mardi 25 décembre 2012

Le Noël d'Astérix


J'espère que vos cadeaux hi-tech vous ont plu. Quant à moi, je garde toujours un souvenir ému de celui, bien plus basique, reçu il y a quelques années à l'occasion d'un "arbre de Noël".


 Ce cadeau, de la marque CEJI, date apparemment de 1976 et aurait normalement dû m'apprendre à dessiner comme Uderzo. Bon... Force est de constater que tout ne s'est pas passé exactement comme je l'avais imaginé.
En revanche, ce dont je n'arrive pas à me souvenir, c'est la raison pour laquelle ce présent m'échût. En toute logique, vus mes goûts de l'époque, c'est plutôt une bagnole téléguidée qui aurait dû échouer dans mes petits souliers !
Alors ? Erreur du Père Noël ? Lot par défaut (il fallait courir vite et se battre pour obtenir son lot !) ? Quelle fut la part de l'instinct ? Celle du hasard ? Était-il alors possible d'imaginer les conséquences désastreuses de ce choix innocent ???
Des années plus tard, du haut de ces étagères, des milliers d'albums nous contemplent.







La boîte et les feuillets sont toujours dans un état neuf, mais la mini-table lumineuse a disparu ; c'est vrai que je ne m'en servais plus depuis longtemps. Peut-être devrais-je l'offrir à quelqu'un à qui ce serait plus utile...
Vous croyez que ça pourrait intéresser Mébarki ?

Bises et bon Noël !

dimanche 23 décembre 2012

AAAAA

 (Le Casque et l'Enclume)
Cette année, c'était les films en "A" qu'il fallait voir ! Petite rétrospective :

 On commence avec Miss Bala (États-Unis/Mexique) de Gerardo Naranjo, avec la sublime Stephanie Sigman :


Alors qu'elles se rendent au casting de Miss Tijuana, Laura et sa copine tombent en plein règlement de compte entre narcotrafiquants. On compare parfois les miss à des morceaux de viande, mais pas froide... Fallait pas être au mauvais endroit au mauvais moment. Très noir. 
Qui a dit qu'il n'y avait pas que le pognon dans la vie ?




 Les vieux chats (États-Unis/Chili), de Pedro Peirano et Sebastián Silva (La Nana) , avec la lumineuse Belgica Castro (91 ans !) :


Isidora commence à perdre la boule. Et ses troubles cognitifs ne vont pas s'arranger avec l'arrivée de sa fille, lesbienne et cocaïnomane, et de sa compagne qui veulent foutre la vieille à la porte de son propre appartement santiagais. Mais qui se joue vraiment de l'autre ? Sucré/salé ou doux/amer ?
On a trouvé les Almodovar chiliens !




 Barbara (Allemagne), de Christian Petzold, avec la splendide Nina Hoss :


En RDA, Barbara, une femme médecin berlinoise abhorrant le système est mutée dans un dispensaire de province afin d'y épauler un jeune médecin, là où on manque de tout. De toutes façons, elle s'en fout, sa décision est déjà prise : elle rejoindra coûte que coûte son amant à l'ouest, là où les gens sont libres...
Libres de quoi faire, au juste ?



 Viva Riva ! (RDC/France/Belgique), de Djo Tunga Wa Munga, avec la superbe Manie Malone :


Noir, très, très noir. Le pognon rend fout, le pétrole pourrit tout : l'Afrique n'est pas prête de se sortir de la merde. La scène finale est éloquente : non, il n'y a vraiment plus d'espoir à Kinshasa. C'est si désespérant que ça en devient beau.
La vie ne vaut rien, rien...




 Les Acacias (Argentine/Espagne) , de Pablo Giorgelli, avec la très, très belle Hebe Duarte :


Un camionneur qui convoie sa cargaison de bois de la forêt paraguayenne à Buenos Aires arrondit ses fins de mois en emmenant parfois des passagers. Cette fois-ci, il s'agit d'une une jeune femme guarani. Petit problème : il y a aussi un bébé, et ça, c'était pas prévu ! C'est que la route est longue, et la cabine toute petite... Un road-movie, mais en huis-clos.
Enfin un peu de douceur dans ce monde de brutes !

Chères laideurs


 Les patronymes de ces maudits auteurs asiatiques sont impossibles à retenir mais cet impressionnant -pour ne pas dire halluciant- sketchbook (un pavé de mille pages) récemment découvert en librairie, m'a tellement impressionné que je n'ai eu aucun mal à retenir celui de son auteur : Kim Jung-gi.


 Le trait de ce dessinateur sud-coréen né en 1975 est tellement fin et précis qu'on éprouve presque une sensation de malaise à parcourir ces pages et qu'on finit par se demander si ce n'est pas pathologique ! Un Rainman du dessin, ce Kim Jung-gi ? Un digne cousin des Darrow, Moebius, Otomo, Samura, Shirow, et Katsuya Terada (dont il parait le plus proche) assurément.


 Comme on peut le voir dans les vidéos postées sur internet, Kim Jung-gi dessine aussi naturellement qu'on respire. Sans esquisse, sans hésitation, sans tremblement ni rature, il crée d'un trait chirurgical des fresques en grand angle dont les détails paraissent encore plus précis que sur des photographies : pas la moindre miette, pas le moindre poil, pas la moindre couture, pas le moindre reflet ne semble manquer !



Avant d'être illustrateur, Kim Jung-gi est manhwaga. Il a illustré six volumes de TLT - Tail the long tail en collaboration avec le scénariste Park Seung-Jin et préparerait pour 2013 un projet avec Jean-David Morvan. On en apprendra plus sur le site du festival Strasbulles dont il fut l'invité d'honneur cet été.


 Ce sketchbook date de 2007, un second est paru en 2011. Ils sont distribués de manière confidentielle en France et on peut les trouver à Paris à la librairie Pulps'Art. Leur prix -bien que justifié- ne les mettra malheureusement pas à la portée de tous.


Quelques liens :
http://www.tumblr.com/tagged/kim%20jung%20gi?page=17
http://www.parkablogs.com/content/book-review-kim-jung-gi-2007-2011-sketch-collection
http://superani.taobao.com/
http://proteusmag.blogspot.fr/2012/12/artist-of-day-kim-jung-gi.html
https://www.facebook.com/superani.jg