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jeudi 7 juin 2012

♪♪ "Fine fleur fanéééée..." ♫


Oyez, oyez : le 23 juin 2012, Manu Brughera, Hobopok, Li-An et Téhem signeront leurs beaux albums en la librairie Orphie, 15 rue Victor Cousin, 75005 Paris. 
On compte sur vous pour que fonctionne le bouche à z'oreille.






- Le site des éditions Centre du Monde :
http://www.centredumonde.re/
 - Celui des éditions Des Bulles dans l'Océan :
 http://des-bulles-dans-l-ocean.com/

samedi 25 février 2012

Plan (h)Q

 Notre envoyée spéciale au Brésil nous ayant rapporté quelques spécialités locales, voici donc, pour les lecteurs du Plan B(d), quelques "quadrinhos nationais" choisis avec goût et amour :


C'est avec Spiderman que Vitor Cafaggi découvre la bande dessinée mais ce sont Calvin, Hobbes et Bill Watterson qui lui donneront envie d'en faire. Cet auteur, originaire de Belo Horizonte se dit également influencé par Charles M. Schulz qu'il découvre sur le tard, Jeff Smith, mais également Skottie Young et Sonny Liew. Son style, tout en douceur, très cartoon et kawaï, rappelle également le fameux Herobear & the kid de Mike Kunkel. C'est donc logiquement que Duo.tone (que l'on peut commander ici) nous montre le monde avec des yeux d'enfants.


Les histoires de Gustavo Duarte ont beau être muettes (un avantage pour les non-lusophones), cela n'empêche pas d'entendre leur musique.


Taxi, au format 45 tours, nous propose une petite balade subaquatique en compagnie des sirènes et des baleines, sur fond de saxo. Et si certaines ont un éléphant dans leur douche, Gustavo Duarte, lui n'hésite pas à en mettre dans ses taxis. 


La musique de Birds serait plutôt celle des films d'Alfred Hitchcock. Les Oiseaux de Gustavo Duarte ont la mort aux trousses, même si ce huis-clos claustrophobogène m'a rappelé Shining. Humour très noir.
Profitez-en pour découvrir le blog des jumeaux Fabio Moon et Gabriel Bá, qui signent la postface de Taxi. Cela devrait vous plaire, surtout si vous êtes adeptes du travail de Cyril Pedrosa.


L'épidémie des adaptations littéraires semble avoir atteint les côtes du Brésil, le gouvernement cherchant ainsi à encourager la lecture.
Le Pauliste Guazzelli, également illustrateur, professeur d'illustration et directeur artistique sur des films d'animation (et primé au Japon !), adapte Demônios, un  conte peu connu d'Aluísio Azevedo (1857-1913), grand écrivain naturaliste brésilien qui avait semé sa zone à l'époque en osant traiter du racisme. Très belle promenade nocturne, dans les ruelles pavées de Porto Alegre (?). Atmosphère oppressante et moite. Pour les insomniaques amateurs de démons de minuit. Et de Loustal.


A escrava (l'esclave) Isaura est un roman de Bernardo Guimarães, paru en 1875 relatant la fuite à Recife de la fille d'une esclave noire et d'un homme blanc, sous le règne de l'empereur Dom Pedro II. Pour l'adapter, Guazzelli s'offre cette fois les services du scénariste carioca Ivan Jaf, ancien collaborateur de l'Argentin Solano Lopez. Le trait de Guazzelli est toujours aussi nerveux et efficace, avec des couleurs vives jetées à même le crayonné. Superbe. Les grandes propriétés n'ont rien à envier à celles de Fantômes blancs ! Un cahier pédagogique avec making-of accompagne l'album.


Certains connaissent peut-être déjà Tulio Caetano, un auteur né en 1974 à Goiânia, passé en 1998 par l'ÉSIE d'Angoulême et co-fondateur de La Maison qui pue. On a pu voir ses dessins dans Comix 2000 et sur Coconinoworld. Il retourne au Brésil en 2007 où il crée Dr. Bubbles & Tilt, le trip sous hallucinogènes devant son poste de télévision d'un généticien travaillant dans un laboratoire secret et souterrain au dessus d'une mégalopole bodybuildingué. Ouf ! Double-pages, grand-angles, couleurs psychédéliques et saturées , vues en coupe ou en plongées, angles improbables et fourmillements de détails garantissent un voyage inoubliable au-dessus de la chaotique São Paulo et ses buildings-porte-hélicoptères. Un savant mélange d'Avoine, de Quino, d'Incal , de Jodelle et de Darrow ! Planant.


Je connaissais déjà Níquel Náusea (mauvais jeu de mot - mais ce sont les meilleurs- sur Mickey Mouse) et la ménagerie débile de l'excellent Fernando Gonsales (il est né en 1961 à São Paulo et possède un diplôme de vétérinaire) pour avoir fait l'acquisition de Com mil demônios !! au Portugal il y a quelques années. Cela me donnera une excuse pour aller le changer à la librairie ! Malheureusement, ne parlant pas le portugais, de nombreux gags m'échappent. Mais rien qu'en voyant la gueule de ses animaux, on ne peut que déplorer qu'aucun éditeur francophone ne s'y soit -à ma connaissance- encore intéressé.

Boa leitura !

