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vendredi 18 mars 2011

Vague à lame

Katsushika Hokusai

Hayao Miyazaki

Kaiji Kawaguchi
Tonkam, 2005

Satoshi Kon (1963-2010)
Kaikisen-Retour vers la mer
Casterman, 2004


Les mangakas nous avaient déjà raconté la terrible histoire... Une pensée pour eux...
C'est Kon, non ?


(D'autres images saisissantes sur le site des Inrocks)

lundi 29 novembre 2010

Des images plein les yeux




Gus Bofa et Hokusai sont à l'honneur dans le vingt-sixième numéro de Papiers Nickelés, fanzine se définissant lui-même comme "l'organe de l'association de préfiguration d'un Centre International de l'imagerie populaire, du dessin imprimé et du patrimoine sur papier".
Ses membres, menés par Jacques Bisceglia (ancien secrétaire du Collectionneur de Bandes Dessinées) et l'ancien euro-député Vert et conseiller général d'Ile de France, Yves Frémion, bien connu des lecteurs de Fluide Glacial, militent depuis 1999/2000 auprès de la ville de Paris pour l'ouverture d'un tel centre.


Le trimestriel, qui parait depuis 2004, comporte vingt-quatre belles pages en couleurs, impeccablement rédigées et traite donc non seulement de la bande dessinée, mais aussi du dessin d'humour, de la caricature, des affiches publicitaires, de la gravure, des timbres-postes, des boîtes de Camembert ou d'allumettes..., bref de l'imagerie populaire sous toutes ses formes.
C'est évidemment très éclectique et c'est tant mieux : on y évoque aussi bien Bastien Vivès qu'Honoré Daumier, Jacques Martin, Johnny Hart, Reiser, O'Galop, Pierre Couronne, Grandville, Thomen, Virgil Finlay, Beuville, Hergé, Morris, Trubert, Barberousse, etc, etc.


Papiers Nickelés est à mon avis au moins aussi indispensable que le fameux Hop ! de Louis Cance mais malheureusement tout aussi difficile à trouver en librairie. Il devrait au moins être présent dans celles des musées comme Forney ou Orsay ainsi que dans toute médiathèque digne de ce nom.
Le plus simple est encore de s'abonner ici : http://www.papiers-nickeles.fr/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=36&Itemid=57

mercredi 24 juin 2009

Les soixante-douze vues de la Tour Eiffel


Quel que soit leur domaine de prédilection, j'ai une admiration toute particulière pour les artistes autodidactes comme Henri Rivière (1864-1951), qui finit, après avoir redécouvert leur technique, par égaler voire dépasser ses maîtres japonais, les xylographes Hokusaï et Hiroshige.
Bien qu'il fut passionné de dessin, la mère d'Henri Rivière, qui souhaitait le voir faire carrière dans le commerce, ne lui permit pas de suivre une formation artistique.
C'est grâce à son ami d'enfance, Paul Signac, et à son beau-père qu'il finit pourtant par fréquenter, en compagnie de Charles Léandre, l'atelier du peintre montmartrois Émile Bin en 1880.
Fréquentant le cabaret Le Chat Noir de Rodolphe Salis, il finit par devenir secrétaire de rédaction de la revue éponyme, ce qui lui permit d'y côtoyer ses illustrateurs. Sympathisant en particulier avec Théophile Alexandre Steinlen, il y publia ses premiers dessins avant de réaliser, toujours pour le cabaret, un théâtre d'ombres qui remporta un vif succès.

L'exposition de la BnF (Henri Rivière - Entre Impressionnisme et Japonisme) qui a lieu jusqu'au 19 juillet devrait ravir les amateurs de "ligne claire", qu'Henri Rivière a certainement héritée des deux nippons. Il est d'ailleurs amusant de comparer leurs cadrages, leur manière de traiter de la pluie, des effets de brume, de dessiner les barques de pêcheurs...


Quant aux auteurs de Bande Dessinée, c'est probablement André Juillard qui me semble avoir été le plus nettement influencé par Rivière. Non pas le Juillard de Masquerouge ou des Sept Vies de L'Épervier, mais plutôt le Juillard plus âgé, celui de Blake et Mortimer, du Cahier Bleu ou des Voyages de Léna.

Loin de s'en cacher, Juillard explique clairement dans "ses" Trente-six vues de la Tour Eiffel comment il fut impressionné par l'œuvre de Rivière qu'il découvrit sur le tard, au point de décider de lui rendre hommage : les Trente-six vues de la Tour Eiffel originales consistent en effet en un ensemble de xylographies en cinq couleurs réalisé par Rivière en 1891. Il s'agissait déjà à l'époque d'un hommage aux Trente-six vues du Mont Fuji d'Hokusaï ! Elles ne sont hélas pas toutes exposées à la BnF mais, heureux hasard du calendrier, vous pourrez néanmoins les voir en intégralité à l'exposition Gustave Eiffel, le Magicien du Fer, qui se tient à l'Hôtel de ville de Paris jusqu'au 29 août.


