dimanche 7 septembre 2008

Le Château de la Pompe au Bois-Dormant ?

Walter Elias Disney, caricature anonyme.
In
Télérama hors série "Disney au Grand Palais, les influences européennes", 2006.

Aujourd'hui c'est dimanche ...
Alors on a le droit de regarder les dessins animés !


J'avais déjà remarqué quelques similitudes entre différents films d'animation des studios Walt Disney, comme par exemple entre "Le Livre de la Jungle" ("Jungle Book") de Woolie (Wolfgang) Reitherman et "Le Petit Âne de Bethléem" ("The Small One"), un moyen-métrage à tonalité religieuse réalisé par Don Bluth en 1978, mais ce que je découvre sur cette vidéo-compil récupérée sur le ouaibe dépasse l'entendement ! En plus, le montage est très bien fait.



samedi 6 septembre 2008

Chili con Carne

Mineurs, âmes sensibles et esprits puritains, passez votre chemin.


Je vous remonte ceci, ramené de ma dernière plongée dans les tréfonds du ouaibe, pour vous prouver que je ne m'intéresse PAS QUE aux gros seins (non mais c'est vrai, c'est quoi cette réputation que vous êtes en train de me faire, les gars ?).


La preuve en images : les filles d'Alvaro Molina se distinguent plutôt par un autre attribut.
Je ne sais pas si ce sont les colonies d'éléphants de mer échouées sur les côtes de l'île de Chiloé qui lui inspirent ses personnages stéatopyges mais on n'avait plus vu de tels cas depuis Pierre Paul Rubens (au moins).

Ça nous vient donc du Chili et c'est garanti 100 % libre de "buen gusto", alors vous êtes prévenus : si vous cliquez sur le lien, ne venez pas vous plaindre par la suite !


Ce n'est pas tant le confortable séant de ces personnages que leur tête de débile, leur air hagard, leur vulgarité, leurs silences que j'adore (mais évidemment, vous n'êtes pas obligés de me croire). Leur gros poste de télévision semblent être leur seul mobilier. Ils sont tellement stupides qu'ils n'ont rien à se dire et préfèrent du coup se filmer la rondelle avec leur caméscope de gros beaufs, tellement ils se trouvent vidéogéniques ; les gonzos doivent être leur seule culture cinématographique ...


Ça va rouspéter dans les chaumières, mais tant pis : moi, une telle description de la connerie et de la vulgarité, ça m'éclate : il faut traiter le mal par le mal, comme l'ont d'ailleurs déjà fait Reiser, Vuillemin, Gourio, Choron, le hollandais Eric Schreurs et bien d'autres encore.


Alvaro Molina dessine aussi des conneries dans le comic chilien Blanco Experimental que l'on peut télécharger ici.


Autant vous prévenir tout de suite, c'est presqu'aussi grave que le reste !

vendredi 5 septembre 2008

Le plastique, c'est fantastique


Jack Cole est un dessinateur de l'Âge d'Or du comic-book américain, né en 1914 à New Castle (Pennsylvanie). Le principal exploit de jeunesse de ce courageux entêté fut de réaliser le trajet aller-retour en bicyclette jusqu'à Los Angeles (11265 km) !
C'est en août 1941 qu'il eut l'idée de génie de créer, dans "Police Comics", un personnage secondaire appelé Plastic Man dont le corps, tel un Barbapapa, se déformait à volonté (court, long, carré ...), prenant, tel un Mortadelo, autant d'apparences diverses (mince, gros ou rond ...) que la situation l'exigeait ... Pratique pour les scénarii !
Devenant rapidement populaire, "Plas" obtint sa propre série en 1943.

Je n'ai jamais accroché à ces histoires de Super Héros en collant, alors pourquoi parler de celui-ci ?



Je tombai lors d'une de mes dernières visites dans une librairie spécialisée dans les comics US sur un drôle de petit bouquin aux coins arrondis et à la couverture non pas plastifiée, mais carrément "en plastique", consacré à l'œuvre de ce prestigieux dessinateur.
Je fus d'autant plus intrigué qu'à côté d'un certain Chip Kidd apparaissait sur la couverture le nom d'Art Spiegelman en personne. Cette monographie parue en 2001 reprenait et complétait en fait un article de ce dernier, paru en 1999 dans le New Yorker.
Et comme de surcroît le créateur pulitzerisé de "Maus", dont on a pu découvrir l'amour des comics primitifs US dans "À l'Ombre des Tours Mortes", écrivait que "Plastic Man était un Super Héros qu'on pouvait aimer", j'étais couvert pour justifier mon achat !

Plastic Man et Picasso vus par Art Spiegelman !

Je découvris ainsi, avec cette drôle de série, une espèce d'anti Iron-Man (qui envahissait à l'époque nos salles de cinéma) qui, lui, ne se prenait surtout pas au sérieux.
Les super-pouvoirs acquis par ce gangster repenti en tombant malencontreusement dans un tonneau contenant un mystérieux acide lors d'un braquage ayant mal tourné servaient en fait uniquement de prétextes à de nombreux gags réalisés par ce dessinateur exceptionnel, si perfectionniste qu'il écrivait, dessinait, encrait, lettrait, et coloriait même parfois ses histoires, ce qui devait être assez exceptionnel à l'époque aux États-Unis.


Le délire incessant entretenu dans ces pages surchargées de textes et d'images, à la fois riches en action et en gags, et les nombreux rebondissements (normal ...) de ses histoires, ont fait dire de Jack Cole qu'il n'était ni plus ni moins que le chaînon manquant entre Will Eisner et Harvey Kurtzman. Le mouvement imprimé dans ces pages donne parfois tellement le tournis qu'on pourrait se croire dans un dessin animé de Tex Avery ! Son inventivité fait même, pour Art Spiegelman, jeu égal avec Krazy Kat et Little Nemo !

Jack Cole a un temps travaillé sur le Spirit de Will Eisner.

Cette superbe monographie nous rappelle également que Jack Cole créa le magazine "True Crime Comics", ce qui lui valut des ennuis avec la censure, ainsi qu'un strip vaguement autobiographique intitulé "Betsy and me" pour la presse quotidienne.

"The boss had to lay her off, so we're taking a weekly collection to keep her around ! "

Mais Jack Cole reste surtout connu pour ses voluptueuses pin-up créées pour le magazine Play Boy de Hugh Efner dont il fut un ami très proche, comme en témoigne une des deux lettres qu'il écrivit juste avant de se tirer une balle en pleine tête un triste jour d'août 1958 ...

"All right, you!"

On rappelle enfin que plusieurs dessinateurs ont repris l'inoxydable Plastic Man, dont le génial Kyle Baker, et qu'en France, les Humanoïdes Associés ont édité en 1984 un recueil de ses aventures dans la collection Xanadu.


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Jeu :
Sauras-tu retrouver notre sympathique ami que le dessinateur a malicieusement caché dans les deux cases ci-dessous ?




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A découvrir sans faute si ce n'est déjà fait :
- "Jack Cole and Plastic Man" par Art Spiegelman et Chip Kidd, 2001, Chronicle books.
- "The Classic Pin-Up Art of Jack Cole" par Alex Chun, 2004, Fantagraphics books.

On peut également voir quelques couvertures inégales de Plastic Man, par différents dessinateurs, sur Cover Browser.