samedi 22 décembre 2012
Nirvāna
Les Amis de Didier Conrad mettent en ligne au compte-goutte les strips du second volet de L'Avatar, un récit d'aventure aux Indes écrit dans les années 80 par Sophie Commenge, alias Wilbur. On y suivait les tribulations d'un jeune français échappé de la torpeur du comptoir malgache familial pour courir l'aventure au pays des Maharadjah. Le ton n'était plus à la parodie mais le style graphique était encore proche de celui d'Aventure en jaune et de Bob Marone avant que Conrad ne parte en quête d'épure. L'Avatar préfigurait ainsi Le Piège malais mais surtout et déjà Raj.
A ce jour, seul le premier tome de L'Avatar est paru, en 1984-85, chez un petit éditeur lillois, Bédéfil, sous la forme d'un album cartonné en couleurs, à l'italienne, accompagné d'un tirage de tête et d'une version en noir et blanc au format original. Je l'avais découvert lors d'une Convention de la BD et je ne me suis jamais totalement remis d'avoir raté d'un cheveu la rencontre avec Conrad !
Quant aux pages du second tome, les premières d'entre elles furent publiées en noir et blanc dans le magazine gratuit, éphémère et éponyme de la maison d'édition d'Alain Cicerone dont le rédacteur en chef n'était autre que Didier Vasseur, alias Tronchet. Outre L'Avatar, le lecteur découvrait au fil des pages, interloqué, les improbables aventures de Raymond Calbuth, ainsi que des planches de Boucq et Delan, de Mulatier, de Lefred-Thouron et du grand Bercovici.
C'est donc un rêve qui se réalise de découvrir la suite de ces strips, -certains sont même en couleurs- que l'on croyait endormis à jamais dans les tiroirs du dessinateur.
Superbe. Splendide. Sublime. C'est simple, je crois qu'il n'y a jamais rien eu de mieux dessiné depuis (je parle de la BD en général, évidemment). Si seulement Didier Conrad pouvait enfin donner son accord pour une intégrale...
Puisque les strips de L'Avatar sont désormais visibles chez les ADDC, je vous propose de retrouver ici les pages comme elles étaient présentées dans le n°2 de Bédéfil :
vendredi 21 décembre 2012
Babel-Oued
| Alger la noire-Jacques Ferrandez (d'après Maurice Attia)-Casterman-2012 |
Hiver 62 : au moment où les "évènements" se précipitent, les cadavres de d'une jeune française et d'un arabe, sont retrouvés, enlacés, sur une plage d'Alger. Deux morts qui s'ajoutent à tant d'autres, victimes tantôt de l'OAS, tantôt du FLN, tantôt de l'armée régulière française, qui rivalisent d'imagination pour pourrir la situation en radicalisant les positions de chacun.
Aussi, pourquoi s'intéresser à ces deux-là précisément ? C'est cette enquête a priori absurde que vont pourtant mener, au péril de leur vie, les commissaires Martinez et Choukroun. Une quête de la vérité qui les mènera sur l'autoroute de la Grande Histoire.
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| Surboum dans la Casbah |
Avec un dessin un peu plus nerveux et lâché que d'habitude, nécessaire pour abattre ces cent-quarante-quatre pages en un an, le "spécialiste du sujet" Jacques Ferrandez, né rappelons-le à Alger en 1955, adapte avec succès l'histoire du douloureux divorce (façon "je t'aime-moi non plus") entre la France et l'Algérie, raconté par Maurice Attia en 2006 chez Babel. C'est un réel plaisir de lire enfin un "Carnet du commissaire Raffini en Orient", en tous cas une adaptation bien plus réussie que nombre de Rivages/Casterman/Noir que j'ai pu lire jusqu'à présent.
On le conseillera bien évidemment aux amateurs de polars bien noirs et à ceux qui s'intéressent à l'Histoire de l'Algérie (pour l'anecdote, c'est Ferrandez qui fut à l'origine de la rencontre entre David B et l'historien Jean-Pierre Filiu, auteurs des Meilleurs ennemis - Une histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient), ainsi qu'aux amoureux de vieilles Peugeot, Dauphine, DS, Simca Versailles... mais surtout à ceux qui auraient encore besoin qu'on leur explique qu'une guerre c'est toujours dégueulasse et que parmi elles, les guerres civiles, où il est interdit de ne pas choisir, sont les pires.
| Ceci n'est pas un narguilé |
Une seule fausse note peut-être, ces deux pages de sexe oral en gros plan, du plus mauvais goût et qui tombent comme un poil dans la soupe : Rachida nous avait bien déjà fait le coup du lapsus, mais ce n'est pourtant pas à Ferrandez qu'on va apprendre la différence entre fellaga et fellation !
mercredi 19 décembre 2012
Gala de graffs
Un autre graff "spécial comics", aperçu il y a deux ans dans les rues de Mission District, un quartier de San Francisco réputé pour ses peintures murales.
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