lundi 16 mars 2009

Mal à l'aise, Blaise


C'est en passant par hasard devant la vitrine d'une librairie généraliste (la Friche) qui présentait quelques unes de ses bonnes feuilles que j'ai découvert Blaise du Strasbourgeois Dimitri Planchon.


Ne lisant qu'exceptionnellement Fluide Glacial (où il n'a pas été retenu par Thierry Tinlot) et l'Écho des Savanes dans lesquels certains gags furent pré-publiés, j'étais passé complètement à côté de cet O.B.D.N.I malgré sa couverture sur fond jaune pétant et quelques notices (certaines le comparant à Pierre La Police) qui lui ont été consacrées dans la presse spécialisée.

Il faut dire que la couverture délibérément d'assez mauvais goût (mais néanmoins réellement enlaidie par une jaquette au vilain logo "40 ans découvertes") avec ce gros plan mal cadré sur cette tête de nœud écrasée par ce phylactère à la typographie lourdingue est assez peu commerciale, d'où vraisemblablement, son absence de visibilité chez Auchan ou Album (Pas d'épée + pas de string = Pas de tête de gondole, faut pas déconner non plus).

Et ce n'est pas la beauté des dessins qui va rattraper le coup puisque des dessins, justement, il n'y en a pas, Dimitri Planchon préférant utiliser la technique du roman-photo-montage bien ringarde bien qu'assistée par ordinateur, collant méticuleusement mais maladroitement (on jurerait qu'il le fait avec ses pieds) des bouts de photos pour composer, tel un Frankenstein dadaïste échappé de l'asile, sa galerie de personnages.


Blaise, c'est un brave gosse âgé de sept-huit ans, un peu mou, coiffé comme un Kiki (mais siiiiii, rappelez-vous, "Kiki, le Kiki de tous les Kikis" !) à qui il n'arrive rien d'extraordinaire. Il n'est ni plus malin, ni plus bête, ni plus moche (quoique) que la moyenne. Il est juste là, passif, à écouter ce qui se dit autour de lui, sans juger, sans rien remettre en question, tel un enfant bien sage, buvant les paroles de ceux qui lui sont le plus cher au monde.
C'est un peu moi à son âge, les carreaux en moins sur le pif.

Mais heureusement pour Dimitri Planchon, son insignifiant Blaise est entouré d'assez beaux spécimens de crétins.
Il évolue, pour notre plus grand bonheur, dans un environnement assez médiocre, subissant quotidiennement les petites réflexions humiliantes de ses parents, enregistrant chaque remarque raciste, insidieuse ou non, de sa grand-mère, ou apprenant à respecter et craindre l'autorité grâce à son institutrice.


Tout n'est pas négatif : il y a la télévision pour rêver avec les émissions de télé-réalité et se formater grâce au J.T et aux spots publicitaires. Il y a également les beaux discours d'un Président de la République plus vrai que nature ainsi que les interviews d'un Dabi Doubane, (personnalité préférée des Français) à la solde des annonceurs, qui sont là pour parfaire son éducation.
Non, tout n'est pas perdu pour lui.

Ainsi, Blaise grandit, écoute, absorbe, retient silencieusement.
Il apprend à devenir adulte... à nous ressembler.

Ça fout la trouille, mais qu'est ce qu'on rigole !

4 commentaires:

Raymond a dit…

J'ai d'abord cru que tu avais mis trois fois la même planche (oups !). J'ai tout de même ensuite remarqué que les personnages changent de place. ;-)
Sinon, l'humour est vraiment impitoyable. Je crois que je vais l'acheter, tiens !
Il n'y a que des gags en une planche ?

Totoche a dit…

Oui, c'est du comique de répétition, ça marche pas mal.

J'étais vraiment bidonné dans la rue devant la vitrine le soir où je l'ai découvert : les passants ont dû me prendre pour un déséquilibré !

En plus, le prix est modique (9,99 euros ; en FCH je ne sais pas) pour une soixantaine de gags en une page.

On peut lire une dizaine de gags mieux reproduits qu'avec mes sales photos sur le lien Glénat que j'ai mis.

Li-An a dit…

Ah oui, c'est très drôle. Dès que je reçois mes primes de cadres sup dans une grande banque soutenue par l'État, je vais l'acheter.

Alan a dit…

J'ai revendu mes stock-options et mes actions AIG. J'ai acheté Blaise cet aprèm... Et vraiment je ne regrette pas...
merci (je ne l'avais pas vu passé en librairie)