 "Si tu vas z'à Rioooo"


(Muito obrigado a Sra Totoche)

dimanche 18 décembre 2011

Le Chant du Margouillat

 Nous sommes en 2011après Jicé : Toute la planète est touchée par la crise. Toute ? Non. Une petite île peuplée d'irréductibles margouillats résiste encore et toujours aux agences de notation...


Vingt-cinq ans après la formation de sa célèbre chorale et un an après nous avoir servi ses délicieuses Marmites créoles (y'a bon), le Cri du Margouillat remonte sur scène. Avec, par ordre d'apparition :
Stéphane Bertaud, Boby, Manu Brughera, Flo, Ronan Lancelot, Christophe Cassiau-Haurie (M. Afrique), Evan Sohun, Michel Faure, Hippolyte, Bwana Hobopok, Jef Wesh, Laval Ng, Li-An, Grégoire Loyau, Pov, Téhem, Tolliam & Pécontal et Fabrice Urbatro.

Musiques créoles est en vente dans toutes les bonnes librairies de l'Océan Indien et sur le site des éditions du Centre du Monde.

samedi 26 novembre 2011

*


-"La bande dessinée ne m'intéresse pas. Vous comprenez, vous autres, quand vous ne savez plus quoi faire, vous mettez un texte pour cacher le dessin ! C'est du remplissage !"
On imagine la tête d'Hergé et Jacobs, qui étaient venus chercher Georges Beuville pour dessiner dans Tintin, quand ce dernier leur balança ça en pleine tronche !


Si on ne peut pas vraiment dire que Beuville (1902-1982) appréciait la bande dessinée, l'inverse est moins vrai. 
 Déjà admiré en son temps par -excusez du peu- Follet, Franquin, Hausman, Hergé, Jacobs et Morris, Beuville est un illustrateur que j'ai découvert récemment grâce au blog de Li-An, visiblement tombé dedans quand il était petit.


On ne peut s'empêcher de rapprocher ces illustrations 
de celles réalisées par Pascal Rabaté pour Ibicus.

Le mois dernier, c'est encore le petit monde de la bande dessinée qui lui rendait hommage avec une splendide exposition présentée à Saint-Malo, le temps du festival Quai des Bulles.


Réalisée par Fred Lecaux, Loïc Dauvillier, Alain Kokor (qui lui, a découvert Beuville sur le tard, au hasard d'une brocante et que nous remercions pour la mini-visite privée) et Sophie Junguenet, la petite-fille de l'artiste, l'exposition présentait, réunis autour de l'hommage de quelques dessinateurs (de Cabu à Riff...), une galerie de différents aspects du travail de Beuville, aussi à l'aise dans l'illustration de romans de la Bibliothèque rose que pour les Aventures du Roi Pausolle de Pierre Louÿs,



 impressionnant sur terre, avec la représentation de scènes de chasse, comme au ciel, avec celles d'aviation réalisées pour la revue Icare (l'étoile de la signature de Beuville était si je ne m'abuse celle de son brevet de pilote).


L'exposition nous a fait découvrir que Beuville réalisa de nombreuses réclames (des médicaments anti-flatulences au lit Sarco en passant par la Vache qui rit...),


 mais également quelques dessins d'humour et, tout de même pour finir, de rares bédés -sans phylactères- pour Lisette, Pierrot, Tintin, Pilote ou encore Spirou.



Si vous aussi vous craquez pour Beuville, rappelons que les éditions Charrette proposent un très beau (trop ?) petit recueil d'illustration ainsi que le catalogue raisonné de son œuvre.


 *

Quelques liens :
http://www.georgesbeuville.com/?p=851
http://www.bodoi.info/news/2011-10-30/quai-des-bulles-2011-lexposition-georges-beuville/53245
http://mabrocanteaparis.wordpress.com/category/publicite/
http://yan.meot.free.fr/beuville.html

lundi 4 juillet 2011

Ne jetez plus !


L'attribution -quoique tardive (et je passe sur les conflits d’intérêt...) du prix Cyclone BD 2011 au diptyque Fantômes blancs, dû aux talents conjugués de Li-An, Appollo et de la coloriste Laurence Croix, me donne enfin l'occasion de partager ces esquisses, sauvées de justesse des poubelles du dessinateur. Elles furent réalisées en leur temps pour une scène très miyazakienne du second volume. Coup de bol, c'est la plus belle du récit (à mon goût).

Plaisir d'offrir

Joie de recevoir

On y voit l'esprit des z'esclaves-marrons descendre des Hauts, où ceux-ci se réfugiaient jadis, pour venir engloutir l'ancien domaine sucrier de Maison Rouge, mettant par là-même en péril les joyeux souvenirs de la colonisation qui s'y rattachent.
Le Domaine de Maison Rouge sera finalement épargné. Il a été classé Monument Historique en 2004 et est le siège du Musée des Arts Décoratifs de l'Océan Indien depuis 2008.
Les deux superbes tomes de Fantômes blancs ont été édités en 2005 et 2006 par Vents d'Ouest.


Félicitations aux deux lauréats, ainsi qu'au jury de collégiens de l'île de La Réunion pour son bon goût.

Une des très rares photographies montrant
l'Esprit de la forêt de Bélouve-Bébour à l’œuvre
(archives : Mme Totoche)

(un très grand merci à Jean-Michel)