessinée.

La visite guidée avec Paul Karasik :


dimanche 12 avril 2009

La BD aux oubliettes

J'ai longuement hésité à parler de l'exposition "Le petit dessein" que le musée du Louvre consacre à la Bande Dessinée jusqu'à demain, lundi 13 avril 2009, et pour laquelle il m'a gentiment été envoyée une invitation (je remercie au passage la sympathique personne anonyme qui m'a adressé ce courrier).


"Le petit dessein"... rien que le nom m'amuse ! On aurait difficilement pu trouver un titre plus méprisant pour parler de la Bande Dessinée...
M'enfin, les "historiens" du neuvième art seront priés de retenir de cet évènement l'entrée officielle de la BD dans ce musée pour ce qui n'est en fait qu'une banale opération marketing destinée à faire un peu de peu de pub à la collection d'albums réalisés en partenariat avec les éditions Futuropolis.

Les travaux des cinq auteurs ayant collaboré au projet sont donc exposés -à l'écart des autres œuvres du musée, rassurez-vous- dans une obscure salle perdue au fond d'un couloir dans les douves du château (lieu habituel des expositions contemporaines depuis 1860 d'après ActuaBD, ouf on respire). Non, je ne déconne pas, le Louvre a bel et bien mis la Bande Dessinée aux oubliettes ! Bon, c'est fait avec luxe, les planches sont accrochées dans des beaux cadres en bois eux-mêmes cloués sur un mur bien peint. Avec une chouette biographie de chacun des dessinateurs à côté. Même. Mais ne demandez pas à un gardien, une caissière ou un vigile de vous indiquer où se trouve l'expo, personne n'est au courant !


On découvre donc stupéfait que les planches en noir et blanc du Sous-sols du Révolu de Marc-Antoine Mathieu sont bien aussi en noir et blanc en vrai, que la palette graphique de Bernar (sic) Y(re-sic)slaire dessine toute seule, c'est trop génial ! (ah non, on me dit que c'est enregistré). Les impressions (laser ?) d'Éric Liberge sont super bien imprimées, c'est quoi comme imprimante ? Bon, c'est vrai, les couleurs du Période glaciaire de Nicolas de Crécy sont 'achement balèzes, 'm'étonnerait qu'elles soient aussi belles dans l'album.
Le plus surprenant, c'était encore les planches (deux) du mangaka Hirohiko Arahi, dont je n'imaginais pas le format. Ouaouh, comment il font rentrer ça dans un manga tout ch'tit comme ça ?

Hirohiko Araki
Rohan au Louvre (titre provisoire)
Proposition de couverture
Encre de Chine et gouache
© Lucky Land Communications / Shueisha Inc.


Voilà.
C'est tout ?
Ben oui.
À voir donc, mais vraiment uniquement si vous passez par le Louvre demain.

Le dossier de presse.