Il va de soit qu'on ne sera pas obligé d'aborder cette exposition uniquement sous l'angle de la "ligne claire". La beauté des couleurs m'a également émerveillé ; bien qu'ayant compris le principe de la gravure sur bois, je reste hébété devant le résultat : pour le trait, ça va, je pige à peu près, mais mon cerveau refuse toujours d'intégrer comment Rivière obtenait ces somptueux dégradés, ces cieux, ces brumes, ces lumières crépusculaires ?
Sabre de bois, si toutes les BD pouvaient être "colorisées" de la sorte !

Pour en savoir plus :
Le site "officiel" d'Henri Rivière
Le billet de Li-An sur Henri Rivière
Les liens russes du billet de Li-An (je ne vais pas m'emmerder non plus) sur Henri Rivière :
http://real-funny-lady.livejournal.com/1017816.html
http://real-funny-lady.livejournal.com/1018335.html

lundi 30 juin 2008

Le vieux fou et son dessin


Connaissez-vous le point commun entre Katsukawa Shunrô, Tawaraya Sôri, Hokusai Tokimasa, Gakyôjin Hokusai, Taito, Iitsu, Manji (Tiens ! Encore un svastika échappé du billet précédent ?) Gakyôrojin, et Shinshoku Gankô ?
Oui ?
Evidemment, j'aurais dû m'en douter, avec des lecteurs aussi cultivés que vous ...
Bref, je passe encore pour un gros naze, puisqu'apparemment, il n'y avait encore que moi pour ignorer que sous ces délicieux patronymes à donner la chair de poule à un orthophoniste fraîchement diplômé, se cachait le fameux Katsuika Hokusai (1760-1849), figure emblématique de l'estampe japonaise dans l'imaginaire occidental.


Heureusement, le Musée Guimet est là pour décrasser mon inculture avec cette très belle exposition intitulée "HOKUSAI "l'affolé de son art" d'Edmond de Goncourt à Norbert Lagane", ouverte jusqu'au 4 août 2008.


Il serait dommage de ne pas en profiter lors de votre prochain passage dans la capitale, d'autant plus que l'entrée du musée est désormais gratuite.


J'apprécie l'auteur des "Cent vues du mont Fuji" non seulement pour ses merveilleuses "images du monde flottant", (ukiyo-e), qui nous parlent de choses et de gens "simples", mais aussi pour son exceptionnelle ouverture d'esprit qui lui a permis d'être LE lien entre les cultures nippone et européenne, à un moment ou cela était difficilement imaginable.


Apprenant et appliquant à la perfection les règles européennes de la perspective, imitant les techniques françaises et hollandaises de gravure sur cuivre ainsi que les effets de la peinture à l'huile, profitant de l'introduction du Bleu "Berorin" (prononciation japonaise de Berlin, c'est à dire le Bleu de Prusse) pour sublimer les paradoxales quarante-six estampes des "Trente-six vues du mont Fuji", il fut à l'inverse également une énorme source d'inspiration pour Van Gogh et les Impressionnistes, les Nabis, les Symbolistes et l'Art Nouveau ...


Enfin, rappelons qu'il est - sous le pseudonyme de Taito - le créateur de LA "Manga", qui réunit en 15 volumes (dont 3 posthumes), publiés entre 1814 et 1878, des milliers d'illustrations du quotidien de cette époque, démontrant une fois de plus, et malgré une économie de moyens, son imagination, son humour, sa liberté et la vivacité de son trait.


L'exposition permet également de découvrir d'autres artistes contemporains tels Yashima Gakutei, Shiba Kôkan, Shôtei Hokuju ou bien encore Katsuika Taitô II ...


Preuve que le talent n'empêche pas forcément la modestie, Katsushika Hokusai écrivait dans sa postface aux "Cent vues du mont Fuji" :
« Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes, etc. Par conséquent, à l’âge de quatre-vingts ans, j’aurai fait beaucoup de progrès, j’arriverai au fond des choses ; à cent, je serai décidément parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l’âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole. Ecrit, à l’âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Hokusai, aujourd’hui Gakyo Rojin, le vieillard fou de dessin. »



(- Premier avertissement pour les amateurs de manga pur jus : l'exposition, bien que superbe, ne présente pas toutes les pages de la Manga montrées ici !
- Second avertissement, pour Hobopok qui n'aime pas les mangas : vas-y quand même, il y a une salle spéciale "adulte" qui devrait te satisfaire, avec des shunga montrant plein de bijin à poil !)


Pour mémoire, en 2004, l'Östasiatiska Museet de Stockholm avait réalisé l'exposition "De Hokusai à Dragon Ball" qui avait donné lieu à un catalogue ainsi qu'à un CD-Rom de "la Manga" d'Hokusai.




Pas loin de 3000 images de Hokusai à voir ici !

Oui, je sais, c'est long ...
Et encore, estimez vous heureux que je n'aie pas publié ce billet dans le sens de lecture japonais !